DOMAINE DE LANAELLE

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 CANTON DE LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT

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Lanaelle
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MessageSujet: CANTON DE LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT   Sam 14 Mar - 1:56




Les villes :

Louvigné-du-désert
La bazouge-du-désert
Le Ferré
Mellé
Monthault
Poilley
Saint-Georges- de-Reintembault
Villamée








SOURCES :
 infobretagne.com

SOURCES IMAGES : Wikipédia ;patrimoine.region.bretagne.fr ; communes.com/bretagne ;
; Fr.topic-topos.com ;  www.communes.com;  jpcesson.pagesperso-orange.fr ;  http://www.la-france-en-photos.fr/FranceRecons/Departements ;   http://www.lenomdivin.info/mondialement/france/parigne.htm#beeld
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Lanaelle
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MessageSujet: Re: CANTON DE LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT   Mer 18 Mar - 23:10

LOUVIGNEZG-AN-DEZERZH   -  LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT




Louvigné-du-désert vient, semble-t-il, du latin « lupus » (loup) avec le suffixe « acum » (domaine). Le terme « désert » est ajouté au XVIIIème siècle.

Vers l’an 1000, le duc de Bretagne confie à Menn ou Méen ou Main1er (prince de la maison des comtes de Rennes) la tâche d’administrer militairement et judiciairement le pays compris entre La Glaine et le Couesnon (la futur baronnie de Fougères) et de préserver le duché de Bretagne des incursions Normandes et Françaises.

En 1040, Méen (ou Main) II de Fougères confie à l’église aux moines de l’Abbaye de Marmoutiers en Touraine qui fonde alors un prieuré-cure. Ce prieuré est contigu à l’église du côté nord, dans le quartier nommé encore aujourd’hui le Prieuré. Ce prieuré est uni dès le XIIème siècle à celui de la Sainte Trinité de Fougères, fondé au milieu du XIème siècle par Adelaïde, veuve de Méen (ou Main) II de Fougères et mère de Raoul Ier. Le prieuré possédait jadis un droit de haute justice. En 1532 (ou 1523), le seigneur de Monthorin, Gilles de Porcon (époux de Jeanne de Romilley, fille du seigneur d’Ardennes), achète aux moines de Marmoutiers  le fiel du prieuré avec tous les droits qui s’y attachent.

«  L’église de Louvigné (aujourd’hui Louvigné-du-Désert), - M. Maupillé, - est une des rares églises du diocèse de Rennes dont les documents contemporains constatent l’existence à la fin du Xème siècle ; elle est, dans l’arrondissement de Fougères, la première qui nous apparaisse au commencement de la réorganisation religieuse du pays, après les désastreuses invasions normandes. C’était un usage assez général, au commencence du XIème siècle, que les possesseurs de fiefs un peu considérables disposassent d’une portion quelconque de leurs terres ou de leurs revenus pour les affecter à l’entretien des églises et au soulagement des pauvres du domaine. On donnait le nom d’aumône « eleemosyna » à l’ensemble des biens affectés à cette pieuse destination (Notices historique sur les paroisses du canton de Louvigné, 155). D’après une notice rédigée vers le milieu du XIème siècle, Main, l’auteur de la maison de Fougères, ne fut pas plus tôt entré en possession de son fief qu’il disposa ainsi de l’église de Louvigné et de toutes les dépendances, ne réservant que la partie du bourg située en dehors du cimetière et trois pièces de terre pour son domaine («  Pro suorum expiatione delictorum quamdam ecclesiam suam in loco qui vocatur Lupiniacus existentem destinavit perpetualiter in eleemosinam et terram in circuitu ad altare pertinentem ») – D. Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne, I, 410). Ces dispositions furent, à sa mort, ratifiées par Aufroy, son  fils et son successeur ; puis, à la mort de celui-ci, par Main II, son petit-fils. Mais ce dernier porta plus loin son désintéressement. En faisant leurs dispositions, Main Ier et son fils ne s’étaient pas complètement dessaisis des biens qui en étaient l’objet ; le prêtre chargé de desservir l’église de Louvigné en avait bien l’administration et la jouissance, mais ce prêtre était nommé par eux ; et lorsque l’église devenait vacante, elle rentrait avec tous ses revenus en la possession des donateurs ou de leurs héritiers, qui en disposaient jusqu’à ce qu’elle eût été de nouveau pourvue par eux. L’Eglise,  il est vrai, condamnait ces jouissances, mais ses anathèmes n’arrêtaient pas toujours les seigneurs dans les occasions où ils pouvaient se les permettre. Main II, pour prévenir cet abus, résolut de se dépouiller entièrement, lui et ses successeurs, des droits qu’ils avaient sur l’église de Louvigné et de les transférer à l’abbaye de Marmoutiers, qui serait chargée de pourvoir au service des autels et à tous ce qui serait nécessaire à son entretien. Ce dessein arrêté, ll le soumit à Guérin, pour lors évêques de Rennes, ainsi qu’aux principaux membres de son clergé, qui l’approuvèrent. Puis, après s’être assuré du consentement d’Adelaïde sa femme, et d’Eudon son fils, ainsi que de la renonciation du prêtre, nommé Gualand, qui desservait alors l’église de Louvigné, il le mit généreusement à exécution. La donation qu’il fit à Marmoutiers comprit dès lors non-seulement le bourg et l’église, mais encore toutes les terres cultivées ou non cultivées qui en dépendaient, les prairies et les cours d’eau, enfin tous les privilèges et toutes les immunités dont ces terres étaient en possession (Notices précitée – Bulletin Archéologique de l’Association bretonne, III, 183, et D. Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne, 410) » Ainsi fut fondé, vers l’an 1040, le prieuré de Louvigné-du-Désert, membre de Marmoutiers, dont nous avons précédemment parlé. Lorsqu’assez peu de temps après, les Bénédictions quittèrent le bourg de Louvigné, l’administration de cette paroisse fut confié à un  prêtre séculier présenté par l’abbé de Marmoutiers.

Une charte d’Etienne, évêque de Rennes de 1157 à 1166, régla comme il suit des intérêts des religieux de Marmoutiers et du recteur de Louvigné : les deux tiers des dîmes et des oblations, des droits de purification, de sépulture et de confrérie, des prémices et autres redevances, appartiendront aux religieux et l’autre tiers sera au recteur, mais ce dernier jouira seul des droits de baptême et de confession, ainsi que des trentains et des septains (Dom Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne, I, 658). L’abbaye de Marmoutiers fut confirmée dans la possession de l’église de Louvigné, en 1112, par le pape Paschal II, et en 1197 par Herbert,  évêque de Rennes. Dans les derniers siècles, le prieur de la Trinité de Fougères, dépendant de Marmoutiers, jouissait encore des deux tiers des grosses dîmes de Louvigné, mais l’ordinaire avait recouvré le droit de nommer le recteur du lieu. En 1790, M. Beauce, recteur de Louvigné, déclara qu’il jouissait du presbytère et de ses jardins, estimés 150 livres ; - de 5 journaux de terre, valant 100 livres ; 800 livres ; - son revenu total, mais brut, était donc de 3205 livres. Ses charges consistaient en ceci : la pension de deux vicaires, 200 livres de décimes, l’entretien du chanceau par un tiers, et 900 livres de pension viagère retenue par recteur précédent (Pouillé de Rennes). A la même époque, la fabrique de Louvigné avait 146 livres de rente, et les fondations faites dans l’église rapportaient 880 livres (Archives départementales d’Ille-et-vilaine, 9 G, 1 V, 27).

Entre 1550 et 1686, il est signalé un lieu de culte protestant au lieu-dit « Villauran ». Les chouans attaquent Louvigné-du-Désert les 17 et 18 mars 1796, et s’en emparent le 12 septembre 1798. La paroisse de Louvigné-du-Désert dépendait autrefois de l’ancien évêché de Rennes.

Monthorin, terre seigneuriale de la paroisse de Louvigné-du-Désert, était une châtellenie avec un droit de haute justice, et relevait de la baronnie de Fougères.


On rencontre les appellations suivantes : Parochia Lupiniaci (au XIème siècle), Luviniacum (au XIIème siècle), Louvigneium (au XIIIème siècle), Luupiniacum in Fulgeriensi (en 1516), Loupvigny (eu XVIIème siècle).




Mairie - Cette maison est construite à l'écart du bourg par la famille Bochin, dont un membre est maire de 1868 à 1886. À l'origine, elle était en granit et brique rouge, comme plusieurs maisons de la commune, dans le style architectural de l'époque et de la région. Le perron est en granit et supporte, au bas de ses rampes, deux vases en bronze. Ce bâtiment devient le logement des institutrices lorsque l'école communale des filles est construite sur le domaine, en 1907. Il abrite actuellement l'hôtel de ville.



PATRIMOINE DE LOUVIGNÉ- DU-DÉSERT


L’église Saint-Martin (XVIème siècle), édifiée en remplacement d’une église primitive érigée vers 1200. Dédiée à Saint-Martin, évêque de Tours, l’église de Louvigné-du-Désert se compose de trois nefs, formant cinq travées. La grande nef et son collatéral méridional semblent appartenir au XVIème siècle ; les fenêtres en sont Flamboyantes, et les portes en arc d’accolade sont ornée de pinacles ; chaque fronton est garni de crochets et accompagnés de gargouilles. Au-dessus de la porte du Sud est une vieille statue de Saint Benoît, placée dans une niche de style gothique fleuri. Le collatéral du Nord est moins ancien ; sur sa porte on lit cette inscription : Faict faire par les paroissiens, 1645. Cette date est celle du commencement de la construction, qui ne fut achevée qu’en 1700. Deux ans après, en 1702, fut commencée la tour, achevée en 1714. De nos jours a été construite une abside éclairée par trois grandes fenêtres ogivales, garnie de fort belles verrières représentant la vie de Saint Martin. A l’extérieur de cette abside ont été gravées ces mots :  AEdificata est ecclesioe pars 1850. A cause du fief du prieuré, aliéné en 1523 par les Bénédictins, le seigneur de Monthorin jouissait des droits de prééminences dans l’église de Louvigné-du-Désert. Au XVIIIème siècle, les confréries du Rosaire et du Saint-Esprit étaient érigées en cette église ; mais  cette dernière association avait remplacé une confrérie de même nom beaucoup plus ancienne, dont l’esprit avait complétement dégénéré. Cette association  primitive s’étendait dans les paroisses de Louvigné (Louvigné-du-Désert), Poilley, Mellé et Saint-Georges-de-Reintembault, et sa principale assemblée se tenait aux fêtes de la Pentecôte. Au XVIIème siècle, les confrères montaient à cheval ces jours-là, tenant à la main des étendards, dits du divin. Pendant leur promenades, guidés par l’un d’entre eux, - faisant fonction de prêtre, et appelé à cause de cela vicaire de la Pentecôte, - ils s’arrêtaient devant toutes les croix qu’ils rencontraient et chantaient devant elles des prières à leur façon, auxquelles ils mêlaient mille extravagances.  En 1703, Mgr de Lavardin, ne pouvant par lui-même faire cesser ces processions devenues de vraies saturnales, eut recours à la justice pour en venir à  bout. Il est à remarquer que la nef septentrionale de Louvigné-du-Désert porte encore vulgairement le nom de nef du Saint-Esprit. Nous croyons que les anneaux de fer scellés dans la muraille de la nef Sud, et qui ont fait naître la légende des Templiers de Louvigné (Louvigné-du-Désert), y avaient été placés par les confrères du Saint-Esprit pour attacher leurs chevaux pendant leur station en cette église. Signalons enfin dans cette église une croix processionnelle du XVIIème siècle, restaurée de nos jours avec goût (Pouillé de Rennes). L’église actuelle comprend une nef et deux bas côtés. La nef semle du XVIème siècle : elle a été allongée vers l’est en 1831 d’une travée et d’un chœur. Le collatéral sud (à l’exception de la dernière travée) date de 1530-1560. L’abside est datée de 1850. Le collatéral nord, encore surnommée la « nef du Saint-Esprit » date de 1645 – 1700. La tour date de 1702 – 1723 : elle est sommée d’une balustrade sans flèche. Le portail et le chœur datent de 1852. La sacristie date du XIXème siècle. L’Autel du Rosaire, œuvre du sculpteur Rual, date de 1880. Elle abrite une femme accouchant (XVIème siècle) ainsi qu’une statue de Saint Benoît datée du XVème siècle. On voit dans l’église des sablières sculptées et quelques pierres tombales. L’église était jadis entourée d’une litre aux armes des seigneurs de Monthorin.



Rien ne subsiste de l'église primitive rectangulaire élevée en 1200 environ, qui a subi plusieurs agrandissements. L'édifice actuel de style néo-gothique, en pierres de grand appareil, est pourvu de bas-côtés présentant une rangée de pignons à crochets que séparent des contreforts à ressauts, avec pinacles ornés de gargouilles. Le collatéral sud, dont les ouvertures sont plus richement décorées, est élevé entre 1530 et 1560 ; le collatéral nord, qui comprend trois travées de fenêtres simples, est édifié entre 1647 et 1680. La tour, haute de 27 mètres, est érigée de 1702 à 1723. Le portail, les deux dernières travées, le chœur en abside et deux sacristies sont encore bâtis au XIXe siècle. La nef centrale, scandée par de puissants piliers, est couverte d'une voûte ogivale en pitchpin




TOMBE DE L’ABBE BEAUCE -  L'abbé Beauce est nommé curé de Louvigné en 1785. Il est favorable à des réformes et à l'abolition de certains abus, mais il refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Il vit tous les périls de cette période troublée errant de village en village, se cachant aux Pommiers, à Lozier, à La Clemençais et à Villeneuve, ravitaillé par des femmes bravant tous les dangers. Le culte est rétabli en 1803, et il reprend sa charge jusqu'à sa mort, le 12 février 1830. Il est enterré dans un simple tombeau de l'ancien cimetière, près de l'église. Sur sa tombe figure l'inscription : « Bonum certanien certavi, cursum consumavi, fidem servavi », « J'ai mené le bon combat, j'ai achevé ma vie, et j'ai gardé la foi. »



AUTEL DU ROSAIRE -  L'autel du Rosaire a été offert par la présidente de la congrégation des Enfants de Marie en 1880. Le retable, dont la partie haute est de style néo-gothique, représente la Vierge remettant le chapelet à saint Dominique. Cet autel est du même artiste rennais que celui du collatéral sud, le Sacré-Cœur, et les deux œuvres ont obtenu le premier prix à l'exposition de Rennes en 1887. Ils ont été installés dans l'église en 1892.



CHASUBLE -  Cette chasuble est un don de la veuve du général Lariboisière. Les motifs reprennent ceux de la tenue d'apparat du général, comte d'Empire.



VIIe STATION DU CHEMIN DE CROIX - Ce tableau, comme l'ensemble de ceux du chemin de croix, est la copie sur toile d'un chemin de croix ayant obtenu le premier prix à l'exposition de Rome en 1869.



VIERGE -  Cette statue était fixée sur le brancard que portaient les congréganistes des Enfants de Marie lors des processions extérieures de la Fête-Dieu et du 15 août, ou lors de processions mensuelles dans l'église, pour les vêpres.



CHŒUR -   L'arc ogival en granit qui sépare le chœur de la nef centrale et repose sur deux hauts piliers de granit du pays, de même que les vitraux lancéolés de l'abside, contribue à la majesté de l'édifice. Ces vitraux à meneaux en granit racontent en 24 scènes la vie de saint Martin de Tours. Don du comte Honoré de Lariboisière, ils sont tous surmontés des armoiries du général Lariboisière, son père, et de celles d'Élisa Roy, sa première épouse, morte sans postérité en 1851.




GARGOUILLES   -      Le collatéral nord, richement décoré, est ponctué d'une suite  de gargouilles. Elles représentent des monstres ou des êtres fabuleux symbolisant le mal, particulièrement le démon qui guette constamment les croyants, même lorsqu'ils viennent à l'église.



SAINT BENOIT  -    Au-dessus de la porte du collatéral sud, dans une niche de style gothique fleuri, cette statue rappelle le souvenir de saint Benoît, fondateur de l'ordre des bénédictins. C'est Méen II qui confie l'église aux bénédictins de Marmoutier, près de Tours, en 1040. Les moines la dédient à saint Martin de Tours.



FEMMES ACCOUCHANTE  -  La base  de l'ogive, dans la deuxième chapelle du collatéral sud, porte une sculpture représentant une femme qui accouche. Cette sculpture surmonte une porte par laquelle, peut-être, passaient les femmes qui, après un accouchement, venaient à la cérémonie des relevailles.



SCENE MARIALE  -  L'ensemble des vitraux des collatéraux est renouvelé la même année par le même atelier parisien. L'un d'eux est la reproduction d'un tableau de Murillo (1618-1682), peintre espagnol spécialiste des Saintes Familles. Ici, Marie s'entretient avec sa cousine Élisabeth, en présence de l'Enfant Jésus et de Jean Baptiste. Ce vitrail a été installé  à la mémoire de J. Bochin, maire et conseiller général de Louvigné-du-Désert en 1886



La chapelle Saint-Jean ( 1540 – 1680 – 1750). Cette chapelle est construite vers 1540 à l’emplacement d’un sanctuaire primitif érigé vers 1150 par le seigneur de Villauran ou Villavran. Elle est relevée en partie en 1680 et enfin coupée par une cloison en 1752. Sa façade est ornée de trois écussons de la famille du Châtellier (XVième siècle). En 1680, cette chapelle est la propriété de Jacques-Robert Avenel.  Cette chapelle est située dans la cour du presbytère, à l’entrée du bourg ; la tradition locale a voulu y rattacher un souvenir de l’ancienne église paroissiale à une époque où la cure et le prieuré auraient été séparés . Mais cette supposition ne peut être admise, car l’église primitive de Louvigné-du-Désert était contiguë au prieuré ; elle ne pouvait donc occuper une autre place que celle de l’église actuelle, à l’entrée de cette partie du bourg qui porte encore le nom du prieuré . «  La chapelle des seigneurs de Villavran, qui y avaient tous les droits de seigneurs fondateurs, tels que droit de patronage, de sépulture, de litre, d’armoiries, etc » (Notices historiques sur les Paroisses du canton de Louvigné). Vers la fin du XVème siècle, le propriétaire en avait abandonné la jouissance au recteur, à la charge de l’entretenir. Mais comme le produit des oblations n’y était que de 10 livres par an, la chapelle, faute d’entretien, ne tarda pas à menacer de ruine. Voyant cela, en 1510 Michel Le Duc, official de Rennes , condamna, sous peine d’excommunication, le seigneur de Villavran à la reconstruire, et le recteur de Louvigné-du-Désert à l’entretenir lorsqu’elle aurait été rebâtie. Guillaume du Châtelier, seigneur de Villavran, obéit à cet ordre et éleva l’édifice dont nous voyons encore la façade de style ogival fleuri, avec trois écussons portant les armoiries du Châtellier. En 1680, la majeure partie de cette chapelle fut relevée par Jacques Avenel, seigneur de Villavran, mais elle était interdite en 1752. C’est alors que le seigneur de Villavran autorisa le recteur de Louvigné-du-Désert à couper l’édifice par une cloison et à s’approprier la partie orientale, l’autre partie seule demeurant réservée pour le culte. Cet état de choses existe encore, mais la chapelle ne sert guère que de station aux processions du Sacre (Pouillé de Rennes)




Cet édifice est reconstruit à l'emplacement d'une première chapelle érigée vers 1150 par le seigneur de Villauran. En 1680, le nouveau propriétaire, Jacques-Robert Avenel, lui donne son aspect actuel, en particulier le portail ogival orné. Sur les trois écussons qu'il arborait, seul subsiste celui des Chastelier. Transformé vers 1750 en grange et grenier pour les besoins de la ferme du presbytère, il sert de prison puis de forge pendant la Révolution. Au XIXe siècle, une messe y est célébrée le jour de la Saint-Jean-Baptiste, et au XXe siècle c'est une station  sur le trajet de la procession de la Fête-Dieu.



PLACE COMMEMORATIVE DU PASSAGE DE SAINT LOUIS -  Cette plaque, gravée par un artisan du pays, commémore le passage de Saint Louis en 1256. Après une étape à l'abbaye de Savigny (Mayenne) toute proche, le roi se dirige alors vers l'abbaye du Mont-Saint-Michel en empruntant des chemins « montois », c'est-à-dire les chemins des pèlerins qui se rendent au Mont. Des tables sont dressées à cette occasion afin de distribuer de la nourriture et des pièces de monnaie aux pauvres.



L’ancienne chapelle Sainte-Anne (1646), dont on ne voit plus que des vestiges. Il s’agit de la chapelle privative d’un ancien manoir (fief de La Grasserie) datant de 1539 et propriété de la famille Guérin à partir de la fin du XVème siècle.




La chapelle Sainte-Anne est le dernier vestige d'un manoir datant  de 1539. Le fief de La Grasserie a appartenu sans discontinuer aux Guérin, famille noble d'ancienne extraction, de 1485 à 1850. Ses membres, assumant les fonctions de juriste, sénéchal, conseiller au parlement de Bretagne, capitaine d'infanterie ou de marine, ont pris une part importante à la vie sociale. Certains ont fait alliance avec les familles éminentes de la région. La chapelle fait l'objet d'un projet de réhabilitation qui devrait la pourvoir d'une voûte en plein cintre, d'une sablière sculptée, d'une corniche moulurée et d'un retable orné de fruits et de fleurs aux trois couleurs des Guérin, or, argent et azur.




LINTEAU DE PORTE -  Cet écusson double est entouré du cordon de l'ordre de Saint-Michel. Il rappelle l'union en 1644 de Jean Guérin de La Grasserie avec Claude-Henriette Volvire de Ruffec qui lui apporte le marquisat de Saint-Brice-en-Coglès. La date  de 1646 est celle de la fondation de la messe en cette chapelle qui avait déjà quelques décennies.




La place du prieuré (Moyen Age), contiguë au prieuré



Cette place, la plus ancienne de Louvigné, était contiguë au prieuré, la maison d'habitation des moines chargés de la paroisse dès 1040, et donc située tout près de l'église. Elle était le centre du village, resserré autour de son église jusqu'en 1791. C'est là que les tailleurs de pierre façonnèrent les pierres pour le collatéral nord et la tour, édifiés respectivement en 1647 et en 1702. Elle tient encore lieu de place du marché au début du XXe siècle. Les maisons très anciennes sont restées basses malgré des restaurations


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Mer 16 Sep - 20:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: CANTON DE LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT   Mer 18 Mar - 23:21

Le manoir de Monthorin (1607 – 1810), restauré en 1810. Il comprend de grands pavillons et des tourelles polygonales. On y voyait en 1559 une grosse tour surmontée d’un colombier et une motte entourée de douves. Une chapelle privée et un autre colombier y avaient été ajoutés plus tard. Jean Ambroise Baston de la riboisière (futur général Lariboisière) édifie les pavillons d’angle en 1807. La chapelle actuelle, reconstruite au XIXème siècle en forme de temple grec, renfermait la pierre tombale de Raoul II de Fougères (1193) provenant de l’Abbaye de Savigny (manche- et déposée récemment par le comte de la Riboisière dans la tour de Coigny au château de Fougères. La chapelle abritait aussi jadis la pierre tombale de Françoise de Foix, inhumée à Châteaubriant en 1537 et épouse de Jean de Laval, seigneurs de Châteaubriant : cette pierre provenant de l’église de Châteaubriant. La chapelle abritait aussi le tombeau moderne de la famille Baston de la Riboissière, et elle était jadis, vers la fin du XIXème siècle, desservie tous les dimanches. Propriété successive des familles de la Chapelle (en 1416), Brillet (en 1427), de Porcon (en 1513), de Chasné, de Paisnel seigneurs de Vassé, Ruellan seigneurs du Tiercent (en 1607), du Guémadeuc, de Vignerot marquis de Pontcourlay (en 1626), de Grivel marquis d’Ourouer, de Bellouan (en 1657), du comte de Poilley (en 1676), des Vaulx comtes de Levaré (en 1677), Marguerite de Poix veuve de René de Visdelou seigneur de Bienassis, Marie de Lys épouse de François Durant marquis de Villegaignon, de Monthulé (en 1719), de Cheverue (en 1781), du marquis du Chilleau (en 1789).



DETAIL DE L’AILE NORD - En 1807, Jean Ambroise Baston, le futur général Lariboisière, construit les pavillons d'angle de style Louis XIII en granit et brique, rappelant l'architecture de la place des Vosges à Paris par leurs corniches modillonnées et leurs ouvertures entourées de crochets et de lancis. L'aile sud lui est symétriquement semblable.



FACADE OUEST - Les seigneurs de ce lieu sont connus depuis 1427. Le premier château féodal consistait en « une haulte tour, une vis pour les chambres, une motte et de vieilles tours à l'entour ». En 1532, le seigneur achète aux moines de Marmoutier le fief du prieuré avec tous les droits qui y sont attachés, seigneur-fondateur, prééminence, haute justice, marché et foire. En 1607, Gilles Ruellan, seigneur du Tercent, acquiert cette seigneurie et construit le corps principal du bâtiment Louis XIII. En 1807, Jean Ambroise Baston y ajoute les deux ailes en avancée à l'est. Son fils aîné, officier de la garde impériale, démissionne de l'armée en 1815 après Waterloo. Il se consacre alors à la gestion du domaine, aménageant la décoration intérieure, les communs et le parc, et fait creuser deux étangs. La façade est ornée d'un grand fronton central, arrondi et primitivement armorié. Elle est précédée d'un jardin à la française comprenant des pelouses, des allées, des haies et des arbustes taillés.



ETABLE - Le comte Ferdinand de Lariboisière, président de la société départementale de l'agriculture, fait construire cette étable dans le style du château : c'était l'étable modèle pour ses visiteurs. Les initiales en fer F et L se trouvent entrelacées sur les piliers en granit qui scandent la façade. L'intérieur carrelé comporte une allée centrale surélevée. Le comte fait bâtir aussi, tout près, la première laiterie, où ses fermiers devaient apporter le lait destiné à la fabrication du beurre, vendu essentiellement à Paris. Ce lait au fort pourcentage en lipides était produit par les jersiaises, de petites vaches importées de Jersey. Le comte Lariboisière a fait édifier sur ses terres de la région gougeraise environ 80 étables dans le même style architectural.



CHAPELLE FUNERAIRE DES LARIBOISIERE (1820) - Cette construction en forme de temple grec, avec fronton triangulaire, est édifiée sur les ordres de l'épouse du général Baston de Lariboisière et de son fils aîné pour y recevoir les dépouilles du général et de son jeune fils, Ferdinand. Des plaques et des monuments de marbre blanc évoquent la présence des dépouilles des membres de la famille ayant résidé au château de Monthorin jusqu'en 1935. En revanche, la première épouse d'Honoré-Charles, Élisa Roy, est enterrée dans la chapelle de l'hôpital Lariboisière à Paris. Sa générosité avait permis la construction de cet hôpital pour les malades pauvres



CENOTAPHE (chapelle funeraire des Lariboisiere) Un cénotaphe est un tombeau sans corps. La forme de celui-ci rappelle celle du tombeau de Napoléon aux Invalides. Il contient les cœurs du général Baston de Lariboisière et de son jeune fils, Ferdinand, dont les corps sont enterrés dans l'église Saint-Louis des Invalides avec celui du général Éblé. Deux palmes et une couronne de bronze encadrent une glorieuse épitaphe. Le jeune Ferdinand, âgé de 21 ans, a été blessé mortellement à la bataille de la Moskova, lors de la seconde attaque de la Grande Redoute le 7 septembre 1812. Jean Ambroise Baston, comte de Lariboisière, général de division, premier inspecteur général de l'artillerie, est décédé à Königsberg (Prusse orientale) le 21 décembre 1812, des suites d'une fluxion de poitrine et des très grandes fatigues de son retour de Moscou, pendant la retraite de Russie.


Le château de la Touche (1870). La Touche a appartenu successivement aux familles de Marches, de Romilley (vers 1513), Langlois (avant 1663 et en 1757)



L'année 1870 est marquée par un hiver rigoureux et un ralentissement de l'économie qui laisse les ouvriers granitiers sans commande. Un patron, Pierre Brault, propose à ses employés un salaire très réduit pour la construction d'un bâtiment d'envergure. En signe de reconnaissance, les ouvriers, ainsi dispensés de mendier, le baptisent le « château du Pain-Sec ». Le concepteur ne fait pas fortune en le revendant. Le bâtiment de deux étages avec un grenier comprend deux avancées qui s'articulent au corps principal par deux tours rondes, chacune renfermant un escalier de granit en colimaçon et portant une fine échauguette. Les balcons qui animent le corps central et les avancées côté rue sont soutenus par des corbeaux, lesquels, avec les baies, les angles, la base des échauguettes, la corniche et les frontons, illustrent l'éventail des difficultés posées par la taille du granit.






La chapelle funéraire (vers 1830), de la famille Gaultier-Lacheze (ou La Chèze)



Cette chapelle funéraire « Gaultier-La Chèze - Bochin », entièrement en granit, est un exemple du travail des granitiers louvignéens. La famille Gaultier-La Chèze a vu deux de ses membres occuper la fonction de maire pendant soixante années consécutives, l'un entre 1792 et 1830 et l'autre entre 1830 et 1852.



Le manoir de la Morinaye ou Morinais (XIVème siècle), ancienne résidence de Bertrant Du Guesclin. Propriété successive des familels Gaulay seigneurs du Boisguy (en 1513 et en 1559), de Maxhey (en 1574), de la Paluelle (avant 1617), de Tourmine (vers 1617), le Provost seigneurs de Lulagris (à la fin du XVIIème siècle et en 1742), de Pierre (en 1772). Propriété de Michel-François Larches (1767-1830)




Résidence du connétable Bertrand Du Guesclin qui y a soutenu un siège face aux Anglais, cette ancienne demeure fortifiée était pourvue d'un pont-levis et de larges fossés remplis d'eau. Elle a été la propriété de Michel-François Larcher (1767-1830), surnommé « Louvières » pendant la chouannerie, chef de bataillon dans les armées royalistes, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. En 1782, cette construction en grand appareil de granit gris local a perdu son aile droite, identique à celle qui subsiste, dans un incendie dû à la foudre. Le manoir a conservé une échauguette carrée et une fenêtre à croisée de pierre en façade.




Le manoir des Alleux (XIVème siècle). Il possède une tourelle et sa chapelle privée est sécularisée. La chapelle des Alleux, bâtie près du manoir de ce nom, était jadis fondée de deux messes par semaine. Propriété des Seigneurs des Alleux en 1411, puis de Tiphaine Morel veuve de Pierre Turmel (en 1454). Il passe ensuite entre les mains des familles Gefflot (entre 1513 et 1718) et le Mercier seignerus de Montigny (en 1718 et en 1779). Les familles Gefflot et Liays le possédaient par moitié en 1574 et en 1625. Le manoir est restauré au XXème siècle.




Le manoir des Alleux est antérieur à 1400. Il est flanqué à l'ouest d'une tour carrée. Côté nord, une tour ronde contenant un escalier de granit en colimaçon fait saillie au milieu du corps du bâtiment ; des latrines sont ménagées dans une partie en surplomb. De longues pierres taillées sont intégrées aux murs ornés d'une corniche moulurée. À l'extérieur de l'enclos disparu se dresse une chapelle sécularisée, remarquable par son encadrement de porte et une fenêtre gothique tréflée. Ce manoir, qui a été un petit centre huguenot, est la propriété de la famille Gefflot entre 1513 et 1718. Un membre de cette famille a épousé une sœur de l'écrivain René de Chateaubriand. L'édifice a été très remanié.



Le manoir du Prè-de-l’Aulne (1634), édifié par Louvigné. Propriété des Gaultier-Lacheze (ou La Chèze)




À l'origine, cette bâtisse était une chaumière. Elle a été reconstruite en grand appareil réglé en granit gris de Louvigné. La porte est mise en valeur par un arc en accolade mouluré. Elle a abrité des familles bourgeoises, en particulier les Gaultier-Lacheze.




Le manoir de Bonne-Fontaine (XVIIème siècle). Propriété des familles Maupillé et Radiguer à partir de 1830.




La façade nord de cette demeure est exécutée en grand appareillage. La façade sud, dans un appareillage plus petit, donne sur un parc-jardin. L'ensemble est entouré d'un mur percé de portes avec fronton. Des familles très aisées y ont habité, parmi lesquelles, à partir de 1830, les Maupillé et les Radiguer.




Le manoir de La Folletière ou Foltière (XIXème siècle)




Ce manoir a été construit en pleine campagne avec le granit du pays. Il était accompagné de pelouses à la française et de jardins potagers, et est devenu vers 1900 un orphelinat dirigé par les Sœurs de Rillé-de-Fougères, souvent visité par la comtesse de Lariboisière. À partir d'octobre 1950, les jeunes filles de la région peuvent y recevoir un enseignement ménager comportant cuisine, couture, puériculture, économie, hygiène familiale. Vers 1970, il devient une annexe de la maison de retraite ; c'est actuellement la maison de retraite des religieuses de Rillé-de-Fougères.





L’ancien manoir de La Chapelle (XIXème siècle). Le manoir primitif est vendu en 1427 par Jean du d’Alençon et baron de Fougères à la famille de la Chapelle. Il devient ensuite la propriété de la famille de Romilley en 1541, puis des familles Hedelin sieurs de Montatelon en 1663 et Guérin seigneurs de la Grasserie en 1680 et en 1767.





Le manoir de La Chapelle a subi de nombreuses transformations. Vers 1910, on y recevait des jeunes filles qui apprenaient à confectionner des ouvrages de dentelle et de broderie, d'où le nom d'« ouvroir ». Aux beaux jours, la terrasse accueillait quelques travailleuses ou les « dames en chambre », qui prenaient pension dans l'établissement.




L’ancienne rue Auvraye (fin XVIIèm siècle)




Située dans un quartier proche du bourg primitif, cette rue est l'une des plus anciennes de la cité ; une maison basse est datée de 1682. Étroite, elle conserve du XIXe siècle des bordures de granit taillées légèrement en creux pour favoriser l'écoulement des eaux.



La maison (XVIIIème siècle), située 1 rue Saint-Martin




Cette construction en grand appareil du début du XVIIIe siècle marque un secteur d'extension du bourg. Une femme, membre de la famille des propriétaires, ambulancière pendant la Première Guerre mondiale, a fondé en 1932, puis dirigé, une école contiguë à cette demeure.



La maison de l’Etournais (XVIème siècle)




La façade de cette maison présente un grand appareil, tant au niveau de l'angle que du soubassement. Cet agencement se retrouve aussi au niveau de la porte, qui forme un arc en accolade de type Renaissance.



L’oratoire ou la chapelle de Planty ou Plantis (1750)




L'abbé Jean Riban, missionnaire, a été un grand bienfaiteur, hébergeant chez lui des malades et des infirmes qu'il soignait lui-même, distribuant du pain aux pauvres. En 1750, il construit non loin de sa maison un oratoire qui porte cette inscription humoristique : « Passans qui passez, j'ai passé par où vous passez. Vous passerez par où j'ai passé. Priez Dieu pour un trépassé. Dîtes un Pater et un Ave. Passans ne passez pas sans dire un Ave Maria. » On y venait en procession aux jours des rogations.



L’oratoire (XXème siècle), surnommé encore autrefois la chapelle du Tertre-Alix (XVIIème siècle)




La première édification de cet oratoire appelé chapelle du Tertre-Alix remonte au moins au XVIIe siècle ; le vieux chêne qui s'appuie contre lui est estimé avoir plus de trois cents ans. Son écorce est réputée fébrifuge. Très modeste, l'oratoire est fermé d'une grille en barreaux de bois. Plusieurs légendes prétendent expliquer l'origine de cet édifice, qui aurait été élevé à la suite d'un fait de chasse. Desespéré d'avoir tué malencontreusement un ami, le seigneur Alix de Villauran aurait, suivant les conseils d'un ermite de la forêt de Fougères, bâti cet oratoire et vécu dans la prière et la pénitence. On y célèbre encore chaque année une messe un jour des rogations.



Le lavoir (XXème siècle), situé à Planty




Ce lavoir communal, situé à proximité du village du Planty, est toujours utilisé par de rares usagers. Le grand bassin rectangulaire est creusé dans le sol, ce qui oblige les laveuses à s'agenouiller. Sa couverture le protège des intempéries.



Pilier - Ces piliers supportent les voûtes de la cave du manoir dit « de La Chapelle », du nom du seigneur qui l'achète en 1427 au duc d'Alençon, baron de Fougères. Le bâtiment abrite une congrégation religieuse qui ouvre une école pour jeunes filles pauvres, entre 1830 et 1906, puis un pensionnat et un ouvroir.






Manoir de briques rouges - Ce type de maison apparaît dans les villages plus tardivement que dans les villes. La brique rouge tranche sur les couleurs généralement gris bleuté du granit des maisons locales. L'aisance du propriétaire-constructeur apparaît dans l'utilisation de la brique, les balcons et les œils-de-bœuf en zinc. Angles et baies sont en granit bleu du pays. Cette maison a été momentanément la demeure des Dauphin-Brouard, dont l'action en faveur des pauvres a été très importante au sein du bureau de bienfaisance de la commune.





Maison de famille de la place du Prieuré - Cette maison de famille est bâtie dans un style courant à cette époque. Les pierres taillées des angles et des baies sont en granit bleu tandis que celles des murs sont en granit gris. Au bandeau de granit marquant le niveau de l'étage répond un bandeau de carreaux de faïence colorée sous la corniche. Des cabochons de faïence sont placés sous les fenêtres.






Tour de pile - Le tour de piles servait à faire le cidre. Il était en pierre, et la grande roue pouvait être en pierre ou en bois ; cette roue tournait grâce à l'attelage d'un cheval.






Ancienne chapelle Saint-François – Saint-Julien (La Haussière) -- Fondée par François de Cheverue, sieur de La Haussière, près de l'ancien manoir de ce nom, cette chapelle est couverte d'une toiture à quatre pans légèrement incurvés, dont le point de rencontre donne naissance à un clocheton terminé en dôme. La porte cintrée est surmontée d'un œil-de-bœuf. Les murs sont percés d'une fenêtre ogivale et de cinq meurtrières ou archères à l'exposition du mur est, dont la présence reste inexpliquée. L'édifice est sécularisé depuis la Révolution.






Maisons, rue Dauphin-Bruard - Ces petites maisons en granit du pays, basses et alignées, sont précédées de jardinets. La famille Dauphin-Brouard les a léguées à la commune au profit des familles nécessiteuses







Balcon - Ce balcon, d'un type rare dans la région, donne sur une cour intérieure commune à plusieurs bâtiments. Balcons et escaliers desservent les chambres situées à l'étage, supprimant ainsi l'escalier intérieur et permettant la présence de foyers différents. Un auvent assure la protection contre les intempéries.



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MessageSujet: Re: CANTON DE LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT   Dim 22 Mar - 6:52

BAZELEG-AN-DEZERZH  -  BAZOUGE-DU-DÉSERT




La Bazouge-du-Désert vient du latin «  basilica » (signifiant « marché » puis « église »)

Le territoire, initialement couvert  de forêts, est colonisé au VIème siècle par les celtes. La région (ou pagus) du Désert (ancienne forêt de Glaine) a vu se créer à son dépend plusieurs paroisses au Xème et au XIème siècle. Le Désert comprenait à l’origine les paroisses de la Bazouge-du-Désert, Landéan, Le Loroux,  Louvigné-du-Désert, Mellé, Monthault, Parigné, Poilley-le-Lionnais et Villamée (note : ne pas confondre la région du Désert avec l’ancien archidiaconé du Désert, ni avec la châtellenie du Désert).

Un dénommé Main ou Méen II, ancêtre des seigneurs de Fougères aurait éditifé au début du XIème siècle un château appelé Pont-Main (aujourd’hui dans le département de la Mayenne), non loin du village du Plessis-Chasné (près du Bourg de l’actuel de La Bazouge-du-Désert) où aurait résidé sa famille. Un couvent aurait aussi existé près de ce village et pourrait être à l’origine de la paroisse primitive, devenue La Bazouge (Bazouge-du-Désert) à la fin du XIème siècle.

Voici ce que dit le Pouillé de Rennes : d’après M. Maupillé (Notice historique sur les Paroisses du canton de Louvigné-du-Désert), Main, premier ancêtre connu des seigneurs de Fougères et neveu de Main, archevêque de Dol, vivant en 990, s’établit au commencement du XIème siècle sur le territoire de La Bazouge (La Bazouge-du-Désert) et y fonda un château appelé de son nom le Pont-Main (Nota : Le Pont-Main, aujourd’hui dans la Mayenne, est devenu célèbre vers la fin du XIXème siècle par l’apparition de la Sainte Vierge qui s’y effectua le 17 janvier 1871. C’était, au moyen-âge, une forteresse construite dans les solitudes de la forêt de Glaine et réunie à la paroisse de Saint-Ellier, diocèse du Mans, quand on eut défriché une partie de cette forêt. C’est aussi la forêt de Glaine qui a donné du Désert aux paroisses de Louvigné (Louvigné-du-Désert) et de la Bazouge (La Bazouge-du- Désert), sur le territoire desquelles elle s’étendait jadis. Elle occupait tout le territoire entre Le Coglais et Saint-Mars de la Fustaye, et joignait par suite la forêt de Fougères). Mais ce château fut, semble-t-il, un étabissement purement militaire, destiné à garder le passage de la rivière d’Airon et les frontières du domaine seigneurial. M. Maupillé pense que Main établit sa famille, avec le personnel  civil qui l’accompagnait, plus en arrière, dans l’intérieur des terres, près du bourg de La Bazouge (La Bazouge-du-Désert). Le Pont-Main, dit-il, ne paraît pas avoir possédé d’église avant la chapelle qu’y fit construire, au XIIIème siècle, un seigneur de Mayenne ; l’église de La Bazouge-du-Désert fut donc la chapelle ou église seigneuriale du domaine de Main, et c’est ce que semble confirmer le nom sous lequel nous la trouvons tout d’abord désignée, Basilica, la Basilique, l’Eglise, sans aucune détermination particulière. Cette supposition semble, du reste, emprunter un certain caractère d’autorité de la possession par l’église de La Bazouge-du-Désert d’une insigne relique qui lui appartenait autrefois, d’un bras de Saint Judicaël, roi de Bretagne. Il serait, en effet, bien difficile d’expliquer comment cette petite église de campagne se serait procuré une pareille relique si, à son origine, elle ne s’était pas trouvée dans des conditions d’existence entièrement différentes de celles dans lesquelles nous la voyons à la fin du XIXème siècle. Mais cette possession n’a plus rien qui doive nous surprendre lorsque nous reconnaissons que l’église ainsi favorisée a été, à  son origine, la chapelle du seigneur de la contrée, ou, si l’on veut, l’église de la paroisse à laquelle il appartenait, et que ce seigneur était le neveu du métropolitain de Bretagne, c’est-à-dire du prélat qui, plus que tout autre, pouvait disposer d’une faveur de la nature de celle dont notre église avait à se glorifier (M.Maupillé, Notice historique sur les Paroisses du canton de Louvigné-du-Désert, P.88). quoi qu’il en soit de cette hypothèse, ce n’est que vers l’an 1010, et à l’occasion de la fondation du prieuré de Saint-Sauveur-des-landes, que nous trouvons dans nos documents historiques la première mention de l’église de La Bazouge-du-Désert. Par l’acte même de fondation de ce prieuré, Main II, seigneur de Fougères, donna l’abbaye de Marmoutiers une maison dans le bourg de La Bazouge-du-Désert, en même temps qu’il lui en donnait  une autre dans la ville de Fougères et une autre encore dans le bourg de Louvigné-du-Désert (D. Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne, I, 394). Ces deux dernières, dit M. Maupillé, servirent vraisemblablement à l’établissement des religieux de cette abbaye dans les prieurés de la Trinité et de Louvigné-du-Désert. Quant à celle de La Bazouge-du-Désert , fut-elle jamais occupée par des moines ? Nous n’en savons rien.

Cependant une tradition locale, dont on retrouve les traces dans des manuscrits du XVIIème siècle, fait  mention d’une communauté d’hommes qui aurait existé dans cette paroisse à une époque fort éloigné, dont elle place le siège au Plessix-Chasné, village distant du bourg d’environ 1 500 mètres. Cette tradition, rapprochée de la donation de la maison faite à Marmoutiers, tendrait, jusqu’à un certain point, à  faire supposer que le bourg de La Bazouge-du-Désert occupait primitivement la place de ce village, et que l’église primitive, déplacée vers la fin du XIème siècle, fut alors transférée à l’endroit où se trouve l’église actuelle. Ce déplacement, du  reste, s’il eut lieu, semble avoir entraîné une modification dans le nom de la paroisse, qui à partir de cette époque cesse d’être Basilica et en devenant Bazogium ou Bazogia, laisse pressentire la forme qu’il prendra définitivement plus tard (M. Maupillé, Notice historique sur les Paroisses du canton de Louvigné-du-Désert, P. 89). Ce qui est positif, c’est qu’en 1092 Raoul, seigneurs de Fougères, donna aux religieux de Marmoutiers, en même temps de l’église de Notre-Dame de Fougères, le quart de celle de La Bazouge-du-Désert, (Bulletion de l’Association bretonne,III, 191). Il est aussi certain qu’avant la révolution le recteur de La Bazouge-du-Désert était vulgairement appelé le prieur, quoiqu’il n’y eût point de prieuré dans la paroisse. Peut-être, était-ce un lointain souvenir de la primitive organisation de cette paroisse ? Lorsqu’au XIIème siècle de l’église de Notre-Dame de Fougères, enlevée aux moines de Marmoutiers, devint une collègiale, le quart de l’église de La Bazouge-du-Désert demeura en sa dépendance, et les chanoines, en devenant réguliers, vers 1143, transférèrent leurs droits sur notre église à l’abbaye de Rillé, dont ils furent les premiers membres. Mais ces religieux ne conservèrent pas longtemps l’église de La Bazouge-du-Désert, car elle fut vers cette époque unie par l’ordinaire à l’archidiaconat de Rennes. C’est par suite de ces dispositions que, dans les temps antérieux à la révolution, l’abbaye de rillé percevait dans toute l’étendue de la paroisse de La Bazouge-du-Désert, à l’exception du Petit-Maine, le sixième des grosses dîmes, et les cinq autres sixièmes appartenaient au recteur et faisaient de la cure, qui était à la présentation de l’archidiacre de Rennes, une des plus riches du diocèse de Rennes (M. Maupillé). En 1790, en effet, le recteur Victore de Lesquen déclara jouir du presbytère et d’un pourpris de 12 journaux de terre estimés à 200 livres de revenu, et des dîmes estimées à 8000 livres ; mais les charges étaient considérables et s’élevaient à 3 200 livres. La paroisse de La Bazouge-du- Désert perdit une partie de son territoire au XIIIème siècle, lorsque le Pont-Main fut réuni à la paroisse de Saint-Ellier ; on lui enleva encore quelques villages au profit de cette même paroisse quand, en 160, l’autorité ecclésiastique détermina juridiquement les limites des deux diocèses de Rennes et du Mans dans le territoire du Petit-Maine, faisant partie des paroisses de La Bazouge (La Bazouge-du-Désert), Louvigné (Louvigné-du-Désert), et Saint-Ellier (nota : le Petit-Maine était un pays de franchise cédé au XIIIème siècme par le seigneur de fougères au seigneuru de Mayenne). Par ordonnance royale en date du 24 janvier 1927, le rectorat de La Bazouge a été érigé en cure de deuxième classe.

La seigneurie de La Bazouge avait jadis un droit de haute justice et dépendait du marquisat de Romilley. Après avoir appartenu à la famille de la Chesnelaye-Romilley, elle est vendue en 1174 au marquis du Hallay. Aimé Picquet du Boisguy remporte un succès à La Bazouge-du-Désert le 27 juin 1795, sur les républicains.

On rencontre les appellations suivantes : Vicus qui Basilica (1040), ecclesia de la Bazogia (1090), Bazocha, Bazogia (1516).



PATRIMOINE DE BAZOUGE-DU-DESERT



L’église Saint-Martin (1911-1913), œuvre de l’architecture Arthur Regnault. Cette église remplace un sanctuaire édifié aux XVIème-XVIIème siècles. Placée sous l’invocation de Saint Martin, évêque de Tours, l’ancienne église de La Bazouge-du-Désert n’offrait rien de remarquable d’après le Pouillé de Rennes . Le vaisseau était formé d’une nef accompagnée de deux transepts et terminée par un chevet droit ouvert jadis d’une grande fenêtre ogivale. Aucune de ses parties ne paraissait remonter à une époque antérieure au XVIème siècle. Le transept septentrional, ou chapelle du Rosaire, avait été bâti en 1619 ; celui du Sud, ou la chapelle Sainte-anne, avait été construit en 1630 par M.Souef, alors recteur, et à ses frais. La façade occidentale avait été refaite en 1729, comme l’indique ce millésime gravé au-dessus de la porte, et une chantrerie avait été établie au-dessus de la sacristie en 1739. Les autres parties ne dataient que de 1838, époque à laquelle on finissait de démolir l’ancienne église primitive, qui  tombait en ruines. Jadis, le seigneur d’Ardennes, en Saint-Georges-de-Reintembault, avait les droits de prééminence seigneurale dans l’église de La Bazouge-du-Désert (nota : Ardennes fut érigé en marquisat, sous le nom de Romilley, en 1642. La seigneurie de la paroisse de La Bazouge-du-Désert appartenait à  cette terre, à cause du Grand fief de La Bazouge, ou du Pont-Péan, auquel elle était attachée). Il y avait aussi en cette église d’assez nombreuses fondations, dont le revenu total était en 1790 de 883 livres 9 sols de rente ; l’une d’elles, celle de Sainte-Anne, devait la messe tous les mercredis et samedi de chaque semaine – la confrérie du Rosaire y était ancienne (Pouillé de Rennes). En résumé, l’ancienne église de la Bazouge-du-Désert se composait donc d’une nef à chevet droit avec une grande fenêtre en arc brisé et d’un transept : la nef datait du XVIème siècle, le croisillon nord datait de 1619 et celui du sud datait de 1630. La façade ouest portait la date de 1739. On avait édifié en 1739 une chantrerie au-dessus de la sacristie. Le chœur avait été refait en 1739 et le reste de l’église en 1838. Le marquis de Romilley en Saint-Georges de Reintambault possédait jadis un enfeu dans l’église et on y voyait trois pierres tombales.




Cette église néo-gothique, construite sous le pastorat de l'abbé Hélesbeux et réalisée par lui grâce aux dons des paroissiens, est consacrée en mai 1914. Précédée d'un clocher-porche, elle comporte trois nefs menant à un chevet plat. Elle remplace un édifice élevé aux XVIe et XVIIe siècles.




La chapelle de Saint-Clair-de-l’Hermitage, située route de Landivy et non loin du lieu-dit de Malagra. Cette chapelle, dédiée aussi à Sainte Anne, qui porte la date de 1636 pourrait remonter au XIème siècle. Au XIème siècle en effet, de nombreux ermites peuplaient les forêts des environs de Fougères ;  Vital de Mortain, Robert d’Arbrissel, Raoul de la Fustaye, Bernard de Tyron, Pierre de l’Etoile et Guillaume Firmat  sanctifiaient alors ces vastes solitudes. La chapelle de Saint-Clair-de-l’Hermitage, située en La Bazouge, près du Pont-dom-Guérin et au bord de l’ancienne forêt de Glaine, rappelle encore en ce lieu le souvenir des pieux solitaires d’autrefois. On dit même que Saint-Guillaume Firmat s’y retira le premier. Au XVIIème siècle, c’était une chapellenie desservie par Jean Chanteau, décédé en 1639 ; - Léonard Denoual, décédé en 1676, - et Jean Chaussière, décédé en 1690. Tous ces prêtres habitaient cette solitude, et l’un de leurs successeurs, Jean Mesnil, pourvu en place de Michel Mesnil, décédé, prit possession en 1726 de la chapelle, de la maison et du jardin qui en dépendaient. En 1754, Adolphe de Romilley, marquis de la Chesnelaye, présenta pour desservir ce bénéfice, en place de Joseph Mesnil, décédé, François Jamond, prêtre d’Avranches, qui en fut pourvu le 1er octobre. Ce dernier étant mort en 1774, ce fut Pierre Alba, seigneur de Mausson, qui présenta pour le remplacer Michel Hersant, prêtre de Landivy, pourvu le 18 mai 1775. La Déclaration de 1790 nous apprend que « la chapelle Saint-Clair-de-l’Hermitage, fondée par les seigneurs de Mausson »,avait pour dotation une maison et un jardin estimés 40 livres de rente, plus 6 livres d’oblations, 6  poulets et 4 boisseaux de froment (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V,27). Cette chapelle existe encore et porte la date de sa reconstruction, en 1636. On y vénère non – seulement saint Clair, mais surtout Saint Abraham, dont la statue est en grandeur honneur. L’on y dit la messe le lundi des Rogations et aux fêtes de Saint Clair et de Saint Gilles mais elle est surtout fréquentée à la fin du XIXème siècle par les pèlerins le Vendredi-Saint (Pouillé de Rennes). Cette chapelle est achetée semble-t-il durant la Révolution par Nicolas Cleuchamp et elle est restaurée au XXème siècle.




Si cette chapelle est à l'origine dédiée au culte de sainte Claire, saint Abraham et saint Gilles y ont également été honorés. Elle est desservie par plusieurs chapelains jusqu'en 1791, puis vendue comme bien national à Nicolas de Cleuchamp, dont la tombe est toujours visible dans la chapelle. L'édifice, restauré au XXe siècle, abrite encore une statue de saint Gilles.





L’ancienne chapelle (1587 – 1687) , édifiée par la famille Lasne. Remaniée en 1687, elle est achetée en 1710 par Gilles Anger. Elle sert aujourd’hui de remise. On y voit encore les armes de la famille Lasne.




Cette chapelle est construite par la famille Lasne dont les armoiries sont toujours visibles sur la façade. La porte principale ornée d'une moulure en accolade est remaniée en 1687. Achetée en 1710 par Luc-François de Guichen, elle est alors desservie par Gilles Anger puis, vers 1734, par Félix Bouillot. Aujourd'hui désaffectée, elle sert de remise aux fermiers.





La chapelle du Tertre-Alix.  Simple oratoire édifié, dit-on, par un seigneur nommé Alix après un accident où il aurait tué un de ses meilleurs amis. Le chêne situé au sud-ouest de la chapelle, auquel elle est d'ailleurs accolée, aurait des vertus fébrifuges (propriétés de combattre la fièvre)





















La croix (XVIème siècle) , située sur le chemin de La Clintrais. Reposant sur un fût de forme octogonale, cette croix porte un écu où sont gravés les monogrammes du Christ et de la Vierge.








Le presbytère (1753) situé au bourg et édifié par le recteur Pierre Joseph Pioger sieur de Chantradeuc (1750-1764) et le marquis de Romilly seigneur de la paroisse dont on voit les armes.




Cette maison a été construite par messire de Chantradec. Les deux écussons placés sur la façade sont martelés à la Révolution. L'axe vertical de l'entrée, surmontée d'une lucarne, accentue la symétrie du bâtiment.





La maison de Malagra (1716)  Accessible depuis "La Panislais" ou depuis "La Gobetière", ce bâtiment fut le théâtre de l'arrestation du prince de Talmond par les républicains Une niche à statue surmontée d'une croix est percée dans la façade.




Cette demeure a été le théâtre de l'arrestation du prince de Talmond par les républicains. Connaissant le propriétaire de l'époque, Faubert, le prince était venu se réfugier à La Bazouge pour préparer son repli vers l'Angleterre. L'inscription « pls du Saudray » est gravée sur le linteau d'une fenêtre.




vue d’ensemble




Niche à statue surmontée d'une croix et linteau portant la date de 1716




Appui de la fenêtre rappellant le fait historique qui s'est déroulé ici





Croix de Sainte Anne -  Edifiée en 1869 à l'emplacement d'une chapelle construite en 1662 par Jean Lelièvre, prieur de Bazouges, puis démolie en 1665 par ordre de la maîtrise des Eaux et Forêts, cette croix commémore le souvenir de Sainte-Anne qui se manifesta en ce lieu par plusieurs "miracles". Mère de la vierge Marie, Sainte-Anne est particulièrement honorée en Bretagne où une basilique lui est dédiée à Sainte-Anne d'Auray. Protectrice des libraires et des marins, elle est également la patronne de la province de Québec.











Chapelle sainte Anne :  Le prêtre de la paroisse était autorisé à célébrer la messe dans cette chapelle. Le nom du fondateur apparaît au-dessus de la porte nord dans l'inscription : « F.P.M.AIM. LE BECHU AT. ELCR. SR DHN. LB GE ANNE BRINDEL.D.D.M. », qui peut être interprétée par : « Fondée par Jean le Béchu et Anne Brindel. » La procession des rogations y avait lieu depuis 1789.








Pierres de mémoire :   Grand obélisque posé sur un piédestal et surmonté d’une statue de Saint-Michel terrassant le Dragon, tandis qu’à son pied un “Poilu” monte la garde. Une palme en bronze orne la face avant. Les noms des morts pour la France sont inscrits sur une plaque posée sur un trépied situé à gauche du monument. Une plaque en marbre blanc ornée d’une croix de Lorraine portant les noms des morts de la seconde guerre mondiale est fixée sous la palme.

Réalisé en granit de Bretagne 1er choix, l’ensemble fait 4 mètres de haut, auquel s’ajoute les 1 mètre 90 de la statue de Saint Michel. Les inscriptions ont été rénovés en 2014 à l’occasion du centième anniversaire de la déclaration de guerre.










Maison . Cette construction présente deux systèmes d'appareillage. Le bâtiment en retour d'équerre est constitué d'un mur en gros blocs taillés réguliers, appareillage très fréquent dans le nord du département. L'autre bâtiment est constitué de moellons, et seules les chaînes d'angle sont appareillées. La base de la maison ancienne est complètement remaniée au XXe siècle.





Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Mer 16 Sep - 20:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CANTON DE LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT   Lun 23 Mar - 0:54

FERRED – Le FERRÉ






Le Ferré vient, semble-t-il, du latin « ferrum » (fer)
La paroisse du Ferré est citée dès 1174 et dépendait jadis de l’ancien évêché de Rennes. A noter que Le Ferré renferme de nombreuses croix ornées de sculptures et d’inscriptions.
L’abbbaye de Saint-Melaine paraît avoir été mise de bonne heure en possession des dîmes du Ferré. Nous la voyons, en effet dès 1174 céder à l’abbaye de Savigné les deux tiers des dîmes du blé et conserver seulement la dîme du lin et du chanvre dans cette paroisse. Les actes que nous possédons, dit M.Maupillé, nous laissent ignorer les motifs et les conditions de cette session. Ils nous apprennent seulement qu’à l’époque où elle eut lieu, l’abbaye de Savigné était déjà depuis quatorze ans en possession de la terre de Montdaigne, qui semble avoir été le noyau du domaine assez important qu’elle se forma par la suite sur le territoire du Ferré. Cette terre, que l’on désignait également sous le nom de la terre des Contestations, « terra de Calumpniis », était située sur les frontières de la Betagne et de la Normandie, sans qu’on sût précisément à laquelle de ces deux provinces l’attribuer, en sorte qu’elle était un sujet de litige continuel entre les limitrophes, qui ne se faisaient pas faute de la piller et de la saccager, au gré de leurs prétentions » (Notices historiques sur les paroisses du canton de Louvigné-du-Désert, 96). Voyant cela, Payen de Saint-Brice et ses vassaux Hugues du Rocher, Ruellon de Fretay et Guillaume de Brézel prirent le parti, en 1160, de l’abandonner aux moines de Savigné. A cet effet, ils prièrent Raoul, seigneur de Fougères, de la prendre sous sa garde et protection ; et ce seigneur qui connaissait leurs intentions, la remit à Richard, prieur de Savigné, comme une aumône qu’il offrit à Dieu pour la rémission de ses péchés et le salut de son âme, afin que son abbaye la possédât exempte de tout service et de toute redevance. Plus tard, en 1219, un seigneur du nom d’Iger, « Igerieus », fils d’Hamon d’Odie, apporta un accroissement à ce premier domaine en donnant à l’abbaye les quatre terres de la Suaie, « Seveiam », de la Janvraie, « Janvreiam », du Champ-Rocheret et de la Ramée. Mais les religieux se contentèrent d’accepter les deux premières, pour lesquelles ils offrirent au donateur, en témoignage de reconnaissance, 26 sous, monnaie de Tours, qu’ils prirent sur les deniers de leur maison. Quant aux deux autres terres, ils lui en firent en quelque sorte une rétrocession, pour que lui et ses héritiers se chargeassent d’acquitter envers Hugues du Rocher et ses successeurs, dont relevaient toutes ces terres, les divers services et redevances dont elles étaient grevées. Iger mourut, laissant quatre fils, qui s’empressèrent de ratifier la donation de leur père, et qui, tenant à donner à cet acte de ratification un caractère plus solennel, voulurent qu’elle se fît dans une assemblée générale de la paroisse. En conséquence, le premier dimanche de carême 1237, ils se rendirent à l’église, et là, en présence des paroissiens réunis, « in plena parrochia », ils prêtèrent le serment sur les saints mystères que ni eux, ni leurs héritiers, n’inquièteraient jamais les religieux dans la jouissance des terres qu’ils tenaient de leur père, et s’engagèrent à ne rien réclamer au-delà de ce qui avait été stipulé dans l’acte de sa donation, dont ils confirmèrent toutes les dispositions. Le procés-verbal de cette assemblée fut rédigé par Robert de la Guinchère, pour lors recteur du Ferré, et scellé de la paroisse, « sigillo ecclesioe de Ferrato » (Notices historiques précitées, 97, 98). Peu d’années après, en 1246, une dame nommée Aales, veuve de Pierre Rouaud, chevalier, donna de son côté à l’abbaye de Savigné, pour le salut de son âme, une rente de sols que lui devait Nicolas Milon sur le Champ des Pierres, voisin du Ferré. L’année suivante, Torgise du Ferré , »Torgisius de Ferrato », permit aux mêmes religieux de Savigné d’avoir une grange au Ferré à côté des terres de la veuve d’Henri Bochart, et il s’engagea pour lui et ses héritiers à défendre cette propriété envers et contre tous, la prenant solennellement sous sa protection à la cour même du baron de Fougères (Archives Nationales,L,1146, n°673 et 703). La paroisse du Ferré était divisée en trois sections : le trait du Haut, le trait du Bas et le trait du Milieu. En 1790, les deux tiers des grosses dîmes étaient levés par les religieux de Savigné. Le recteur, présenté par l’ordinaire, jouissait de l’autre tiers et des dîmes verts, le tout valant 1500livres ; il avait, en outre, le presbytère et son pourpris, estimés à 100 livres de rente (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V,27). C’était donc un revenu de 1600 livres, dont il fallait vraisemblablement déduire les charges (Pouillé de Rennes).

Le château de Valaines, situé jadis sur le territoire de Ferré, appartenait en 1163 à Raoul II de Fougères. La seigneurie du Ferré était une sergentise féodée de celle de Saint-Brice en Saint-Brice-en-Coglès. Le chef royaliste Aimé Picquet du Bois-Guy y est battu par les Républicains en mai 1796.
On rencontre les appellations suivantes : Parochia Ferrati (en 1174), ecclesia de Ferrato (en1237), Ferratum (en 1516)




PATRIMOINE DU FERRÉ




L’église Saint-Pierre-Saint-Paul (XIV-XVII-XVIIIème siècle). Dédiée aux apôtres Pierre et Paul, cette église se composait primitivement d’une nef à chevet droit, accompagnée au Nord d’un seul collatéral ; elle semble avoir été construite du XIVème au XVème siècle, mais M. Maupillé croit qu’on peut en faire remonter quelques portions à la fin du XIIIème siècle. Au XVIIIème, on y ajouta deux chapelles et une tour. La première pierre de la chapelle Saint-Jean du côté de l’épître, fut bénite le 10 avril 1737 ; vers le même temps fut bâtie vis-à-vis, du côté de l’évangile, la chapelle de la Sainte-Vierge ; enfin, le 30 juin 1744, on posa la première pierre de la tour au bas de la nef. Les autels des deux chapelles furent placés en 1754. On voit encore dans le chœur deux pierres tombales chargées de grands écussons malheureusement effacés. En 1679, le roi était regardé comme seigneur supérieur de cette église à cause de sa baronnie de Fougères ; mais les droits de fondation y appartenaient au seigneur de la Rouaurdière, qui avait ses armoiries peintes au-dessous de celles du roi dans les verrières et reproduites dans une lisière autour de l’édifice ; il est probable que les tombes que nous venons de signaler fermaient son enfeu seigneurial. La confrérie du Saint-Sacrement fut érigée le 20 juin1731 dans l’église du Ferré par les soins du Recteur, M. Caniou, et moyennant une fondation de 50 livres de rente qu’avait faite en sa faveur Guillaume Lyon, recteur de Drouges. La confrérie du Rosaire était peut-être plus ancienne encore, mais en 1790 elle n’avait que 19 livres de rente, tandis que la précédente avait 55 livres 12 sols (Pouillé de Rennes). Cette église abrite quelques vestiges (bénitier et linteau) d’un ancien sanctuaire qui a existé au lieu-dit La Phélipotière. Comme nous l’avons vu précédemment, l’ancienne église du Ferré se composait d’une nef à chevet droit avec un collatéral au nord, cette partie semble remonter au XIVème siècle ou XVème siècle. On y ajouta une chapelle au sud en 1737 et une autre au nord à la même époque. La tour, située au bas de la nef, date de 1744. Un collatéral est construit du côté sud en 1893. L’église possédait autrefois une litre aux armes de seigneurs de la Rouaudière. Le chœur conserve deux pierres tombales. Les verrières figuraient les armes des seigneurs de la Rouaurdière et celles du Roi. Les autels des chapelles datent de 1754 : ils sont l’œuvre du sculpteur Gogeard d’Avranches. On y trouve des inscriptions datée de 1663(Jean Deshayes Phelipotière).




Du fait des faibles moyens de la population, l'église paroissiale a été construite lors de plusieurs campagnes de travaux successives. Elle abrite quelques vestiges d'une ancienne chapelle qui existait à La Phélipotière, un bénitier et des linteaux portant des inscriptions. L'imposant clocher-porche qui précède la triple nef domine le bourg. Son plan en croix latine s'achève par un chevet à pans coupés.





Benitier : La tête sculptée qui orne la cuve octogonale incite à dater ce bénitier de l'époque romane. Elle est issue d'un mélange de traditions qui proviennent aussi bien du Proche-Orient et de l'Empire byzantin que des royaumes nordiques.








LINTEAU : La chapelle de La Phélipotière, construite en 1662 et anciennement dépendante du hameau du même nom, est démolie en 1890. Certains de ses éléments ont été remployés dans le mur de l'église, comme ce linteau qui porte l'inscription : « 1663 doté par Jean Deshayes Phélipotière. »







La chapelle Sainte-Anne (XIXème siècle) C'est l'axe vertical qui concentre toute l'animation de cette façade. La porte en anse de panier avec trois moulures est surmontée d'une niche protégeant une statuette représentant sainte Anne instruisant Marie. Le pignon supporte une statue de saint Michel. Le hameau de Valaine, aux confins des communes du Ferré, de Coglès et de Montours, et des cantons de Louvigné-du-Désert et de Saint-Brice-en-Coglès, est un pôle stratégique commercial ancien. La population se regroupait autour du moulin et de son café et pratiquait le commerce de l'engrais, du beurre et des œufs.






La longère (XVII-XVIIIème siècle), située au lieu-dit La Porte




L'appareillage en pierres de taille, généralement réservé aux manoirs ou autres maisons nobles, est rare pour un bâtiment de ce type. Une autre longère, au Tertre, présente la même particularité.





La maison (1775) , située au lieu-dit La villoustin




Le village de La Villoustin est dominé par une maison d'architecture assez imposante. Cette demeure aurait appartenu à une dame Thomas, qui ne possédait que très peu de terre. Elle aurait aménagé cette maison, dont l'étage est doté de cheminées imposantes.




La tombe du caporal Lechat , fusillé le 16 mars 1915, est au cimetière du Ferré dans le carré des soldats. Au cours de la Première Guerre mondiale, les soldats épuisés et terrorisés par les combats et les pertes en hommes ne voulaient plus sortir des tranchées pour monter à l'assaut. Ces mutineries ont entraîné des représailles, et, parmi 18 caporaux, quatre ont été condamnés à mort, dont le caporal Lucien Lechat du Ferré. La veuve de Théophile Maupas, institutrice à Sartilly dans la Manche, a entrepris de faire réhabiliter ces mutins. Cette réhabilitation n'a lieu qu'en 1934, après de nombreux procès.



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MessageSujet: Re: CANTON DE LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT   Lun 23 Mar - 7:16

MELLEG – MELLÉ





Mellé vient, semble-t-il, du gaulois « mello » (colline)

Des fortifications semblent être érigées durant la période gallo-romaine, au moulin des châteaux (Hameau des Châteauxà, près de Monthault. Deux mottes féodrales, entourées de fossés, sont signalées au même endroit (dont l’une, la plus petite, se nomme La Redoute).

La paroisse de Mellé et citée pour la première fois en 1241 et dépend de l’ancien évêché de Rennes. Le Pouillé de Rennes précise qu’en 1241, Geffroy, seigneur de Landévy, donna aux religieux de l’abbaye de Savigné le fief du Boulay, en Mellé, avec une rente de 12 sols, monnaie de Tours, sur la masure de la Martais, (Archives Nationales, L,1646), à la charge d’entretenir jour et nuit deux lampes devant les autels de Sainte-Croix et de Saint-Nicolas, dans l’église abbatiale. Les Cisterciens de Savigné jouissaient encore du fief du Boulay en 1679. D’autres religieux avaient des intérêts à Mellé ; C’étaient les Bénédictins de Pontlevoy, à cause de leur prieuré d’Igné, en Fougères, et le prieur de Saint-Pavace, du Mans, à cause du prieuré de Laignelet. Ces monastères de Pontlevoy et Saint-Pavace se partageaient les deux tiers des dîmes de Mellé et devaient, par contre, chacun une messe hebdomadaire dans l’église de Mellé pour les paroissiens. Le dernier tiers des dîmes appartenait au recteur de Mellé, présenté par l’ordinaire ; il levait cette dîme à la onzième gerbe sur toute espèce de grains, et avait, en outre, la totalité des dîmes de lins et chanvres, plus une pension en grain que lui faisaient ses codécimateurs. Aussi en 1790 M.Gardais déclara-t-il que la cure de Mellé valait 2070 livres de rente, sans compter le presbytère et ses jardins.

La Vairie, était avec les Domaines, le gage féodé d’une sergentise détachée de la seigneurie de Villauran ou Villavran

On rencontre les appellations suivantes : Parochia de Meleio (en 1241), Meleym (en 1516)




PATRIMOINE DE MELLE



L’église Saint-Martin (XV-XVIème siècle). Saint-Martin de Tours est le patron de l’église de Mellé, qui ne semble pas remonter au-delà du XV-XVIème siècle. Elle se compose d’une nef portant sur une de ses sablières la date suivante : l’an MVcc XXIX ; la fenêtre flamboyante de son chevet, aujourd’hui bouchée, est d’environ le même temps.  A cet nef gothique ont été ajoutées deux chapelles au XVIIIème siècle ; celle de la  Sainte-Vierge présentant, ainsi que la sacristie, ces inscriptions : Messire P.Clouard, recteur, - fait par Messire Pierre Clouard, recteur de Mellé, 1711 (nota : il est problable que cette date 1711 est celle de la construction de la sacristie, car le registre paroissail dit que M.Clouera bénit la chapelle de la Vierge le 23 octobre 1715) – et celle du Saint-Esprit. Cette dernière nous rappelle que la confrérie du Saint-Esprit, dont nous avons parlé à propos de Louvigné-du-Désert, comptait de nombreux adeptes en Mellé. La fête de la confrérie aux fêtes de la Pentecôte étant dégénérée en vraie saturnale, le recteur, M. Clouard, obtin en 1703 un arrêt du Parlement défendant à ses paroissiens de se réunir pour la procession burlesque qu’ils avaient coutume de faire à cheval. Malgré la défense, la cérémonie se fit encore, accompagnée même de violences, à Louvigné-du-Désert ; Louichon, de Mellé, portait l’un des étendards rouge et blanc. Mais on poursuivit les coupables, et en 1703 le principal meneur de Mellé en cette affaire, Nicolas Lecomte, fut condamné à faire amende honorable, un cierge allumé à la main et à genoux, pendant la grand’messe du lundi de la Pentecôte chantée à l’église de Mellé (Archives du Parlement de Bretagne). La confrérie du Rosaire fut érigée à Mellé le 4 juillet 1632, par les Dominicains de Bonne-Nouvelle, à la requête du recteur Martin Potier (Archives départementales d’Ille-et-Vilain, 1 H, 5). Le baron de Fougère était seigneur supérieur de Mellé, et quoiqu’en 1679 le seigneur de Poilley se prétendit fondateur de l’église de Mellé, disant qu’elle se trouvait dans son fief de la Guennerais, c’était, dit M.Maupillé, au seigneur des Domaines qu’appartenait en cette église les droits de prééminence, d’enfeu et de banc dans le chanceau et dans la  nef (M. Maupillé, Notices historiques sur les paroisses des cantons de Louvigné, 100). Sa nef se termine par un chevet droit. La façade ouest est réédifiée en 1781. Le clocher date du XVIIIème siècle. Le maître-autel comporte un rétable à trois corps. Les peintures murales du chœur, œuvre de A. Bourgeois datent de 1942-1943. On y voit plusieurs pierres tombales et deux jolis bénitiers scuptée. Les seigneurs des Domaines y avaient jadis un droit d’enfeu.




Cette église de plan en croix latine comporte une nef unique aboutissant à un chevet plat. Au XVIIIe siècle est construit le clocher actuel en lieu et place d'un clocher-mur, et sont ajoutées une chapelle et la sacristie.




PEINTURE MURAL DU CHŒUR -  À l'intérieur de l'église, le fond du chœur a été exécuté par le recteur J. Boutet et A. Bourgeois, un peintre de Paris marqué par l'Art déco. Le recteur Boutet, profitant de la nécessité de refaire les douvis de la voûte, met les murs à nu et sacrifie le mobilier du XVIIIe siècle, jugé à bout de souffle et surtout trop artificiel. Cette partie de l'église et le baptistère sont couverts de vastes compositions figurées, tandis qu'un mobilier en granit est mis en place dans le chœur. Le succès de ce travail est tel que, par la suite, six églises d'Ille-et-Vilaine « Lécousse, Baillé, La Boussac, Gaël, Muel et Bléruais » sont décorées par Bourgeois.





Le manoir des Bas-Domaines ou Domaines (XV-XVIème siècle). Propriété suceessive des familles Godelin (en 1416), Morel (vers 1513), Beillet seigneurs de Marbré (en 1588), Mercoeur (en 1593), du Verger (vers 1602), Léziart, Ferron seigneurs de la Harlaye (en 1652), Cochart sieurs de la Cochardière, Poullain sieurs des Maretz (vers 1750)




La façade en grand appareil, avec sa porte en plein cintre surmontée d'une archivolte à retours et ses ouvertures de taille imposante, annonce le rang élevé de l'ancien maître des lieux, qui avait le privilège de nommer le sergent responsable de la collecte des rentes pour le seigneur de Fougères. L'exécution du décor intérieur, notamment la sculpture des solives et du manteau de la cheminée de granit, orné de blasons aux armes des premiers occupants, a reçu le même soin.



Le manoir de la Haute-Vairie (XV-XVIème siècle). Il se compose de deux bâtiments en retour d’équerre, avec une tourelle polygonale. Une chapelle dédiée à Notre-Dame, édifiée ou restaurée en 1663 s’y trouvait autrefois à proximité. Guillaume Ferron et Jeanne Glesdel, sieur et dame de la Harlaye demeurant au manoir de la Vairie, construisirent à coté une chapelle en l’honneur de la Sainte Vierge et de Sainte Anne ; puis, par un acte du 20 septembre 1663, ils y fondérent deux messes par semaine et affectèrent leur métairie de Villeneuve à l’entretien du chapelain. Nicolas du Hamel en 1682, et Joseph de Mésenge en 1781, desservirent cette chapelle, qui n’avait pas moins de 246 livres de rente en 1790. Notre Dame de la Vairie a été restaurée  au XIXème siècle, et on s’y rendait naguère aux processions des Rogations ; elle renfermait un groupe représentant le sacrifice d’Abraham, objet d’une grande dévotion locale, mais elle n’offrait en somme rien d’intéressant. Dans les greniers de l’ancien manoir même de la Vairie était, au contraire, reléguée une curieuse statue en pierre représentant la Sainte Vierge assisse et tenant l’enfant Jésus sur ses genoux, position qui indique ordinairement une haute antiquité (Pouillé de Rennes). Le manoir est la propriété successive des familles Godelin (au XIVème siècle) le Vayer (en 1490 et en 1539), le Rouillier (en 1600), de Launay (avant 1653), Ferron seigneurs de la Harlaye (en 1653), de la Barberie (vers 1682), de Launay (en 1733 et en 1781).




Ce logis imposant, élevé à proximité d'une carrière de granit, était occupé à la fin du XVIe siècle par le voyer, officier seigneurial chargé de la tenue des audiences et de l'application des peines. L'architecture du bâtiment reflète l'autorité exercée par l'ancien maître des lieux. Une chapelle est édifiée à proximité en 1663 et récemment transformée en habitation. Cette chapelle a longtemps été un lieu de pèlerinage rassemblant les fidèles une fois par an, le jour des rogations. Deux sculptures en bois, aujourd'hui disparues, s'offraient à la contemplation des pèlerins ; une statue de sainte Anne ainsi qu'un groupe représentant le sacrifice d'Abraham.




Le manoir de La Godelinais (XVIème siècle). La Godelinais est à la fin du XVIème siècle d’une petite assemblée protestante. La maison qui servait de lieu de Réunion est détruite en 1833. On y voit encore, à proximité, un ancien cimetière appelé le «  cimetière des Huguenots ». Propriété successive des familles Godelin (au XIVème siècle), de la Chapelle (en 1430), le Porc seigneurs de Marolles (en 1453), le Marignier (en 1513), de Servaude (avant 1652), Deshayes seigneurs de la Philippotière (en 1652), Salmon (en 1776 et en 1785).



À la fin du XVIIe siècle, le village est le siège d'une assemblée de protestants invités par Melle de La Godelinais. Le cimetière des huguenots se trouvait dans un bois tout proche. Ce manoir comporte une tour d'escalier. Une ornementation très riche en couvre les linteaux de porte et de fenêtre.



La maison (XVIIème siècle), située au lieu-dit La Touche


Cette demeure cossue comportait dès l'origine une pièce habitable à l'étage, ouverte par une petite fenêtre et dotée d'une cheminée. L'arc en accolade de la porte d'entrée est mouluré en rouleau et orné d'un cœur. La seconde porte donnait sur l'étable, et la chambre supérieure bénéficiait de la chaleur des animaux. Une corniche moulurée est protégée par la retombée du toit.



La maison (XVIIème siècle), située au lieu-dit Le Boulay




Cette maison haute est caractéristique du XVIIe siècle. C'est une ancienne exploitation agricole comprenant une étable au rez-de-chaussée et l'habitation principale à l'étage, avec un grenier sur le côté. La présence d'un étage avec cheminée indique un riche propriétaire. Les domestiques occupaient un petit logement en bas. Les granges ont été démolies. Ce bâtiment est réhabilité en 1970




La maison  (XVIIème siècle),avec pavillon d’escalier monumental,  située au lieu-dit Les Hauts-Champs


Cette maison se distingue des simples demeures rurales par son volume sans pour autant présenter les caractéristiques du manoir, qui comporte habituellement une cour fermée, une porte cochère et de nombreuses dépendances. Toutefois, le pavillon d'escalier monumental situé à l'arrière du bâtiment dit bien l'importance du maître des lieux.




La maison (XVIIème siècle), située place de l'Eglise



Les ruraux ayant la possibilité de bâtir une maison à étage en pierre ont utilisé cette disposition des ouvertures, quasi inchangée du XVIe au XIXe siècle. La porte de droite correspond à l'étable, qui est surmontée d'une chambre. Les portes sont dotées d'encadrements chanfreinés.




La longère (XVIIème siècle), située au lieu-dit La Basse-Rouërie



Cette longère regroupait cinq foyers. Les parties les plus anciennes se distinguent par des arcs en plein cintre et la petite taille des fenêtres dont l'une a conservé sa ferronnerie d'origine. La qualité des pierres d'encadrement, ornées de chanfreins pour les plus anciennes, et le volume de la bâtisse traduisent l'aisance du propriétaire.



La longère (XVIIème siècle), située au lieu-dit La Hérissais



Le hameau de La Hérissais, formé de deux longères disposées autour d'une cour, est habité jusqu'au milieu du XXe siècle par deux familles de cultivateurs. Rénové par la municipalité dans le respect de l'architecture d'origine, il est adapté à un changement d'activité. Cette ancienne ferme abrite aujourd'hui une habitation et une salle d'animation.



La résidence Mixi-Bérel (XVII-XVIIIème siècle)



La dimension des ouvertures, en particulier leur hauteur, et les lits de pierre soigneusement alignés annoncent le XVIIIe siècle, de même que les chevronnières et les souches de cheminée. Au-dessus des portes, des ouvertures plus larges que hautes éclairent les escaliers. Cet ancien presbytère est aménagé en logements sociaux en 1995.




L’ancien presbytère (1750)  -  Ce presbytère, précédé d'un jardin où s'élève une croix, a été bâti aux frais de la cure. La régularité des pierres d'encadrement et des chaînages d'angle ainsi que les souches de cheminée imposantes dénotent une grande qualité de construction. Des chevronnières protègent la rive du toit contre les vents et les infiltrations d'eau de pluie. Le bâtiment a été transformé en gîte rural.








Le puits (XVIIème siècle), restauré au XXème siècle



Ce puits, restauré, est couvert d'un toit à deux pans reposant sur une armature de bois. C'était un puits semi-privé, au sens où il n'était utilisé que par les quelques familles du hameau vivant en quasi-autarcie jusqu'au milieu du XXe siècle.


Le fournil et le four à pain  (XVIIème siècle), restaurés au XXème siècle



Un fournil précède le four à pain en demi-cercle. Il offre un espace permettant d'abriter le bois de chauffe, les pains après cuisson et les ustensiles du fournier. Les cendres recueillies servent aux lessives et comme engrais. L'ensemble, restauré, sert occasionnellement. Il y a deux fours à pain à La Hérissais.


Le moulin  du XIXème siècle


Cet ancien moulin, caractéristique de la région, fonctionnait grâce à deux roues actionnées par l'eau d'un étang, les meules étant placées au sous-sol. Les agriculteurs venaient y faire moudre leurs céréales jusqu'au début du XXe siècle.


La roche au diable, encore surnommé la Roche-Ecriante et située au bois de La Vairie (aux Gantiers, parmi l'amas de blocs de pierre appelé le Rocher-Aubry)



La roche au diable à Mellé est un empilement de boules de granit autour duquel circulent de nombreuses légendes.  Il est possible de faire bouger celle du dessus à la main.



MAISON A ARCHITECTURE CONTEMPORAINE - Route Saint-georges




Ce bâtiment est contemporain d'un courant architectural novateur. Le développement des transports et de l'information permet la diffusion de techniques et de matériaux nouveaux, qui marquent une rupture par rapport à l'architecture traditionnelle locale.






Ancien bâtiment d’exploitation  – L'exploitation de la carrière de La Beurrière a profondément modifié le paysage depuis le début du XXe siècle jusqu'en 1999. L'extraction du granit produit des déchets, constitués de blocs de pierre de toutes tailles et de toutes formes qui sont entassés en périphérie de la carrière. Au fil du temps, les végétaux colonisent le territoire abandonné, l'intégrant peu à peu au paysage. La forge, qui comprend deux cheminées, et le local mécanique sont situés au rez-de-chaussée, tandis que les étages sont utilisés comme bureaux et logement pour les carriers. Cette carrière a employé jusqu'à 100 ouvriers.






Gerbière   -  Cette gerbière placée dans la grange est en fait une ancienne porte du XVIIe siècle remployée par économie. Il en manque une partie.






Maison d’ouvrier :   cette maison construite à l’économie ne possède que les éléments de base d’une habitatin, à savoir la porte, la fenêtre et la cheminée. Elle ne comprend pas de grenier.




Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Mer 16 Sep - 20:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CANTON DE LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT   Mar 24 Mar - 3:22

BRENNAOD – MONTHAULT







Monthault (ou montault) se nomme d’abord Saint-Pierre-des-Bois , puis Saint-Pierre-de-Montaut, en référence au rocher de Monthault situé à l’écart du bourg. La paroisse de Monthault dépendait jadis de l’ancien évêché de Rennes.

Quand à l’origine de la paroisse, certains historiens l’attribue à l’abbaye de Saint-melaine, qui avait droit de présentation et fit de la cure un doyenné avec juridiction sur les neufs paroisses de l’archidiaconé du Désert. Un bulle du pape Grégoire XI datée de 1376 atteste l’existence d’un lieu de culte. En 1387, des indulgences sont accordées à Monthault par le Saint Siège à ceux qui par leurs aumônes concourent aux réparation des édifices du culte : « Cupientes itaque ut cappella Beate Marie de Montealto, sita infra metas parrochialis ecclesie (de Montealto), Redonensis diocesis, ad quam,sicut asseritur, populi multitudo propter miracula qui ibidem divina elementia operatur… reparetur. Datum Avenione, IV nonas julii, anno 9° (4 juillet 1387) » (Archives du Vatican).

On ne sait rien du commencement de cette paroisse, qui est cependant ancienne ; on trouve bien vers 1150 un chanoine de Rillé appelé Jean de Montault (Dom Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne, I,607), et ailleurs un Guillaume de Montault, mais on ne peut assurer qu’ils appartenaient à une famille seigneuriale de ce nom (Nota : il est à noter cependant qu’on voyait naguère encore en Monthault, deux mottes féodales appelées les Châteaux, et offrant la même disposition que celles du Châtel, en Marcillé-Raoul). Nous ignorons également sur quoi repose la tradition disant que la paroisse de Monthault a d’abord porté le nom de Saint-Pierre-des-Bois. « Tout ce que nous savons sur cette paroisse, - dit M. Maupillé,  -  c’est qu’au commencement du XIIIème siècle elle était le siège d’un doyenné relevant de l’archidiaconé de Rennes et dont la juridiction devait embrasser toutes les paroisses de la vairie de Louvigné et une partie de celles du Coglais » (Notices historiques sur les paroisses du canton de Louvigné-du-Désert). Quoique ce doyenné ait été de bonne heure réuni à celui de Fougères, le recteur de Monthault n’en continua pas moins, jusqu’en 1698,  à prendre le titre de doyen. La cure de Monthault était à la présentation de l’archidiacre de Rennes, qui levait quelques petites rentes dans la paroisse : 12 deniers monnaie sur le presbytère, 6 livres 2 sols sur les revenus de la cure et 2 sols 6 deniers sur les hommes d’un fief dit de l’Archidiacre. Le recteur de Monthault, M. Picou, était en 1790 mieux partagé que l’archidiacre : il levait toutes les dîmes de sa paroisse, grains, chanvres et lins, à la onzième gerbe, et estimait le tout à  2 400 livres de rente ; il jouissait, en outre, d’un presbytère avec cour et jardin et d’une pièce de terre nommée la Petite-Aumône, ce qui lui rapportait 54 livres ; c’était donc un revenu total de 2 454 livres. Sur cette somme il lui fallait payer, il est vrai, la pension de son vicaire 350 livres, les décimes 180 livres, la rente due à l’archidiacre 6 livres 2 sols, et l’entretien du presbytère et du chanceau 130 livres ; il prétendait, de plus, dépenser chaque année 300 livres de frais de récolte, de sorte qu’il déclara n’avoir de revenu net que 1 468 livres (Pouillé de Rennes). A la même époque, la fabrique de Monthault avait environ 100 livres de rente (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 27).

On rencontre l’appellation Ecclesia de Monte Alto (au XVIème siècle)




PATRIMOINE DE MONTHAULT



L’église Saint-Pierre  (XVème siècle), œuvre de l’architecte Arthur Regnault. Saint-Pierre de Monthault forme une croix ; le chœur avec sa fenêtre flamboyante et le porche méridional sont seuls un peu anciens et appartiennent au XVème ou XVIème siècle. Au-dessus de l’arcade du porche est une niche gothique contenant jadis une inscription effacée maintenant. Le 21 mai 1609, Mgr Larchiver consacra les deux autels de Saint-Pierre et de Notre-Dame ; en 1632 on construit au Nord du chanceau une sacristie surmontée d’une chantrerie dont l’arcade ouvrant sur le chœur est aujourd’hui murée ; on y lit encore ces mots, gravés sur une filière : l’an 1632 l’allonge sacristie et chantrerie fut bastie. Le recteur, M. Desgranges, fit en 1714 édifier le clocher, et de 1724 à 1728 bâtir deux chapelles formant transepts ; puis en 1734 il releva tout le bas de la nef et plaça sur la façade l’inscription suivante : donné par Mre F. Desgranges recteur de céans 1734, parce qu’il fit tous ces travaux à ses frais. Il fit encore paver l’église en 1748 et la dota d’une horloge achetée 200 livres. Le baron de Fougères était seigneur supérieur dans l’église de Monthault, mais le comte de Poilley y jouissait du droit de fondation et des autres prééminences, y ayant un banc dans le chanceau et le droit d’y ouvrir un enfeu. Aussi plaça-t-il ses armoiries dans les chapelles que l’on construit au XVIIIème siècle (Pouillé de Rennes). La sacristie, surmontée d’une chantrerie, date de 1632. Le clocher date du XIXème siècle : l’ancien clocher datait de 1714. Les croissilons du transept datent de 1724 et 1728 et portent les armes des comtes de Poilley. Le porche de la face sud date du XV-XVIème siècle. Les comtes de Poilley avaient jadis un droit d’enfeu dans le chœur. On y trouve la pierre tombales de Charles Lecuyer, comte de Poilley (1682).



Cette église est bâtie sur un plan en croix simple. Le porche, élevé sur la face sud au XVIe siècle, est compris dans un arc brisé qui abritait une inscription effacée. Ses murs, percés de deux meurtrières de dimensions différentes, sont dotés de bancs en pierre. Au nord du chœur, une sacristie surmontée d'une chantrerie a été construite en 1632. Une arcade, aujourd'hui murée, la faisait communiquer avec le chœur. Les pignons se terminent par de petites croix. Les croisillons du transept, construits en 1724 et en 1728, portent les armes des comtes de Poilley. L'inscription « donné par M. Desgranges Recteur de Ceans » est gravée au bas de la face ouest de la nef. Un clocher du XIXe siècle, qui remplace celui de 1714, supporte à son sommet une pierre de granit haute de 2 mètres et lourde de plus de 100 kilos.





PIERRE DE CHARLES LECUYER - Charles Lecuyer était sans doute un comte de Poilley. Les comtes de Poilley avaient en effet un droit d'enfeu dans le chœur. Dans le haut de la nef, cette pierre tombale chargée d'un écusson mutilé est gravée en majuscules romaines des mots : « Ci gît Charles Escuyer Sr de La Céhardière ['] 1682. Pries Dieu pour luy. »





La petite chapelle située sur le Rocher de Monthault. Cette chapelle, édifiée en 1696-1698, est reconstruite en 1825 et en 1877. Elle est dédiée à Notre-Dame de la Délivrance. On l’appelle encore Notre-Dame du Rocher. De 1696 à 1698, deux habitants de Monthaut, Jean Royer et sa femme, au moyen d’aumônes qu’ils reçurent des paroissiens, firent construire au sommet d’un rocher nommé rocher de Montault (ou Monthault) une petite chapelle dédiée à la Sainte Vierge. Par acte du 23 février 1698,  ils y fondèrent une messe hebdomadaire le samedi (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 19). Nous avons dit ailleurs qu’un ermite s’établit à côté de ce petit sanctuaire, devenu le bu de fréquents pèlerinages, surtout à la fête de l’Assomption ; on y vénéraiti une statue de Notre-Dame-de-Délivrance et une autre de Saint Gorgon, mais l’évêque fit disparaître celle-ci en 1781. 54 livres de rente étaient attachées à cette chapelle. Ruinée par la Révolution, cette chapelle fut rebâtie une première fois vers 1825 et continua d’être en grande vénération dans la contrée. Placée dans un admirable site, au milieu de monuments mégalithiques et au sommet d’un rocher d’où l’on découvre un magnifique horizon, Notre-Dame-de-Délivrance est reconstruite en 1877 de nouveau avec goût ; c’est un petit édifice de style ogival surmonté d’une statue de la Sainte Vierge. A l’intérieur on y lit l’inscription suivante : 1877. Cette chapelle a été bâtie par le zèle de M. Le Mesle, vicaire, la générosité de plusieurs notables et le dévouement de toute la paroisse. – M. Suppligeau, curé, Hte Le saint, maire. La bénédiction de ce sanctuaire fut faite le 29 juin 1879 (Pouillé de Rennes).




NOTRE-DAME-DE-LA-DELIVRANCE -  Le site du rocher de Monthault est un lieu de pèlerinage séculaire. Une bulle du pape Grégoire XI, datée de 1376, atteste l'existence d'un lieu de culte à cette époque. Une chapelle est bâtie en haut du rocher en 1696. Détruite pendant la Révolution, elle est reconstruite en 1825 et 1877. Elle est consacrée à la Vierge Marie, et une statue de Notre-Dame de la Délivrance, haute de 2,40 mètres, est édifiée sur la flèche. La Vierge est revêtue d'une couche d'or à l'occasion du centenaire de l'édifice.



La croix de mission (1884) Cette croix, érigée lors d'une première mission dans la paroisse, porte la mention : « Soyons fidèles. » Plusieurs dates ont été ajoutées par la suite, correspondant aux missions de 1913, 1932 et 1948.





L’ancien presbytère  (XVI-XVIIème siècle) -  La porte de cet ancien presbytère, inscrite dans un arc surbaissé, est accostée de pilastres et surmontée d'un linteau sculpté. Les rares ouvertures sont de taille réduite. La fenêtre du rez-de-chaussée, placée en hauteur, permet au soleil de pénétrer loin dans la pièce. Surbaissée, elle était probablement pourvue d'une grille à l'origine. De même que la taille réduite des ouvertures, la tourelle située à l'arrière du bâtiment le rapproche du type de la maison fortifiée.







Les maisons et longères du XVIIème siècle



LONGERES - Ce bâtiment se développe en longueur sous un toit unique. Les pierres de taille superposées pour former les chaînes d'angle sont de longueurs très différentes, afin d'empêcher les écartements liés au poids de la maçonnerie, notamment sur le côté gauche.




MAISON 1 -  L'entrée de l'étable qui occupait la partie gauche de cette maison noble a été murée. La porte cintrée, de dimensions modestes, correspondait à la partie habitée. La fenêtre, qui occupe probablement l'emplacement de l'ouverture d'origine, plus petite, est une création du début du XXe siècle. Cette disposition laisse la place pour un lit entre la fenêtre et l'angle du mur. Traditionnellement, la chambre de la famille ou du responsable de l'exploitation, appelé grand valet, est placée au-dessus de l'étable. Le grenier surmonte, quant à lui, la pièce à feu du rez-de-chaussée. Ce type de maison d'anglois, c'est-à-dire de créancier ou de propriétaire selon le vocabulaire du XVIe siècle, est dit « maison anglaise » par déformation. [/color]





MAISON 2 - Ces maisons ont été exécutées en pierres bouchardées et taillées. L'une d'elles comporte une seule pièce. Une pierre d'appui sculptée sur l'ouverture de ce bâtiment indique que le mur était plus haut. La deuxième maison comprend en outre une petite étable dont la porte a été rehaussée pour augmenter l'éclairement. La souche de cheminée est également en pierres taillées ou bouchardées.



L’ancien manoir de la Bruyère. On y  voit des portes et pierres gravées (XVII-XVIIIème siècle) située aux lieux-dit La Bruyère et La Rogeais.




PORTE ET PIERRES GRAVEES – La Bruyère - Cette ouverture moulurée en anse de panier est surmontée de deux écussons gravés et datés de 1736. L'inscription qu'ils surmontent se rapporte probablement à la fonction ou aux capacités de l'occupant de la maison.




PORTES GEMINÉES – La Rogeais - Ces arcs de décharge présentent une double arcature en plein cintre. Celui de gauche utilise un appareil de blocs réguliers sensiblement de même taille sur les deux niveaux, tandis que celui de droite superpose des pierres de tailles différentes. Ces éléments sont particulièrement importants dans la construction, dans la mesure où ils reçoivent la pression verticale en la renvoyant sur les côtés. Ils sont généralement très diversifiés.




Une maison de maître (XVII-XVIIIème siècle), située à La Petite-Louvrière



La finition très soignée de la maçonnerie de ce bâtiment est prévue pour durer le plus longtemps possible. Les portes et les fenêtres de l'étage, strictement identiques, sont régulièrement superposées. Les têtes de cheminée moulurées signalent l'aisance de l'un des propriétaires.



La roche qui branle  (ou Roche au Moine), au lieu-dit Les Bruyères-du-Bois-viel



Ce bloc de granit reposant sur un rocher plat, qu'un homme peut faire bouger en s'y appuyant, est situé à l'écart du centre de Monthault. Plusieurs pierres légendaires jalonnent le territoire de la commune, telles la pierre Écriante, sur laquelle les jeunes filles se laissaient glisser en faisant le vœu de trouver un mari dans l'année, la pierre au Diable, la pierre au Sacrifice et la pierre au Moine, sur le site du Rocher de Monthault.


L’ancien manoir de la Chapolais. Terre noble dès 1489, l'ancien manoir de la Chalopais est resté isolé dans la campagne de Monthault et a connu de profondes modifications. Messire Edouard Ferron, né à la Harlaye, en Mellé, d'une famille alliée à la maison de la Chalopais, en Monthault, fût vicaire de cette paroisse du commencement de 1610, jusqu'à la fin de 1616.Le fief de la Chalopais relevait de la seigneurie de Polley. Il appartenait aux Cochard, sieurs de la Cochardière en 1682. En 1742, la Chalopais appartient aux Poulain, sieurs de la Chevalerie jusqu'en 1789.Jacques Poulain émigre pendant la Révolution, le domaine est donc  vendu comme bien national en octobre 1794, pour la somme de 10 200 livres. Quelques années plus tard, la Chalopais appartient au comte Ferdinand de la Riboisière, qui après avoir détruit partiellement la manoir, aménage une ferme modèle.Monsieur Michel Surbled rachète le domaine dans les années 1930, et aménage le hall avec un escalier monumental.Dans la nuit du 4 août 1944, un aviateur (anglais ou américain) lâche de nombreuses bombes à proximité immédiat des bâtiments de La Chapolais.



La pierre au moine -   Ressemblant à un dolmen, elle semble façonnée par l'homme mais dois mon apparence à Dame Nature. elle a  abrité de nombreux ermites qui, tour à tour, ont veillé sur la chapelle, recevant les dons, célébrant la messe.elle se souviens surtout de Jean Guenée, obligé de partir au moment de la révolution.Dans sa cabane toute proche, il recevait les moines se rendant en pélerinage au Mont St michel et se chargeait d'éduquer les fils du sieur de la Louvière, un village voisin.Elle reste entourée de mystères et détient bien des secrets.







Légende : elle aurais dû participer à l'édification du Mont St Michel mais elle est encore ici.L'archange aurait obligé Satan à porter des pierres.Harassé de fatigue, celui-ci l'aurait abandonnée...Ses terribles griffes ont laissé en elle des traces visibles.Elle craint encore son retour...Une sculpture d'une main griffue est installée juste à côté de la Pierre du Diable rappelant la légende.


FOURNIL  -  Ce bâtiment est construit en pierres smillées, en contact les unes avec les autres. La souche de la cheminée, à sa rencontre avec le toit, s'achève par des larmiers destinés à repousser l'eau de pluie. Le toit qui protège le four est indépendant. Ce choix évite le coût de la taille des ardoises correspondant à l'arrondi du four, ainsi que la distorsion du bois produite par la succession des périodes de chauffage et de refroidissement.


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MessageSujet: Re: CANTON DE LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT   Mer 25 Mar - 10:23

POLIEG – POILLEY





Poilley vient, semble-t-il, du gallo-romain « Paulius » ou « Paullius »

L’église de Poilley est donnée, en gage d’abord puis en toute propriété, vers la fin du Xème siècle à l’abbaye du Mont-Saint-Michel par un seigneur nommé Gradeloc ou Grandloc « sous condition qu’on lui fournisse deux chevaux équipés, quand lui ou se fils iront à la guerre, et que la forteresse du Mont Saint-Michel leur est ouverte, s’ils ont besoin d’asile ». Gradeloc s’oblige de son côté « de rendre les chevaux en bon état à la fin de la campagne, et les moines, par reconnaissance, offrirent un vêtement de drap à la femme du seigneur. Bientôt les religieux manquèrent à leurs obligations, et les fils de Grandloc réclamèrent les droits aliénés par leur père ; mais les moines obtinrent, dans l’intérêt de l’âme du donateur, qu’on changeât en un simple présent de 8 liv. et un droit d’asile , l’obligation de fournir des chevaux, et ils conservèrent la paroisse, sur laquelle l’évêque de Rennes, Méen, leur abandonna aussi ses droits en 1050, moyennant 20 sols et un cheval bai ». Les descendant de la famille Gradeloc portent le nom de Poilley. La puissance des seigneurs de Poilley est attestée par la présence de l’un d’eux à l’acte de donation de la collégiale de Fougères à Marmoutiers.

Voici ce que dit le Pouillé de Rennes : Poilley est une de nos paroisses dont on retrouve le plus anciennement trace dans les actes historiques, comme tant d’autres, son église, à la fin du Xème siècle, se trouvait tombée en main laïque. Le seigneur qui la détenait s’appelait Gradeloc, nom où perce évidemment une origine bretonne. Se voyant à court d’argent, ce Gradeloc en alla demander aux moines de la puissante abbaye du Mont Saint-Michel, dont il reçut 4 livres, somme qui valait bien au moins 2 000fr. vers la fin du XIXème siècle, et il leur remit en gage l’église de Poilley (« Ecclesiam de villa quoe dicitur Pollei ») avec tous ses droits spirituels et temporels. A quelque temps de là, il leur rendit la somme ; mais ne voulant pas s’exposer de nouveau aux anathèmes portés par tous les conciles contres les possesseurs laïques de biens et de choses ecclésiastiques, il laissa l’église aux moines en toute propriété. Cette donation ne fut point toutefois entièrement gratuite. D’abard, la femme de Gradeloc eut des moines, à cette occasion, une fort belle robe de cette étoffe que nos vieilles chansons de gestes appellent drap de paile, que l’on croit avoir été du satin, qui était à tout le mons d’excellente soie. Puis, pour lui-même, le donateur stipula que toutes les fois qu’il irait en guerre, lui ou ses fils, les moines du Mont Saint-Michel seraient tenus de leur fournir deux chevaux, qui devaient, après la campagne, revenir à l’abbaye sains et saufs. Enfin, en cas de péril ou de nécessité quelconque, Gradeloc et ses fils avaient le droit de se réfugier – sans doute aussi de les héberger – dans l’abbaye du Mont Saint-Michel et dans tous les prieurés qui en dépendaient. Cela se passait du temps que Mainard était abbé du Mont Saint-Michel, c’est-à-dire de 991 à l’an 100. Tant que dura la vie de Gradeloc, et même quelque temps après sa mort, la convention qu’il avait conclue resta en vigueur ; mais à la fin les moines s’en lassèrent. Ce qui les gênait et grevait surtout, c’était cette fourniture de chevaux. Les seigneurs du moyen-âge, on le sait, ne cessaient guère de batailler ; c’était donc à chaque instant des chevaux à fournir, et, malgré la stipulation contraire, il est probable que ces pauvres quadrupèdes revenaient bien souvent à l’abbaye écloppés ou fourbus. Si bien que les moines, trouvant la charge trop lourde, se décidèrent un beau jour à garder leurs chevaux, en rendant, bien entendu, l’église de Poillez aus fils Gradeloc. Ceux-ci étaient trois : Anger, Hervé et Guillaume. Guillaume prétendait garder l’église ; les deux autres, plus soucieux de leur salut et de celui de leur père, la voulaient remettre en main ecclésiastique. Pour cela donc ils désintéressèrent le récalcitrant sur une autre portion de leur patrimoine et rendirent encore une fois la cure de Poilley au Mont Saint-Michel, en se réservant le droit de refuge dans cette abbaye, mais en dispensant désormais les moines de toute fourniture de chevaux ; il est vrai qu’ils en furent indemnisés, au moins dans une certaine mesure, par une somme de 8 livres. Ce prix une fois payé, les moines restèrent possesseurs définitifs de l’église de Poilley, dont ils firent une dépendance de leur prieuré de Villamée. Cette dernière convention fut conclue au temps où l’abbé Thierri gouvernait le monastère du Mont Saint-Michel,  c’est-à-dire de 1031 à 1033, et elle se fit en présence de plusieurs grands personnages qui ont souscrit la charte où elle est rapportée, entre autres Alain, comte de Rennes, duc de Bretagne, Eudon, son frère, Guérin, évêque de Rennes, Ginguené, archevêque de Dol, etc.( Dom Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne, I, 367). Vers la même époque, un autre chevalier nommé Renouf donna également à l’abbaye du Mont Saint-Michel trois acres de terre situées près de la fontaine d’Orguen, en cette même paroisse de Poilley. Il fit ce don à condition que lui, ses fils, ses petits-fils et ses neveux, qui acquiescèrent à  sa donation, ainsi que les successeurs, seraient admis à la participation des prières et des bonnes œuvres du monastère, et que de plus, lorsqu’il leur plairait, aux uns et aux autres, de venir en pèlerinage au Mont, les religieux seraient tenus de les y recevoir une fois chaque année et de les traiter comme des frères, leur fournissant gratuitement la nourriture commune (Cartulaire Montis Sancti Michaelis, 75). Un peu plus tard, en 1050, Main, évêque de Rennes, confirma les Bénédictins du Mont Saint-Michel dans la possession de l’église de Poilley. Mais ce ne fut pas sans quelques difficultés. La charte elle-même du prélat en fait loi, en disant que les religieux rachetèrent, « redemerunt », leur église par l’entremise d’un de leurs frères, nommé Hernaud, qui agissait au nom de sa communauté, pour le prix de 20 sous, monnaie du Mans, et la remise d’un cheval bai, bon marcheur. Main fit en même temps, avec l’assentiment de son clergé, à l’abbaye du Mont Saint-Michel la cession de tous ses droits sur l’église de Poilley et l’autorisa à la posséder à tout jamais comme l’avait possédée originairement l’église cathédrale de Rennes. Cet acte fut signé vraisemblablement au château de Fougères ; au moment de la signature, Adelaïde, dame de Fougères, ayant apporté dans ses bras son fils Juthal, l’enfant, effrayé sans doute de l’assistance, qui était fort nombreuse, se mit à crier, et le moine Hernaud l’apaisa en lui donnant 12 deniers (Dom Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne, I,398). La donation de Poilley au Mont Saint-Michel fut confirmée par le pape Alexandre III en 1179 et par les évêques de Rennes Etienne en 1164 et Philippe en 1184. Le 1er  janvier 1168, Robert de Thorigny, abbé du Mont Saint-Michel, ayant appris que Philippe de Poilley, chanoine du Mont, renonçait à la jouissance de l’église de Poilley, confia cette église à titre d’aumône à un clerc nommé Aubert. Il fut toutefois convenu qu’Aubert paierait chaque année, à la Saint-Michel, soit à l’abbé du Mont, soit au prieur de Villamée, la somme de 50 sols, monnaie d’Angers ; il devrait, de plus, satisfaire aux exigences de l’évêque et de l’archidiacre. Aubert jura sur les Saints Evangiles, dans la salle du Chapitre du Mont Saint-Michel, d’accomplir fidèlement ses engagements (chronique de Robert de Thorigny, II, 288 et 317). Malgré tous ces faits, constatant la légitime possession de l’église de Poilley par les religieux du Mont Saint-Michel,  un seigneur nommé Guillaume L’Epine voulut, à la fin du XIIème siècle, leur disputer la présentation du recteur ; mais cette tentative n’aboutit point, et Guillaume L’Epine fut de lui-même obligé de  renoncer en 1199 à ses prétentions sur la nomination des prêtres de Saint-Martin de Poilley (Dom Morice, Preuves de l’histoire de Bretagnne, I, 773). Le recteur de Poilley, présenté jusqu’à la Révolution par les moines du Mont Saint-Michel, déclara en 1790 qu’il jouissait du  presbytère avec son jardin, de quatre pièces de terre contenant 5 journaux, du tiers des grosses dîmes, de la totalité des dîmes vertes et de quelques dîmes novales ; il estimait le tout 1800 livres de rente. Mais la municipalité de Poilley prétendait que la cure ne valait que 1567 livres. A cette même époque, le prieur de Villamée cueillait le reste des dîmes de Poilley et la fabrique de cette dernière paroisse jouissait de terres appelées les Aumônes, affermées 253 livres, de 96 livres pour les trépassés, 36 livres pour les pauvres, etc. (Archives départementales d’Ille-et-vilaine, 1 V, 27)

La paroisse de Poilley, qui dépendait autrefois de l’ancien évêché de Rennes, est encore appelée parfois Poilley-le-Léonnais, à cause du prénom de Léonèse ou Léonnais porté au XIIème siècle et au XIIIème siècle par plusieurs seigneurs de Poilley.

Le château de Poilley est le manoir seigneurial de la paroisse. La seigneurie de Poilley, relevant de la baronnie de Fougères, est érigée en châtellenie en 1498, en baronnie en 1595 et en comté en 1636.  Cette seigneuriei exerce un droit de haute justice à Saint-Georges de Reintembault. Elle appartient aux seigneurs de Poilley en 1096 et passe par alliance, semble-t-il, à l afin du XIIème sièce, aux Léonèse ou le Léonnais qui prirent le nom de Poilley. Vers 1660, le domaine des Poilley passe par alliance entre les mains de la famille Princey. Le château est conservé par la famille Princey jusqu’en 1889. Le cimetière de Poilley est transféré entre 1906 et 1910.

On rencontre les appellations suivantes : Pollei (au Xème siècle), Poleium (au XIème siècle), Poilleium (au XIIème siècle), Poilleyum(en 1516) [/color]




PATRIMOINE DE POILLEY



L’église Saint-Martin (XVIème siècle). L’église primitive avait été confiée dès l’an 1000 aux bénédictins du Mont-Saint-Michel. Dédiée à Saint-Martin de Tours dès le XIIème siècle. L’église de Poilley présentait naguère encore les trois absides romanes de sa construction primitive ; l’abside principale, voûtée en pierre, conservait ses fenêtres étroites et allongées rappelant le XIème siècle et ne manquait surtout point d’intérêt. Une grande arcade séparant le chanceau des nefs supportait une bâtière dans laquelle étaient placées les cloches. Quant aux nefs, que séparent des colonnes octogones, elles sont construites en pierres de grand appareil et remontent au  XVIème siècle, comme le prouvent les dates 1562, 1573  et 1577 gravées sur les sablières et sur un pillier. Depuis 1860 tout le haut de cette église a été reconstruit ; on a bâti un nouveau chœur de style roman, et à la place de l’abside septentrionale on a elevé une assez jolie tour de même style, avec flèche en pierre et clochetons. A l’intérieur de cette église existe un banc de pierre continu tout autour des nefs :M. Maupillé (Notices historique sur les paroisses du canton de Louvigné-du-Désert, 110) se demandait si c’était jadis le banc des pauvres, nous croyons plutôt que c’était le banc des infirmes, alors que l’habitude de s’asseoir dans l’église n’existait pas encore. Le baron de Fougères était seigneur supérieur, mais le comte de Poilley était seigneur fondateur et prééminencier de l’église de Poilley : on y voyait ses armes sur les écussons aujourd’hui effacés qui surmontent les portes et sur une lisère dont quelques vestiges apparaissent encore. Dans le chœur étaient aussi son banc et son enfeu, et l’on y inhuma en 1647 Magdeleine de Péricard, dont la fille Louise avait épousé le comte de Poilley. En 1659, le recteur et le seigneur de Poilley sollicitèrent les Dominicains de Bonne-Nouvelle de venir ériger en leur église la confrérie du Rosaire ; elle dut l’’être peu de temps après, et elle avait en 1790 seulement 22 livres de rente (Pouillé de Rennes). Quant la confrérie du Saint-Sacrement, érigée en 1731, elle jouissait en 1790 d’un revenu de 32 livres (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 H, 5 et 1 V,27). Le clocher date de 1870-1872. L’église se composait jusqu’en 1860 d’une nef avec deux collatéraux (XVIème siècle) et de trois absides romanes. L’église est réaménagée en 1895 et 1910. La nef est séparée des bas côtés par quatre arcades qui reposent sur des piliers octogonaux. L’église conserve quelques pierres tombales.



L'église primitive est confiée dès l'an mille aux bénédictins du Mont-Saint-Michel. L'édifice roman est en grande partie reconstruit au cours de la seconde moitié du XVIe siècle par un atelier parfois dénommé « atelier de Poilley », qui abandonne les complications du gothique flamboyant et revient à des formes très sobres. Il se distingue par la taille et la précision de l'agencement. Le clocher conçu par l'abbé Brune est élevé entre 1870 et 1872, et le campanile, le pignon ainsi que les trois absides romanes sont détruits à cette époque. La voûte du nouveau chœur, érigé sur les plans de l'abbé Courtel, joint celle de la nef en 1895. Deux fenêtres supplémentaires sont percées en 1910.




PORTE SUD - Cette porte, ainsi qu'une fenêtre, du XVe siècle ont été intégrées au mur sud de la nef.




SAINT-PIERRE-  L'apôtre Pierre, premier évêque de Rome et fondateur de l'Église romaine avec saint Paul, est mort martyr, crucifié la tête en bas, en 64 ou 67. Cette statue le représente vêtu à la romaine, sans attributs ecclésiastiques ou pontificaux, mais muni des deux clefs du ciel et du paradis.




JESUS A L’ATELIER DE JOSEPH -  Le mobilier est renouvelé au XIXe siècle dans le style néo-classique. La chaire et le maître-autel sont enlevés en 1965. Ce tableau est attribué au peintre Henri Scheffer, artiste religieux particulièrement productif après 1828. Le thème de Jésus à l'atelier de Joseph évoque souvent, au début du XIXe siècle, celui de la Croix. Aussi le regard de l'Enfant était-il tourné vers la croix qui surmontait le tabernacle.




VAISSELLE LITURGIQUE -  Le ciboire, destiné à la conservation des hosties consacrées, et les burettes, petits vases contenant l'eau et le vin qui seront utilisés pendant la messe, sont l'œuvre de l'orfèvre parisien J. A. Loque, le ciboire étant daté de 1797. Le calice, récipient qui contient le vin au moment de sa consécration, est réalisé par J. P. A. Dejean en 1850.




ENCLOS PAROISSIAL  -  L'enclos paroissial occupe primitivement une surface importante autour de l'église et englobe le cimetière jusqu'au début du XXe siècle. Réduit pour assurer une meilleure circulation, il est reconstruit en 1920 et en 1999.




La croix des aumônes  (XVIIème siècle) Cette croix située près du bourg est érigée sur le lieu où, à l'occasion de fêtes religieuses, des offrandes étaient destinées aux pauvres de la paroisse. La procession de la fête des rogations s'y est déroulée jusqu'en 1998






La croix du Demeau ou de la Boutriais (XVIème siècle) Située à un carrefour, cette croix évoque par son nom une mesure de céréales locale : le demia. Il s'agit d'un panier en bois circulaire, soutenu par un cerclage en forme de croix. Plusieurs modèles différents sont utilisés jusqu'au début du XXe siècle dans le département.







Le château de Poilley (1450). Il s’agit d’une ancienne place forte des Marches de Bretagne remontant au XVIIIème siècle. Ce château est reconstruit au XVIIème siècle. Il ne reste plus qu’une seule de ses quatre tours. On y trouve une chapelle dédiée à Sainte-Marguerite et fondée en 1450 par Jean 1er de Poilley : une de ses portes est datée de 1607. La première chapelle du château de Poilley, dédiée à Sainte Marguerite et à Saint Jean, remontait à Jean, sire de Poilley, et à Jeanne de Tilly, sa femme, vivant en 1450. La chapelle actuelle, construite dans une des tours du château et ornée d’une fenêtre ogivale, présente une porte en arc d’accolade surmontée de la date 1607. Elle avait été fondée par les sires de Poilley de trois messes par semaine, les dimanches, mercredis et vendredis ; et le chapelain Pierre Garnier en étant décédé, Louis-Henry comte de Poilley présenta en 1711 Guillaume Caniou pour le remplacer (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 10 G, 5 et Pouilllé de Rennes). Le château possédait autrefois une motte et une fuie. Propriété des seigneurs de Poilley en 1096, puis, par alliance, de la famille Léonèse ou le Léonnais ( à la fin du XIIème siècle) qui prit le nom de Poilley. Le château passe ensuite entre les mains de la famille du Bourgblanc seigneurs d’Apreville en 1739, puis de la famille Princey vers 1758.







PONT-LEVIS : Érigé sur une motte féodale, le manoir seigneurial est longtemps resté habité par l'importante famille du même nom, qui l'a presque entièrement reconstruit au début du XVIIe siècle. L'essentiel des bâtiments subsistants est de cette époque. Une pierre de la chapelle, située à l'intérieur de la seule des quatre tours encore visible, porte la date de 1607. Cette chapelle dédiée à sainte Marguerite avait été fondée en 1450 par Jean Ier de Poilley. L'ensemble, qui s'organise autour d'une cour fermée, est composé d'un bâtiment principal avec de larges croisées, modillons et frontons Renaissance. L'accès à la cour se fait par le pont-levis à l'ouest, le petit châtelet abritant une chambre de garde. Cet édifice est muni de meurtrières et de deux rainures, entre lesquelles trois écussons, sommés d'un heaume de face, sont martelés et usés par les intempéries. Au sud, le château possédait en outre des terrasses bordées de balustres, un escalier en fer à cheval et un bassin de granit désormais installé dans le jardin municipal de Fougères. Le parc était entouré de murs, dont il ne reste que quelques pans. Le château est transformé en exploitation agricole au début du XIXe siècle.




Le manoir de la Grande-Boutriais ou Boutriais  (XV-XVIIème siècle). On y trouve les armoiries de Jehan de Servaude. Propriété successive des familles de la Fontaine (en 1399), de Jeanne Labbé dame du haut-châtellier veuve de Colin le Batteur (en 1430), le Batteur ou Bateur (en 1445), Léziart (en 1513), de Servaude seigneurs du Plessis (vers 1539), de la Valette seigneurs du Boismellet (vers 1602), Hardy seigneurs du Plessis-Hardy (en 1620), Benoît seigneurs des Vente (en 1680), de Françoise Lesné dame de Touchamps et douairière de Poilley (au début du XVIIIème siècle), du comte de Poilley son fils, et de la famille Lesné seigneurs de Torchamps (en 1739)




Au sud, les murs extérieurs se caractérisent par la mise en œuvre d'un appareillage de granit soigné, avec double harpage d'angle. La porte d'entrée, signée des armoiries de Jehan de Servaude et datée de 1540, est dotée d'un double rouleau. Cette demeure se singularise par le couronnement des cheminées modillonnées et par des toits partiellement en tuiles, matériau courant dans le nord-est du département. À l'est, une chambre à mi-étage est chauffée par une cheminée à hotte carrée, qui a conservé son décor constitué d'un badigeon ocre jaune et d'un faux appareil blanc. Le plafond est à poutres et solives moulurées. Le fonds d'archives de La Boutriais, conservé aux archives départementales, rassemble des aveux du domaine rendus par les seigneurs successifs de 1399 jusqu'à 1739 à leur vassal, le seigneur de Poilley. En 1680, les terres s'étendent sur 35 journaux, soit 17 hectares. La maison était protégée par un bois de haute futaie et entourée de vergers d'arbres à cidre, d'un courtil à chanvre et d'un jardin à herbes ou potager.




CHEMINEE DU MANOIR -  Le logis primitif, situé à l'est, conserve quelques éléments du XVe siècle : une cheminée à hotte pyramidale et des baies de taille réduite délardées en cavet. Il semble construit par G. de La Fontaine, comme en témoigne le premier aveu connu de 1399.




ESCALIER A VIS  -  Le manoir est implanté sur le flanc d'un escarpement assez marqué. La cour était autrefois close, et les deux corps de bâtiment sont articulés autour d'une tour d'escalier circulaire en pierre et de quelques remises, boulangerie, pressoir, écurie. De nombreuses meurtrières confirment l'aspect défensif de ces édifices élevés durant les guerres de la Ligue.




La maison du languet (XV-XVIIème siècle), propriété de la famille Gruel-Fayer




[color:23cd= #ff6633]Les Gruel-Fayer, producteurs de semences et de graines de notoriété nationale et internationale, ont séjourné dans cette maison.




La mairie (XVIème siècle) , agrandie en 1837 Ce bâtiment est celui de l'ancien presbytère, dont il a conservé l'implantation dans un grand jardin entouré d'un mur. Une porte ronde et une cheminée datent de la première maison, construite au XVIe siècle. Celle-ci, qui comportait une cave voûtée, est agrandie en 1837.








CHEMINEE DE LA MAIRIE - Des cheminées monumentales similaires existent dans plusieurs maisons de la commune. Disposée dans un coin, la pierre à feu servait autrefois de réchauffe-plat.




La maison de l’évêché (XVIIème siècle) – Malgré son nom, cette maison n'a jamais reçu d'évêque. Il ne s'agit pas non plus d'un ancien presbytère, mais le calice qui figure sur un manteau de cheminée indique que cette habitation a probablement servi de logement à des prêtres.









ESCALIER - La qualité du travail maçonné nécessité pour la construction de cet escalier en colimaçon laisse supposer le rang du commanditaire.




FENÊTRE  -   Les bancs sont intégrés dans la maçonnerie afin qu'il soit possible de lire et de travailler à la lumière du jour.




La fontaine-lavoir  (XVIIème siècle), située au lieu-dit Galpy



La fontaine et son lavoir permettaient aux habitants du « bas du bourg » de s'approvisionner en eau et d'assurer le lavage du linge. La fontaine est murée par de grosses pierres posées les unes sur les autres selon un plan circulaire. Une autre fontaine et un lavoir sont également implantés à l'autre extrémité du bourg. Ces équipements communaux ont évité de nombreux conflits entre les habitants, souvent très pointilleux pour ce qui est de l'approvisionnement en eau




La longère (XVIIème siècle), située à la Pierre-à-l’Ane




Le grand village de La Pierre-à-l'Âne est doté de belles demeures. Celle-ci, qui témoigne de l'activité agricole, est constituée d'une maison d'habitation jouxtée d'une étable et d'une écurie.





Le four à pain  (XVIIIème siècle), situé au lieu-dit La Frolais




Bâtiment courant sur le territoire de la commune et dans le canton, le four est destiné à la cuisson du pain des habitants du village. Tous les fours de la commune sont privés. Celui-ci, accolé au fournil, était réservé à l'usage d'une ferme, mais il pouvait être utilisé pour les fêtes du village.




Le puits (XVIIIème siècle) , situé au lieu-dit La Frilouze. L'entourage supérieur du puits est constitué d'une seule pierre, et la couverture en ardoises est courante dans la région.







PRESSOIR A CIDRE  -  La maie du pressoir à cidre est réalisée en un seul bloc de granit, alors que cet élément est habituellement en bois. Cet exemple est unique dans le canton. Dans cette région productrice de pommes, la production de cidre a été importante, tant pour la consommation courante que pour la commercialisation vers les villes et notamment Fougères. Le cidre n'est plus fabriqué sur place, mais les pommes sont toujours destinées à sa fabrication.








Puits à moellon  – La Frolais - Cette construction est de type maçonnerie en moellons. Quelques puits mitoyens sont érigés dans le bourg même avec des maçonneries du même genre. Ces puits sont privés, et il n'existe pas de puits communaux à Poilley.







Ancienne poste  -  Cette maison est construite par l'instituteur Jean-Marie Dardenne, qui devient maire en 1891. Alliant le granit bleu des ouvertures et le granit gris de la maçonnerie, cette construction est caractéristique des maisons de qualité et de caractère de la fin du XIXe siècle.







Maison avec habitation et étable -  L'escalier en pierre assure l'accès à la maison d'habitation, tandis que l'entrée de l'étable est ménagée en dessous. Cette superposition favorise le chauffage de l'habitat par la chaleur animale pendant l'hiver.







Maison roc   -   Cette petite maison édifiée en face de l'église est entièrement construite sur un rocher, d'où son nom. L'escalier d'entrée lui-même est taillé dans ce roc.







Colonne de pompe à eau   -   Ce type de pompe est unique dans la région. La colonne en granit d'un seul bloc, qui soutient le mécanisme de pompage, est fixée sur un puits. Cette pompe a été installée par un propriétaire au moment de la construction de la maison principale aujourd'hui détruite.







Corps d’habitation d’une exploitation agricole - Le Tertre - Cette maison, construite par les arrière-grands-parents des occupants actuels, est le corps d'habitation d'une exploitation agricole. Elle occupe une position centrale par rapport aux bâtiments d'exploitation implantés de chaque côté, la grange à droite et l'étable à gauche. Le jardin d'agrément conserve un tour de piles servant à la fabrication du cidre.








Tombe de l’abbé Tessier – cimetière de Poilley -  La commune doit à René Pierre Tessier, surnommé le « curé bâtisseur », recteur de la paroisse de 1854 à 1879, plusieurs grands chantiers. Il décide en effet la reconstruction du clocher et en organise les travaux. Il est en outre à l'origine de l'édification de tous les bâtiments qui ont abrité des écoles. En 1858, la première école de filles qu'il a fait construire avec ses propres biens est acquise par la commune qui en fait l'école communale de filles. C'est d'autre part à son initiative que la commune entreprend la construction de la mairie-école en 1862. Cet édifice a abrité l'école communale de garçons jusqu'en 1920 et la mairie jusqu'en 1988. Enfin, l'école privée est réalisée avec l'argent de sa succession.





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MessageSujet: Re: CANTON DE LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT   Jeu 26 Mar - 8:19

SANT-JORD-RESTEMBAOD - SAINT-GEORGES-DE-REINTEMBAULT




Saint-Georges-de-Reintembault vient de restembault, seigneur et fondateur de la paroisse. Saint-Georges, prince de Cappadoce, est martyrisé au IIIème siècle sous dioclétien.

Un seigneur nommé Restenbault (ou Restembault),dont le fils Garnier fut un des bienfaiteurs du Mont Saint-Michel, semble-t-il, dans la première moitiè du XIème siècle, le fondateur de la paroisse qui conserve son nom. Dès le siècle suivant il est, en effet, mention dans les chartes de Savigné de cette paroisse, « parrochia Sancti Georgii de Restenbaut », dont Herbert était recteur vers 1140 (M. Maupillé, notices historiques sur les paroisses du canton de Louvigné-du-Désert, p.116). L’évêque de Rennes était gros décimateur à Saint-Georges et y affermait en 1790 ses dîmes 9200 livres ; il y possédait même au bourg deux maisons, mentionnée en 682, et appelées l’Aumône et la Forge. Quant au recteur de Saint-Georges, nommé par l’ordiinaire, il fit la déclaration suivante de ses bien en 1790 : un presbytère et trois jardins, estimés 40 livres de rente ; - pourpris et réserve, valant 104 livrs ; - toutes les dîmes vertes, affermées 1100 livres ; - dîmes novales, 60 livres ; - dîmes de cochons delait et d’agneaux, 6 livres – total du revenu : 1310 livres. Sur cette somme il devait payer : la pension d’un vicaire , 350 livres (l’autre vicaire recevait sa pension du décimateur) : - les décimes, 34 llivres ; - l’entretien du presbytère, 100 livres – Total des charges : 484 livres. De sorte qu’il lui restait un revenu net de 826 livres (Pouillé de Rennes). A la même époque, la fabrique de Saint-Georges n’avait que 35 livres de revenu (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1V,27).

L’agglomération s’est développée à partir du lieu-dit Ardennes (fief du seigneur du même nom) et le manoir seigneurial se nomme Ardennnes. Sous l’Ancien Régime, le territoire relève des seigneuries d’Ardennes, des Basses-Moulines et du Plessis-aux-Bretons.

La maison seigneuriale de la paroisse de Saint-Georges-de-Reintembault était jadis le château d’Ardennes. C’était une châtellenie d’ancienneté, relevant du roi, et érigée en marquisat en 1642 sous le nom de Romilley. Elle exerçait à la Bazouge-du-Désert un droit de haute justice et constituait le gage féodé de la sergenterie de Saint-Georges, démenbrée de celle de Louvigné-du-Désert. Propriété des seigneurs d’Ardennes en 1150 et en 1351.

On rencontre les appellations suivantes : Sanctus Georgius de Restenbaut (au XIIème siècle), Saint-Georges-de-Restambault (en 1476), Sanctus Georgius Reintembani (en 1516), Saint-Georges-de Reinthembault (au XVIIème siècle)





PATRIMOINE DE SAINT-GEORGES-DE-REINTEMBAULT



L’église Saint-Georges (1870-1875), œuvre des architectes Arthur Regnault et Aristide Tourneux. Cette église remplace l’ancienne église romane détruite en 1869 et qui occupait l’emplacement du calvaire actuel au milieu du bourg. Dédiée à Saint Georges, martyr, l’ancienne église de cette paroisse conservait quelques parties romanes du XIème ou XIIème siècle. Le mur du Nord de la nef et la façade occidentale remontaient à cette époque ; cette façade était soutenue par des contreforts plats, et au-dessus de la grande porte s’ouvrait une petite baie placée au sommet du fronton. A cette antique nef fut, au XVIème siècle, ajouté un collatéral communiquant avec elle par trois arcades cintrées. Enfin, on accola à l’édifice une petite tour portant cette inscription : Annus turris, 1677, N.Larcher. Le marquis de Romilley était seigneur fondateur et pééminencier de Saint-Georges à cause de sa terre de Moulines, mais le baron de Fougères en était le seigneur supérieur. Ce marquis avait, en outre, à cause de sa terre d’Ardennes, une chapelle prohibitive dans cette église. Outre cette chapelle d’Ardennes, - bâtie à côté du chœur, fondée d’une messe par semaine et dotée de 140 livres de rente en 1790, - on voyait en 1781 en l’église de Saint-Georges celles de Sainte-Anne et de Saint-Nicolas, et les autels du Saint-Esprit et du Rosaire. Ceux-ci indiquaient l’existence des deux confrérie de mêmes noms ; une troisième, celle du Saint-Sacrement, avait également été fondée en cette église par Noël Larcher, recteur, le 13 mars 1688. Il ne subsiste rien de ce vieux temple, qui se trouvait au milieu du bourg, là ou s’élève aujourd’hui un joli calvaire en granit sculpté par M. Hernot. L’église actuelle est un édifice ogival à trois nefs contruit vers 1869 (Pouillé de Rennes). Le mur nord de la nef et le pignon ouest de l’ancienne église étaient romans. Le chevet était droit et sans ouverture. Le collatéral nord avait été rajouté au XVIème siècle. L’ancienne église renfermait trois chapelles, dont la chapelle prohibitive des seigneurs d’Ardennes au nord du chœur, avec une litre et un enfeu. Les seigneurs du Plessis-aux-Bretons et des Basses-Moulines avaient également jadis des enfeus dans l’église. La nef et le portail de l’église actuelle datent de 1870. Le transept et le chœur datent de 1872. Le clocher date de 1885. Les fonts baptismaux datent du XVIème siècle.




Cette église remplace l'ancienne église romane située sur la place du Centre. La nef est construite en 1870, et le transept et le chœur sont élevés en 1872 sur les plans d'Aristide Tourneux. Le clocher, dessiné par Arthur Regnault, est ajouté en 1885. Un des vitraux représente le bienheureux père Maunoir, et le Christ sculpté dans le bois à droite du chœur est l'œuvre d'un « patou », ou gardien de bêtes, âgé de 14 ans, qui travaillait dans les champs de La Cadorais.




FONTS BAPTISMAUX : Ces fonts, sur lesquels le père Maunoir a été baptisé en 1606, sont transférés après 1869 dans la nouvelle église. Une des deux cuves est réservée à la conservation de l'eau baptismale, et l'autre est utilisée pour le baptême proprement dit.




PORTAIL : La paroisse est dédiée depuis ses origines à saint Georges, dont la légende rapporte que, natif de Cappadoce, il a été officier dans l'armée romaine et martyr au IVe siècle. Aussi ce tympan lui est-il dédié. Saint Georges y terrasse le dragon ; cet emblème est fréquent dans la commune.





La chapelle Julien-Maunoir (XVIIème siècle). Il s’agit de la maison natale de Julien Maunoir (1602-1683) qui a été transformé en chapelle en 1662.



Le bienheureux Julien Maunoir (1606-1683) est né dans cette maison, aménagée en chapelle depuis 1662. Le frère jésuite, qui a prononcé ses premiers vœux en 1627, est nommé enseignant au collège de Quimper en 1630. L'année suivante, il apprend le breton afin de faire le catéchisme et de prêcher dans cette langue. Il est envoyé à Tours (Indre) en 1633, et accède au sacerdoce en 1637. À partir de l'année suivante, il est au collège de Nevers (Nièvre), puis retourne à Quimper en 1640. Dès lors, il se consacre aux missions et retraites dans toute la basse et la haute Bretagne. Auteur de cantiques, de biographies et d'ouvrages de spiritualité, il est réputé pour sa sainteté, et son tombeau, dans l'église de Plévin (Côtes-d'Armor), devient un lieu de pèlerinage. Le procès en béatification, demandé en 1697, est plaidé à partir de 1714. La cause est défendue en 1869 auprès du Saint-Siège, qui la retient en 1875. La béatification est prononcée en 1951. La croix qui domine une des portes de la chapelle se dresse sur le socle de celle qui a été renversée en 1860. L'autel provient de l'ancienne église




La croix (XVème siècle), située au lieu-dit Les Hôtelières




Cette croix est située à l'angle du sentier qui vient du manoir d'Ardennes et de la ferme des Hôtelières. Le manoir de La Chapelle est aussi desservi par ce chemin. La croix est sculptée et comporte plusieurs inscriptions, dont celle de « Lebouc », propriétaire de l'ancien manoir de Monthalay en 1415.



La croix (1830), située au lieu-dit La Cadorais. Cette croix marque, semble-t-il, le lieu où une troupe royaliste massacra en 1795 sept cultivateurs qui refusaient de leur servir de guides.



Cette croix commémorative marque le lieu où une troupe royaliste a massacré, en 1795, sept cultivateurs qui refusaient de lui servir de guide. Aussi est-elle dédiée « aux victimes du 5 juillet 1795 ».




Le calvaire de mission ( 1885-1886), situé à la Renarie et œuvre des sculpteurs Hernot de Lannion.



Érigé lors d'une mission, ce calvaire est constitué d'une croix sculptée, flanquée des statues de la Vierge et de saint Jean. Le fût de la croix est orné d'un ruban qui comporte une inscription en latin. Durant tout le XIXe siècle, les missions sont organisées pour rechristianiser la France et restaurer l'hégémonie de l'Église mise à mal par la Révolution. Ce mouvement se poursuit jusque dans le courant du XXe siècle.


[b] Le manoir de la Morinais (XVIIème siècle), situé route de Hamelin. Il conserve une tourelle ronde





Cet ancien manoir a conservé une tour autrefois couverte en lauzes. La mise en ordre de la pierre est soignée, et plusieurs appuis et linteaux d'ouverture sont ouvragés.




FENÊTRES - Cette ouverture conserve sa grille, destinée à protéger le bâtiment en l'absence de volets. Elle est surmontée d'un arc, dont l'accolade constituée d'une moulure saillante enferme une fleur de lis.




Le manoir des Touches (XVIIème siècle), situé route de Saint-Martin-de-Landelle. Propriété de la famille de la Chapelle, puis de la famille de Romilley en 1513.





Cet ensemble est doté d'un appareillage soigné et de détails ornementaux, tels un linteau en accolade et un appui mouluré. Le nom de « Touches » est dérivé du bas latin et de « toche », qui signifie « bosquet ». Le manoir est en effet situé à proximité du « bouquet de bois de la chapelle de Monthault ».




La maison (XVIIème siècle) située au lieu-dit La Sauvagerie




L'appui de fenêtre sculpté à l'étage fait partie du type d'ornementation privilégié au XVIIe siècle pour les façades, avec les portes en plein cintre ou en ogive, et les linteaux gravés à rouleaux ou biaisés





La maison (XVIIème siècle), située au lieu-dit Haute-Champagne




Cette maison a subi des travaux de maçonnerie afin d'être rehaussée. Ainsi la partie du mur qui s'élève sous le toit se distingue-t-elle par la taille de ses pierres.




La maison (XVIIème siècle), située au lieu-dit Champagne




La façade de cette maison n'a fait l'objet d'aucune modification depuis sa construction. Harmonieuse et bien proportionnée, elle conserve donc sa corniche moulurée sur toute la longueur, ses appuis de fenêtre décorés, ainsi que sa porte en plein cintre. Les souches de cheminée sont travaillées.





La longère (XVIIIème siècle), située au lieu-dit La Grande-Beaudouinais




La façade ouvragée est ouverte de deux portes à double cintre et de petites fenêtres entourées de pierres taillées. Cette longère fait partie d'un ensemble de trois constructions de qualité.




Le puits (XVIIème siècle), situé au lieu-dit Le Champ-Pottier




Ce puits privé est disposé en biais par rapport à la façade de la maison, peut-être pour en faciliter l'accès. Cette construction entièrement fermée assure la protection de l'eau contre tout ce qui pourrait altérer sa qualité. L'appareillage de qualité signale des propriétaires aisés




Le puits (XIXème siècle), situé place de la République




Ce puits, situé dans une ruelle pavée à l'arrière d'une maison, servait à plusieurs familles de ce quartier du bourg. De forme carrée, il est maçonné en granit à hauteur d'homme.




Fronton de la mairie - Le balcon est contemporain de la construction de la nouvelle mairie. De facture moderne, il est à l'effigie de saint Georges terrassant le dragon. Il reprend le même motif iconographique que celui du fronton de l'église, inspiré quant à lui par un registre classique.








Bannière – fronton de la mairie - L'une des bannières est celle de l'harmonie locale, baptisée « La Fraternelle ». Elle reproduit ce nom en broderie, ainsi que les attributs de cette formation, deux trompettes et un cor, auxquels sont associés des feuillages de laurier et de chêne en signe de gloire et de pérennité. La seconde bannière appartient à la Société de secours mutuel des ouvriers de Saint-Georges, fondée le 1er janvier 1869.








Porte – La Gilberdais : Ce type de porte ogivale est assez rare dans le canton. L'arc brisé est composé de claveaux disposés sur un cintre provisoire en bois au moment de la construction. Cette structure en bois est ensuite démontée.







Linteau de porte – Le Bas-Verger : Ce linteau bouchardé porte une inscription mentionnant le nom du propriétaire M. G. Chauvel. Ce type de linteau, très courant en Bretagne, permet d'identifier les occupants de la maison et indique souvent leur statut.









Ancien moulin de Colas (XVIème siècle) - Ce moulin, alimenté par le ruisseau qui longe « Le Chemin » et « Brillant », desservait vraisemblablement le château d'Ardennes situé en amont. Un projet de remise en état d'origine est lancé avec le concours de spécialistes pour cet édifice qui se trouve désormais dans un parc aménagé.






La maison Place du Marché : Cette grande maison de bourg abrite, depuis sa construction, un commerce sur une partie du rez-de- chaussée. Elle présente en outre la particularité de comporter deux cheminées dites « à chapeau de gendarme ».







Fusils a baïonnette - fronton de la mairie : Quatre fusils, dont deux ont encore leur baïonnette, sont conservés parmi les 18 retrouvés lors de la rénovation de la mairie.







Casques de pompier – centre de secours : Les sapeurs-pompiers bénévoles de Saint-Georges conservent une collection de casques de 1859 à nos jours. Certains d'entre eux ne sont pas sans rappeler ceux de la garde républicaine. Le centre abrite en outre une pompe à bras des années 1900, qui porte le nom du maire de l'époque. Au cours de ces années, les maires sont MM. Lucas, puis Dubois.




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MessageSujet: Re: CANTON DE LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT   Jeu 26 Mar - 23:10

GWILAWEZ  - VILLAMÉE




Villamée dérive de « villa Armou » (maison de campagne), francisé en Villamer, puis Villamée.

Villamée doit son origine à une ville gallo-romaine. Le nom de Villamée est dérivé de celui de Ville-Amois, dont la dernière partie désigne un fief donné à l’abbaye du Mont Saint-Michel, en 990, par le duc de Bretagne, Conan II (Conan le Tort, comte de Rennes). L’abbaye y élève alors une église et y construit un prieuré. C’est à l’abbaye du Mont Saint-Michel qu’il faut attribuer vraisemblablement l’origine de la paroisse.

En 1050, l’évêque de Rennes, Méen ou Main, possède sur l’église de Villamée des droits qu’il cède aux moines du Mont Saint-Michel. Ces deux dates, 990 et 1050 fixent l’intervalle dans lequel naît la paroisse. Celle- ci est conservée par l’abbaye du Mont Saint-Michel jusqu’à la Révolution.

En 1574, un conseiller au Parlement de Bretagne, M. Harpin, achète le fief du Haut Pays, en villamée, qui avait été aussi donné aux moines par Conan II.

En 1790, le recteur, M. Gasté, déclara qu’il jouissait du presbytère et de son pourpris, estimés  100 livres de rente ; - d’une portion des grosses dîmes, valant 1350 livres. – et des dîmes novales, ne rapportant que 25 livres. Il avait donc un revenu brut total de 1475 livres. A la même époque, la fabrique de Villamée avait 48 livres de rente (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 27).

On rencontre les appellations suivantes : Villa Amois (en 990), ecclesia de Villamois (en1050), parochia Villamaris (au XIVème siècle), Villamers (en 1447).




PATRIMOINE DE VILLAMÉE



MAIRIE :   Construit pour l'école communale, ce bâtiment abrite désormais la mairie et la salle polyvalente. Il est typique des constructions réalisées dans la région au cours de la période 1850-1950, qui recourt à l'utilisation du granit bleu bouchardé du pays pour les angles et les encadrements de porte et de fenêtre.




L’église Saint-Martin (XV-XVI-XVIIème siècle). Elle est dédiée à Saint-Martin, évêque de Tours. L’église primitive de Villamée est édifiée à la fi du Xème siècle par des moines du Mont Saint-Michel. L’église est reconstruite au XVème siècle : elle se compose d’une nef du XV-XVIème siècle avec une chapelle au nord. On voyant en 1680 dans la chapelle nord l’enfeu des seigneurs des Coudrays. Les bénitiers datent du XVIème siècle. La sacristie date de 1856. Le retable du maître-autel, œuvre de Jean Blanchard, date de 1809 et abrite la statue du Christ entouré de Saint-Martin et de Saint Laurent. Le porche, muni de bancs, date du XVIème siècle. On voit au sud-ouest un reste de litre qui portait les armes des seigneurs de la Chesnaye en Parigné. Le seigneur de la Chesnaye se disait fondateur de l’église de Villamée, où il avait ses bancs, enfeu et lisière. On a trouvé en 1910, sur le mur sud de l’intérieur de l’église des peintures du XVIème siècle. L’église renferme plusieurs pierres tombales dont celle des seigneurs de Coudray qui avaient jadis (au XVème siècle) droit de banc, d’enfeu dans la chapelle Notre-Dame, située au nord de l’église de Villamée. Le portail de l’entrée du cimetière date du XVIème siècle. On a trouvé en 1910 sur le mur sud de l’intérieur de l’église des peintures du XVIème siècle qui n’existent plus.


Dédiée à saint Martin, l'église primitive de Villamée est construite par les moines du Mont-Saint-Michel dans les dernières années du Xe siècle. Elle reste leur propriété jusqu'à la Révolution. L'église romane, dont quelques fragments subsistent peut-être dans le mur sud, est fortement reprise au XVe siècle. De cette époque datent en effet le campanile à deux arceaux, dont les deux cloches sont suspendues dans une bâtière, la porte d'entrée et la charpente de la nef. Le XVIe siècle apporte à son tour plusieurs éléments, comme la gargouille, les deux bénitiers, et deux belles fenêtres sur la face sud. Une arcade en granit sépare la nef et le chœur. La petite sacristie, qui comporte une chantrerie à l'étage, est agrandie en 1856.




SAINT VICTOR : Cette statuette serait celle d'un ange baptisé saint Victor en hommage à un sacristain prénommé Victor.



RETABLE DU MAÎTRE AUTEL : Le retable du maître-autel est orné notamment d'attributs sacerdotaux sculptés dans la masse. Il est encadré des statues de saint Martin et de saint Laurent. Cet ensemble néo-classique d'esprit Louis XVI est réalisé par Jean Blanchard, de Parigné.




PORCHE : Ce porche en plein cintre mouluré s'élève face au clocher et à la grande porte de l'église. Orné dans le style flamboyant, il marque l'entrée de l'enclos paroissial, qui comprend la croix d'enclos du XVIIe siècle, le cimetière, l'église et le vieux prieuré.



VIERGE A L’ENFANT : À la demande de l'évêque de Rennes, de nombreuses statues sont enterrées en 1781. Cette Vierge à l'Enfant, disposée au centre de l'autel latéral, et la statue de saint Victor sont ainsi les seuls éléments de statuaire antérieurs à la fin du XVIIIe siècle qui subsistent dans l'église




GARGOUILLES : La gargouille, dont la fonction utilitaire s'apparente à celle d'une gouttière, est aussi chargée d'une signification symbolique. Ainsi son décor représente-t-il souvent des figures animales monstrueuses ou des démons. Ce type d'iconographie est destiné à mettre en garde le fidèle contre les forces du mal qui sont censées rôder à proximité immédiate d'un édifice sacré. Dans le même temps, il inscrit dans la pierre le vœu de rejeter le mal hors de l'église.  



Le prieuré Saint-Martin (XVIIème siècle), située à proximité de l’église Saint-Martin et jadis membre de l’abbaye du Mont Saint-Michel. En 990, Conan, comte de Rennes, donna à l’abbaye du  Mont Saint-Michel quatre villages nommés Ville-Amois, Passillé, Lislèle et Ville-perdue, avec toutes les terres qui en dépendaient, « Villam Amois et Villam Passilei et Villam Issel et Villam Perdutit » (Dom Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne,  I,  350). Conan, en faisant don de ces terres à l’abbaye, lui concéda en même temps tous les droits de juridiction sur leurs habitants, à raison des crimes ou délits qu’ils pourraient commettre eux-mêmes dans leur circonscription ; mais il réserva à sa justice ordinaire la connaissance des crimes et délits qui pourraient y être commis par des étrangers, comme aussi celle des crimes et délits commis par les homes des moines en dehors des limites de leur domaine (nota : en 1301,  le prieur de Villamée fit reconnaitre  par les seigneurs de Fougères son droit «  de pouvoir congnoistre des crimes dans l’estendue de la seigneurie du susdit prioré » - D. Le Roy, recherches sur le Mont Saint-Michel).

« Les religieux, en prenant possession des terres qu’ils devaient à la libéralité de Conan, y construisirent, pour les biens spirituels de leurs tenanciers, une église au lieu de Ville-Amois, dont elle emprunta le nom devenu plus tard Villamée. Cette église, ils la possédèrent pendant un demi-siècle dans toutes les conditions des autres églises, c’est-à-dire dans une complète dépedance de l’ordinaire, tant sous le rapport de la juridiction sous celui des redevances et autres devoirs. Mais en 1050 Main, pour l’évêque de Rennes, renonça en son nom et au nom de ses successeurs à tous les droits qu’il pouvait prétendre sur elle, ainsi que sur l’église de Poilley, et en fit l’abandon complet à l’abbaye du Mont Saint-Michel » M. Maupillé, Notices historiques sur le canton de Louvigné-du-Désert). Ce don de patronage des deux églises de Villamée et de Poilley fut confirmé en 1164 par Etienne, évêque de Rennes, et en 1184 par Philippe, son successeur.
Etienne fit cette confirmation très solennellement, le 30 septembre, dans le monastère de Sainte-Croix de Vitré ; il abandonna aux religieux du Mont Saint-Michel les deux églises en question, avec toutes leurs dépendances, et autorisa les moines à posséder toute espèce de bénéfices dans son diocèse. Raoul, archidiacre de Rennes, approuva cet acte. En 1179 le pape Alexandre III confirma, de son côté, le Mont Saint-Michel en possession de ces églises (Chroniques de Robert de Thorigny, abbé du Mont Saint-Michel, II,272 et 317). Les donations qui précèdent donnèrent naissance au prieuré de Villamée, dont l’église de Poilley devint une annexe. Les barons de Fougères approuvèrent volontiers toutes ces libéralités faites dans leur territoire à l’Abbaye du Mont Saint-Michel ; mais ils se réservèrent un droit de « mangier ô tous ses nécessaires pour eux et tous leurs gens, une fois l’an, pour un jour et une nuit, au prieuré de Villamer ».
lorsque les rois de France devinrent  seigneurs de Fougères, les religieux demandèrent à Philippe de Valois de renoncer à ce droit, et ce prince voulut bien y consentir en 1324 (Bibliothèque Nationale ms. lat.n°22357).

Vers la fin du XIVème siècle, le prieur de Villamée refusa d’admettre d’autres moines près de lui, ce qui irrita tellement le seigneur de Fougères qu’il fit saisir en 1397 le revenu de ce prieuré, «  tant pour la nourriture et entretien de deux religieux en iceluy prieuré, devant demeurer avec le prieur, que pour les réparations qui estoient necessités d’y estre faictes. Par là on peut juger, dit dom Le Roy, quels estoient les moines qui habitoient seuls es prieurés », et combien fut sage l’abbé Pierre Le Roy, qui a cette époque éteignit un grand nombre de ces « prieurés champêtres » pour obliger ses religieux à vivre régulièrement en communauté. En 1652, le domaine proche du prieuré de Villamée se composait de : la maison priorale,  avec cellier, étable, cour devant et jardin derrière, le tout situé près de l’église et le cimetière ; - la métairie du Prieuré, contenant environ 40 journaux de terre, avec ses maisons, granges, jardins, viviers, etc. ; - l’étant et le moulin de Villamée, auquel les vassaux étaient tenus de porter leurs grains ; - un petit vois de chênes, etc. Les moines possédaient, en outre, d’assez nombreux fiefs : en Villamée, les fiefs de la Touche, de la Bouvrie, de la Touraille, des Isabelles, de Lislèle, de la Charrière, de la Tréhonnais, des Coudrais, de Ville-Perdue, et le Fief-aux-Moines ; - en Poilley, le fief du Bourg : - en Parigné, le fief du Haut-Pays, de Dohin et des Bayettes (nota : une partie de ces fiefs avaient été aliénées au XVIème siècle, mais les prieurs en firent rentrer un bon nombre au siècle suivant). Le prieur de Villamée avait droit de haute, moyenne et basse justice dans toute l’étendue de ces fiefs ; - droit de cep et collier au bourg de Villamée ; - droit de mettre les délinquants aux prisons de Fougères, à raison de quel droit il devait à la cour de cette baronnie une rente de 7 livres appelée garde. Il avait, de plus, droit de terrage dans toutes les terres dépendant du prieuré, sauf dans le fief du bourg de Poilley, droit qui consistait dans la levée de la douzième gerbe de tous les grains recueillis chaque année ; - droit de corvée pour faucher et faner ses foins, et en outre celui d’exiger 2 deniers par chaque tête de porc et de tout bétail nourri dans les fiefs de la Bouvrie, de la Touraille et de la Tréhonnais. Il avait enfin droit d’enfeu, banc, armoiries, prééminence, et tous autres droits de seigneur fondateur dans l’église de Villamée. L’une des charges du prieur consistait en une rente de 40 livres qu’il devait à l’abbaye du Mont Saint-Michel (déclaration du prieuré en 1652 et 1680). Quand arriva la Révolution, le prieuré de Villamée était depuis longtemps en commende ; ses revenus furent estimés en 1790 comme il suit : métairie, 800 livres ; - moulin, 600 livres ; - rentes seigneuriales, 30 ivres, - et grosses dîmes, 2000 livres ; le tout donnait au prieur un revenu brut de 3430 livres, dont il fallait déduire les charges (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 27). Dom Thomas-Julien Lamandé, religieux de Saint-Melaine, pourvu par l’abbé du Mont Saint-Michel, prit possession le 9 février 1747. Ce prieur eut à repousser les prétentions de Jean-Claude Marin, prêtre de Genève, et de Louis Verchère, qui se firent pourvoir à Rome, l’un en 1748, l’autre en 1750. Dom Lamandé habita successivement les monastères de Saint-melaine, Solesmes, Landévennec, Quimperlé et le Pirmil, et résigna en 1780 en faveur du suivant. – Jean-François du Breuilh, acolyte de Paris, fut pourvu en décembre 1780 et fut le dernier prieur de Vilamée ; il fit lui-même la déclaration de biens de son bénéfice en 1790 (Abbé Guillotin de Corson).




Deux fenêtres du XVIe siècle ménagées dans la face sud de l'église, ainsi qu'une archivolte à arc brisé, permettaient de communiquer directement entre le chœur de l'église et le prieuré bénédictin tout proche, dont quelques vestiges subsistent.



La croix (1710), située au lieu-dit Noë-Gérard :  Cette croix, qui se dresse à l'entrée du chemin de Noë-Gérard, porte l'inscription : « FIAC ROULAND 1710 », c'est-à-dire : « Faite par Jacques Rouland en 1710. »




La croix de mission (1931) :   Cette croix de grande taille, érigée en granit du pays et dressée sur un socle imposant à l'entrée du bourg, porte un Christ peint. Elle a été édifiée en commémoration des nombreuses missions organisées entre 1864 et 1931.





L’ancien presbytère  (XVIIIème siècle) :  Cet imposant bâtiment abritait le clergé de la paroisse jusqu'au décès, survenu en 1987, du dernier recteur résidant dans la commune. C'est désormais une habitation privée.







Le manoir de la Haut-Coudray (XVIIème siècle), situé route du Chatellier. Il possédait autrefois un colombier. Le domaine du Haut-Coudray est la propriété des seigneurs Coudrais jusqu’en 1416. Les seigneurs du Bas-Coudray étaient la famille du Crochenne seigneurs de Vauhoudin en 1513. Il appartient ensuite aux familles Harpin seigneurs de la Chesnaye (en 1532 et en 1579), de Malenoë seigneurs de la Chesnaye (en 1623), Gaucher seigneurs du Verger (en 1652), Cochard sieurs des Châteaux (en 1705), Larcher (en 1705), Fournier (en 1754). Il est uni à la châtellenie de la Chesnaye en 1572, puis distrait en 1652.




L'ancien manoir du Haut-Coudray, dont le toponyme Coudray signifie « lieu où poussent les coudriers », était la propriété des seigneurs du même nom jusqu'en 1416. Les seigneurs Coudrais avaient droit de banc, d'enfeu et de pierre tombale dans la chapelle Notre-Dame de l'église de Villamée, où subsiste une dalle funéraire. Le manoir passe ensuite, par succession, aux mains de plusieurs seigneurs. Cette belle demeure, dont la façade est ornée de nombreuses moulures, faisait partie du domaine.



Le puits  (XVIème sièce) située au lieu-dit La Porte



Construits en pierre de taille au village de La Porte, ou en maçonnerie de moellons à La Touche et à La Petite-Bouvrie, les puits, destinés à l'alimentation en eau potable de chaque village, constituaient autrefois un lieu de sociabilité.




La maison (XVIème siècle), située au lieu-dit La Haute-Meslerais. Il s’agit de l’ancien manoir de Mellerayes. Propriété  de la famille de Berthault sieurs de Pontpierre en 1673, puis de la famille de la Marzelle sieurs de Beaumesnil en 1748.




Le nom de l'ancien manoir des Mellerayes vient de melleraye, qui signifie « lieu où poussent les néfliers ». Une maison de caractère du XVIIe siècle en pierres taillées en grand appareil, avec une porte d'entrée ornée de belles moulures, subsiste à La Basse-Meslerais. La maison du XVIe siècle de La Haute-Meslerais comporte également une porte d'entrée avec un arc en accolade.



La maison (XVIIème siècle), située au lieu-dit Lillèle. Cette maison est aussi appelée « villa Issel » et fait partie de la donation à l’abbaye du Mont Saint-Michel




Cette maison fait partie du village de Lillèle. Celui-ci, alors dénommé Villa Issel, fait partie de la donation à l'abbaye du Mont-Saint-Michel, comme Villa Armois (Villamée), en 990.



La maison  (XVIIème siècle), située au lieu-dit La Violette




Le grand village de La Violette est bâti sur le territoire des trois communes actuelles de Villamée, de Poilley et du Châtellier où est érigée une chapelle au XVIIe siècle. Pendant les guerres de Religion, La Violette est un centre huguenot important. Les chouans commandés par Picquet-de-Boisguy y sont d'autre part battus en 1800.



La maison (XVIIème siècle), située au lieu-dit La Sétayère




La configuration topographique du village de La Sétayère a conduit à construire cette maison sur un éperon de roche granitique. Les ouvertures ont été modifiées au cours du temps, et plusieurs petites fenêtres sont bouchées.




Maison d’un ecclésiastique : Les ouvertures de cette maison sont particulièrement soignées, tant au niveau des encadrements de fenêtre que de ceux des portes. Ainsi la porte d'entrée est-elle surmontée d'une accolade, au centre de laquelle un calice compose le décor. Cette marque indique vraisemblablement la demeure d'un ecclésiastique.


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