DOMAINE DE LANAELLE

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 CANTON D'ANTRAIN

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Lanaelle
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MessageSujet: CANTON D'ANTRAIN   Mar 3 Mar - 8:49




LES VILLES

Antrain
Bazouges-du-Désert
Chauvigné
La Fontenelle
Marcillé-Raoul
Noyal-sous-Bazouges
Rimou
Saint-Ouën-de-la-Rouërie
Saint-Remy-du-Plain
Tremblay








SOURCES : infobretagne.com

SOURCES IMAGES : Wikipédia ;patrimoine.region.bretagne.fr ; communes.com/bretagne ;
Fr.topic-topos.com ; www.communes.com; jpcesson.pagesperso-orange.fr ; http://www.la-france-en-photos.fr/FranceRecons/Departements ; http://www.lenomdivin.info/mondialement/france/parigne.htm#beeld


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MessageSujet: Re: CANTON D'ANTRAIN   Mar 3 Mar - 19:09

ENTRAVEN  -  ANTRAIN


Antrain vient du latin «  inter amnes » (entre les rivières)
Antrain, encore appelé Antrain-sur-Couësnon, est une étape sur la route du Mont-Saint-Michel.

Vers le milieu du XIème siècle, un nommé Turulle, fils de Réginald-le-Gros, donna l’église d’Antrain aux moines de Saint-Florent ; mais en 1197, Herbert, évêque de Rennes, en obtint de l’abbé le patronage et les oblations. A l’époque de la Révolution, la cure était à la présentation d’un chanoine de la Cathédrale de Rennes.

Il est assez problable que la fondation d’Antrain remonte à une époque fort reculée : son église, dont quelques parties conservent les caractères de l’architecture byzantine, en est une preuve bien convaincante ; mais l’accroissement de cette ville ne date que des premières années du XVème siècle. Elle en fut redevable, comme la ville de Fougères, aux migrations des familles normandes qui, pour se soustraire au fléan de la guerre dont leur pays était le théâtre, vinrent s’établir sur les confins de la Bretagne, et particulièrement à Antrain et à Fougères.

La ville d’Antrain occupe peu de place dans l’histoire, quoique sous les  ducs de Bretagne elle possedat une forteresse considérable, qui fut assiégée plusieurs fois, sans être pris.
Antrain était une châtellenie et possédait jadis un droit de haute justice. La seigneurie appartient en 1105 à Hervé, fils de Bruchard, en 1140 à Jeanne de Dol, épouse de Raoul II de Fougères et reste entre les mains des barons de Fougères jusqu’en 1789. La châtellenie d’Antrain était jadis une sergentise féodée de celel de Saint-Brice, en Saint-Brice-en-Coglès.

La maison seigneuriale de la paroisse d’Antrain était le château de Bonne-Fontaine (ou Bonnefontaine). La terre de Bonne-Fontaine est donnée vers la fin du XIèmes siècle par Geoffroy Chasseboeuf au Prieuré de Tremblay, dépendant de l’Abbaye de Saint-florent en Anjou. Bonne-Fontaine était une châtellenie d’ancienneté, érigée en baronnie en 1578 et exerçait à Antrain un droit de haute justice : elle relevait de la baronnie de Fougères. Propriété des seigneurs de Saint-Brice (avant 1380), puis des familles de Porcon( en 1380), de la Marzelire (en 1533), du marquis de Coëtquen (au XVIIème siècle), de Durfort ducs de Duras (Au XVIIIème siècle), de la Motte seigneurs de Lesnage (avant 1755 et en 1789).
On rencontre les appellations suivantes : Intramnum (au XIème siècle), Entreiacum et Entrenium (au XIIème siècle), Intremium (XIIIème siècle), Intraineyum (au XIVème siècle), Entraim (au XVIème siècle).




Antrain : depuis la route de Pontorson (J.Berthelo – 2013)


PATRIMOINE D’ANTRAIN


L’église Saint-André (XIIème-XVIème-XVIIème et XVIIIème siècles). Cette église est consacrée en 1105 et agrandie en 1542. Le Pouillé de Rennes stipule que l’église d’Antrain, dédiée à Saint André dès le XIIème siècle, semble avoir été reconstruite ou du moins grandement restaurée à la suite de la transaction passée en 1197 entre l’évêque de Rennes et les moines bénédictions qui l’abandonnèrent à ce prelat.l’église actuelle comprend une nef, une abside, un transept et une tour centrale. Le croisillon nord du transept possède une absidiole qui semble antérieure au milieu du XIIème siècle. Une partie de la nef a été refaite au XVIème siècle : la date de 1760 se lit sur la muraille. Le pignon ouest date du XIIème siècle. La face sud du XIIème siècle possède une porte cintrée dite porte des Femmes. La croisée du transept est surmontée d’une tour carrée, romane à sa base et datée à son sommet de 1675. La partie supérieure de la tour a été refaite en 1546 et en 1675. Le chœur a été refait au XVIIème siècle. L’église était jadis entourée d’une litre aux armes des seigneurs de Bonne-fontaine (ou Bonnefontaine).  Les décorations  intérieures datent de 1886-1888. Le maître-autel avec tabernacle, œuvre du sculpteur Etienne Le Bezot, date de 1753. La nef date du XVIIIème siècle. Les stalles datent du XVIème siècle. Le chevet date du XVIIème siècle. L’église abrite une statue de Notre-Dame de Bonne Espérance du XVIIème siècle ainsi que plusieurs peintures du XIXème siècle dont celles représentant Saint Michel, Saint Luc et Saint Jean.





Notre dame de bonne délivrance.Cette statue était invoquée pour le bon déroulement des accouchements. Après avoir été accueillies et purifiées par le prêtre qui les recevait à la porte des Femmes, les jeunes mères venaient y prier pour leurs relevailles.



Le maître-autel du Saint-Esprit est sculpté par un artisan antrainais, puis doré à la feuille en 1758. L'exécution de cette œuvre monumentale pose à l'époque quelques problèmes. Dans ses délibérations, le général de la paroisse présente avec force détails les conflits l'opposant aux seigneurs de Bonnefontaine, qui possèdent dans le chevet une litre à leurs armes. L'affaire finit cependant par aboutir, et les travaux sont accordés à un artisan local « qui pour le moins peut entreprendre ledit ouvrage ['] à la somme de 700 livres ».



Porte des femmes. Cette porte sud de la nef, remaniée au XVIe siècle, tire son nom du fait que les femmes la franchissaient pour leurs relevailles. Sous le porche, disparu depuis, elles attendaient, assises sur le banc de pierre, que le prêtre les invite à avancer dans l'église ou à le suivre vers les fonts baptismaux.



La nef. Depuis sa création, l'église Saint-André a subi de nombreuses transformations : d'ordre pratique pour certaines puisque, par exemple, il a fallu allonger une nef destinée à accueillir une population de plus en plus importante ; d'autres d'ordre esthétique variant au gré des modes. De 1886 à 1888 en effet, l'époque n'étant pas à la simplicité, le curé Fresnel entame une grande campagne de décoration intérieure sous la férule du peintre riomois Alphonse Cornet. Pourtant, en 1966, le prêtre desservant la paroisse n'hésite pas à détruire une partie des toiles marouflées du XIXe siècle, et à brosser les filets d'or et les rubans pourpres qui rehaussaient les piliers ou les chapiteaux ; en 1979, un nouveau restaurateur remet en valeur le granit.



Boisserie du 18ème siècle



Intérieur de l’église




la croix Cholet (1633), située non loin du manoir de la Choltais et édifiée par Jacques Boulain, propriétaire de la Choltais



Cette croix porte l'inscription suivante : « placée par Jacques Boulain, S. du Plessix. 1633. propriétaire de la Choltais ». À son veuvage en 1618, Jacques Boulain, seigneur de La Choltais, se tourne en effet vers la religion, élève des croix et finit par entrer dans l'ordre des Carmes sous le nom de José Maria, en 1635



le château de Bonnefontaine ou Bonne-Fontaine (XVI-XIXème siècle). La terre de Bonnefontaine est donnée en 1070 à l'abbaye de Marmoutiers. A la fin du XIVème siècle, ce domaine est la propriété de Jean de Porcon, puis de Pierre de La Marzellière qui fait construire le château en 1547. Il se compose de deux bâtiments et plusieurs tourelles ou tours : le bâtiment nord est un peu plus ancien que le bâtiment sud. Bonne-Fontaine possédait jadis des fossés, un pont-levis, une chapelle privée et une fuie. La chapelle, dépendant du manoir de Bonnefontaine, avait été fondée par les seigneurs du lieu. En 1762, Jean de la Motte, seigneur de Lesnage et de Bonnefontaine, présenta Pierre Lodin, prêtre, pour la desservir. Elle avait dû remplacer une très-ancienne chapelle dépendant du prieuré de Tremblay (Pouillé de Rennes). Le château est réaménagé en 1880 par le vicomte de Guiton



façade est



façade ouest




le pont sur le Couësnon  (XVIIème siècle)



le lavoir (XVII-XVIIIème siècle). Restauré au XXème siècle



Comme chaque commune, Antrain dispose d'un lavoir, pourvu de pierres de granit à fleur de rivière, sur lesquelles les laveuses posaient leur « carrosse », caisse de bois où elles travaillaient à genoux. Ce lavoir est encore en activité dans les années 1970



la fontaine de "l'An II" (XIXème siècle)



la fontaine de dévotion  (XIXème siècle), oratoire dédié à Saint-Sulpice et Saint-Laurent


Ce petit oratoire en bord de route contient deux statues de bois autrefois polychromes. D'après la tradition, les enfants qui rencontraient des difficultés à marcher y étaient guéris en passant dans l'auge de granit, remploi d'un sarcophage.  



le moulin du Couesnon


vue générale sud est



vue ouest


ancien port de l’angle. Le port de L'Angle, presque totalement envasé, date d'une époque où le mascaret, vague déferlante provoquée par la rencontre du flux et du reflux, se faisait encore sentir sur le Couësnon. Les bateaux à fond plat remontaient la rivière depuis son embouchure jusqu'à Antrain et y échangeaient marchandises et denrées diverses. C'est à L'Angle que Gilles Ruellan commence sa carrière, comme charretier. Natif d'Antrain, il fait fortune dans le trafic d'armes et l'affermage des impôts et acquiert de nombreux châteaux qu'il fait reconstruire. Anobli en 1607, il porte alors le titre de baron du Tiercent. Il meurt à Paris en 1627, puis est inhumé aux Carmes de Rennes.





l'ancienne prison  (XVI-XVIIIème siècle) avec sa tourelle située rue de Pontorson


La prison d'Antrain est reconstruite en 1769, une partie de ses murs s'étant écroulée brusquement sur une maison voisine, tandis que le reste, lézardé, prenait une inclinaison menaçante. Bonaventure Pinelle, geôlier en 1769, y gagne 9 livres par mois pour garde et nourriture, maigre salaire qu'il complète en négociant la liberté de ses prisonniers.  



l'ancien manoir de la Choltais  (1528 ou 1548), situé route de Tremblay à Montanel et édifié par Geffroy le Camus. Propriété successive des familles le Camus (en 1528), Boulain (en 1635), Douart seigneurs de la Morinaye (en 1640 et en 1680), du Bois le Bon (en 1700), Tuffin seigneurs de Ses maisons (en 1763 et en 1789)





Vieille maison



Le marché d’antan
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MessageSujet: Re: CANTON D'ANTRAIN   Mer 4 Mar - 5:48

BAZELEG-AR-VEINEG - BAZOUGES-LA-PÉROUSSE





Bazouges-la-Pérousse vient du latin « basilica » (marché, puis église)pour Bazouges, et « petra » (pierre) pour Pérousse.

L’existence de la paroisse de Bazouges date, semble-t-il, du VIIème siècle. L’église, après avoir appartenu dès le XIème siècle à Notre-Dame de Fougères, passe vers 1163 à l’Abbaye de Rillé de fougères, qui y fonde un prieuré-cure.

Le nom de cette paroisse n’est, comme nous l’avons dit, que la forme altérée du mot basilica, basilca, basolgia, employé au moyen-âge pour désigner, particulièrement en France, une église desservie par des moines. Quant au nom de Pérousse, c’est une corruption, du mot pierreuse donné comme surnom à cette paroisse et tiré de la nature rocheuse du sol, à moins qu’on ne veuille y voir une allusion au culte de Saint Pierre, patron de la paroisse. « Nous n’avons aucune donnée, dit M.Maupillé, sur l’origine et les commencements de cette petite ville. Tout porte à croire qu’elle est très ancienne et qu’elle remonte à une époque antérieure à l’établissement de la plus grande partie de nos paroisses rurales. Elle est désignée dans les anciens documents sous le nom de villa, et dès le XIème siècle elle nous apparaît avec un cortège d’institutions qui annoncent une organisation administrative que l’on ne rencontre pas ordinairement au berceau des agglomérations qui ont donné naissance à nos bourgs. Ainsi, dès cette époque, Bazouges avait son moulin seigneurial, son four, son marché et même sa coutum. Peut-on induire de là qu’elle remonte jusqu’aux Romains et qu’elle doit l’existence à une de ces villa qui étaient chez eux le dernier terme de l’agglomération civile, et qu’ils auraient élevées aux jours de leur occupation ? En l’absence de toute autre indication et surtout de tout vestiges d’antiquités romaines dans la ville de Bazouges et dans les lieux circonvoisins, nous n’oserions pas hasarder une telle conclusion ; nous nous permettrons seulement de dire que les faits connus autorisent cette conjecture : que les intérêts civils aussi bien que les intérêts religieux ont concuru à sa formation » (Notice historique sur les Paroisses du canton d’Antrain,35).

Les origines paroissiales de Bazouges se rattachent à celles de l’église Notre-Dame de Fougères. Lorsqu’Auffroy, seigneur de Fougères, fonda cette dernière au commencement du XIème siècle, il lui forma une dotation fort importante dans laquelle furent compris, entre autres biens, la moitié de l’église de Bazouges, la moitiés des droits du marché, du four et du cens de cette ville, en un mot la moitié de tous les revenus qu’il en retirait. Main, seigneur de Fougères, fils et successeur d’Auffroy, changea les dispositions de son père relativement à Notre-Dame , desservie jusqu’alors par des chanoines ; il substitua à ces derniers des Bénédictions de Marmoutiers, mais il laissa à ceux-ci tous les biens dont avaient joui leurs prédécesseurs, de sorte que ces Bénédictins prirent possession de l’église de Bazouges. Après main, Raoul, seigneur de Fougères, son fils, renchérit encore sur les libéralités de ses ancêtres, et aux dons d’Auffroy il ajouta, en faveur des religieux de Notre-Dame, une certaine quantité de terre appelée olque, située près de l’église de Bazouges, tout le moulin d’Arczon, toute la mouture des habitants de la ville et une mansure ou habitation dans cette même ville .

Un peu plus tard, les Bénédictions de Marmoutiers perdirent l’église de Notre-Dame, donnée parle seigneur de Fougères à l’abbaye de Rillé, qu’il venait de fonder. Suivant toujours le sort de Notre-Dame, l’église de Bazouges fut dès lors unie à la nouvelle abbaye. Les chanoines réguliers de Rillé entrèrent donc en jouissance de tous les dons faits dans la paroisse de Bazouges par les seigneurs de Fougères ; ils ne tardèrent pas vraisemblablement à fonder, vers le milieu du XIIème siècle, le prieuré-cure de Bazouges dont nous avons précédement parlé, et ils administrèrent la paroisse jusqu’à l’époque de la Révolution. Aux religieux,  prieurs-recteurs d’avant 1789, succèdèrent de simples recteurs depuis 1803 ; mais une ordonnance royale en date du 21 juin 1826 érigea le rectorat de Bazouges en cure de deuxième classe (Pouillé de Rennes).

Saint Vincent Ferrier, dominicain espagnol, fait des prédications à Bazouges-la-Pérousse en 1418. La paroisse de Bazouges-la-Pérousse dépendait autrefois de l’ancien évêché de Rennes.

Bazouges était jadis une châtellenie et possédait un droit de haute justice. Elle appartient à 1090 à Matfroy de Bazouges, puis à Raoul Ier de Fougères au début du XIIème siècle et reste entre les mains des barons de Fougères jusqu’en 1789. Elle est donnée à viage  à Philippe de Montauban en 1498, puis à René de Montejean en 1524 et à Charles de Cossé duc de Brissac en 1600. Les fourches patibulaires de la châtellenie de Bazouges se dressaient jadis à la Carrée de Landeroux, située sur la route de la Fontenelle.

La maison seigneuriale de la paroisse de Bazouges-la-Pérousse était jadis le château de Ballue. La Ballue, reconstruit en partie en 1599, est érigée en marquisat en 1622 et exerçait à Bazouges-la-Pérousse en droit de haute justice ainsi qu’un droit de quintaine près du cimetière sur la route de Combourg. Au Moyen-Âge, Bazouges est le siège de la châtellenie de La Ballue, d’une juridiction royale et d’une subdélégation de l’intendance. La juridiction royale est accordée par Henri II en 1558, supprimé en 1565 par Charles IX et à nouveau rétablie par ce dernier en 1574. La juridiction s’étend sur quatorze paroisses et vingt juridictions seigneuriales en dépendent. Bazouges a aussi une subdélégation qui comprend douze paroisses. Elle dispose également à cette époque d’une cour de justice et d’une prison. Propriété successive des familles Chesnel (au XIIème siècle et en 1513), d’Acigné seigneurs de la Rochejagu (avant1555), Claude de Rieux épouse de François de Coligny (en1555), de Québriac seigneurs de la Harlay (en1556), Hérouville (en1604), Ruellan seigneurs du Tiercent (en 1615 et en 1789).

En 1588, les Ligueurs établissent autour de la ville de Bazouges-la-Pérousse des fortifications. Les Royaux et les ligueurs occupent et rançonnent tour à tout Bazouges-la-Pérousse, et Montbarot la pille en 1590 : «  en 1588, la guerre civile fit songer à fortifier le bourg seigneurial. En 1590, les fortifications de Bazouges étaient loin d’être complètes : le capitaine de la Villeblanche, qui y commandait pour Mercoeur, n’osa pas attendre Montbarot, gouverneur de Rennes, qui venait pour le surprendre avec 250 soldats, presque tous anglais. Ceux-ci s’en vengèrent en se livrant au pillage le plus éffréné, dans la paroisse et dans l’église. Les habitants effrayés se réfugièrent au château seigneuriale de La Ballue, où l’on ne vint pas les attaquers ; mais il leur fallut racheter, par une rançon de 180 livres, les vitraux coloriés de leur église, que la soldatesque anglaise menaçait de briser ». (E.R. du Crest de Villeneuve). Bazouges-la-Pérousse fut plus d’une fois victime de la Ligue, et ces désastres forment toute son histoire. La commune de Bazouges-la-Pérousse conserve plus de 40 croix anciennes.

On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia de Basocis (au XIème siècle), Bazochoe, Bazogioe Petrosoe (en 1516).



PATRIMOINE DE BAZOUGES-LA-PÉROUSSE



L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul (XIIème siècle), restaurée au XIXème siècle par plusieurs architectes (Jean Marie Anger, Charles Langlois et Arthur Regnault). Jusqu’au début du IXème siècle, deux églises accolées coexistent  (la Basse-Eglise et la Haute-Eglise), comprenant chacune trois nefs (les six nefs variaient de longueur, de largeur et de hauteur de voûte). Les deux églises sont réunies au XIIème siècle. La Haute Eglise  (coté sud) date du XIIème, XIIIème et du XIVème siècle. La première nef au sud (beaucoup moins longue que les autres) et qui portait le nom de Chapelle de Saint-Gilles a disparu. La deuxième nef constitue le bas côté sud actuel et la partie est de cette nef est romane, elle  s’appuie dehors sur trois contre-forts et formait autrefois le chœur du prieuré. A la suite se trouvait l’ancienne tour du XIIème siècle reconstruite vers 1720 par M Querré de Saint Malo, puis foudroyée en 1859 et relevée depuis :. La travée suivante, surmontée d'une voûte à nervures, était autrefois la nef du prieuré : elle contient une porte du XV-XVIème siècle. Le reste de cette nef date du XIIIème et du XIVème siècles : sa partie ouest (sacristie actuelle) présente une porte qui communiquait avec le prieuré. La troisième nef de la Haute Eglise date du XIIIème et du XIVème siècles : elle forme, avec la première nef de la Basse Eglise, la nef centrale actuelle ; - La Basse Eglise   renferme une nef construite en 1313 qui s'appelait jadis la Chapelle des Pélerins : cette nef est maintenant réunie à la troisième nef de la Haute église pour former la nef centrale. Les deux autres nefs de la Basse Eglise avaient été construites de 1568 à 1574 : la date de 1570 est gravée sur l'un des chapiteaux au nord de la nef actuelle. Le pignon est du collatéral nord est percé de deux fenêtres contenant une belle verrière datée de 1573 et de 1574. L'église est réaménagée en 1856. Le clocher date de 1885. Le mobilier intérieur date de 1859. La cuve baptismale date du XVème siècle. La Chaire date du XIXème siècle. Le clocher-porche sud date de 1240. On y trouve un chapiteau sculpté de 1313. Une piéta date du XVIème siècle. L'église renferme plusieurs pierres tombales et possédait jadis un tableau de l'Assomption qui est conservé aujourd'hui dans l'église de Rimou.




Jusqu'au début du IXe siècle, deux églises accolées coexistent, la basse église et la haute église. Elles comportent chacune trois nefs. Au XIIe siècle, elles sont réunies mais séparées par une grille et quelques marches, et modifiées dans leur ordonnance architecturale. En 1856, après plusieurs années de travaux, les deux édifices sont transformés en une seule église. Deux nefs sont alors supprimées, et un nouveau chœur est édifié, sans respecter l'orientation traditionnelle, vers l'est. Le clocher est achevé en 1885. Le mobilier intérieur est exécuté en 1859 par Hérault, artiste sculpteur renommé en Ille-et-Villaine.




PIETA - Récemment restaurée, cette pietà est sans doute la plus ancienne des statues figurant dans l'église.



VIERGE A L’ENFANT - La particularité de cette Vierge à l'Enfant vient du fait qu'elle porte son fils à droite plutôt qu'à gauche, comme c'est très souvent le cas. Les visages, les vêtements et les plissés sont traités avec beaucoup de soin.


CHAIRE - Cette chaire présente la particularité d'avoir un double accès, qui se fait par deux escaliers. Les douze apôtres sont sculptés sur les panneaux de la cuve. De style néo-gothique, cette chaire n'est pas taillée dans la masse mais résulte d'un assemblage minutieux.

Le châtelet d’entrée du manoir de Martigné (moyen-age), situé route de Marcillé-Raoul. Ce manoir est reconstruit vers 1620. Il s’agit d’une sergentise féodée de Bazouges. Il possédait jadis des douves et une chapelle privée. Le manoir de Martigné appartenait en 1513 à R.Le Lièvre, en 1680 à Amaury Dupont, sieur de la Haye, et en 1751 à M.Huchet de Quénétain. Ce dernier possédait une chapelle « bâtie dans la cour » de son manoir. Propriété successive des familles Bonnier (avant1513), le Liepvre (vers 1513 et en 1557), de Fleurville (en 1559), de Romilley (en1574), le Liepvre (vers 1597), Barrin seigneurs du Bois-Geoffroy (en1635), le Liepvre (avant 1670), Ravenel (en 1670), le Liepvre (avant 1677), Saint-Main (en 1677), Huchet seigneurs de Quénétain (vers 1704), Demeurs seigneurs de Lescarzon (en 1789).[/color]



L'ancien manoir de Martigné était une sergentise féodée de Bazouges. Autrefois fortifiée, la maison seigneuriale présentait en 1603 une tour flanquant le logis, un portail et un pont-levis encadré de deux tours, le tout cerné de murs et de fossés. Reconstruit vers 1620, le manoir possède un bâtiment avec deux ailes et un pavillon central. Si la chapelle a disparu, le châtelet d'entrée, propriété communale, subsiste.


La chapelle de la Trinité (XV-XVIème siècle), restaurée au XXième siècle. Cette chapelle, située au village du Pont, est fréquentée par les pèlerins , mais non desservie ; la paroisse y allait en procession en 1652.



restauré au XXe siècle, cet édifice de la fin du Moyen Âge a remplacé une construction plus ancienne. En effet, de nombreux fragments de tuile gallo-romaine sont présents dans le sol et dans les murs. C'est un lieu de procession depuis Bazouges aux XVIIe et XVIIIe siècles. Selon la tradition orale, un prêtre aurait été assassiné en ces lieux. Une autre légende avance qu'un incendie ne tarderait pas à se produire dans le village voisin si le propriétaire de cette chapelle n'en maintenait pas la toiture en bon état

La chapelle de la Poëtevinière ou Poitevinière (1584- finn XVIIème siècle), édifiée par Jean Garçon en 1584 et restaurée au XVIIème siècle. Elle est considérée en ruines à la fin du XIXème siècle (Pouillé de Rennes)



Cette chapelle est édifiée par maître Jean Garçon, issu d'une famille de noblesse de robe de grande notoriété dans la région au XVIe siècle. Les mariages de cette famille sont alors célébrés dans cette chapelle. Restaurée vers la fin du XVIIe siècle, elle est très réduite dans ses dimensions. Au XIXe siècle, elle tombe en ruines, puis est relevée au siècle suivant.



La croix de Montauger (1625). Cette croix à fût octogonal est érigée par la famille Le Gallais. Le socle est recouvert d'inscriptions difficilement lisibles, évoquant peut-être l'histoire de l'érection de cette croix. De type simple et très élancé, c'est l'une des nombreuses croix présentes sur la commune et le canton. Elle est dédiée à la mémoire de l'écuyer Estienne Le Gallay, sieur de Challonge, lieutenant des Eaux et Forêts, tué en ce lieu par deux charbonniers.





La croix de Ragondin  (1746) Cette croix au socle très important et au fût octogonal porte une inscription sur le soubassement : « Julien Sarazin et Jeanne Besnard. » La croisée des branches est ornée de sculptures simples.






La croix de Meslay  (1770). À la limite des deux communes de Noyal et Bazouges, près d'une quinzaine de croix en granit offrent de très nombreuses similitudes. La croix de Meslay en est une sorte de synthèse. Est-ce à dire qu'elles sont l'œuvre d'un « maître de Bazouges », En l'absence de document ou d'atelier attesté, on ne peut que le supposer. Néanmoins, ces croix présentent de nombreux points communs : le fût de croix, limité par des boules latérales à chaque extrémité, est de section soit carrée à angles plus ou moins chanfreinés, soit nettement octogonale ; le socle, de proportions importantes, est formé d'un haut trapèze à peine rétréci présentant en façade des registres gravés sans grand souci ni de la césure des mots, ni de leur écriture, ni de leur orthographe ; une niche à bourrelet, surmontée d'une petite croix au-dessous du croisillon, renferme une statuette ; les dates de fondation, s'échelonnant de 1708 à 1818, sont le plus souvent portées à la base du fût ; autour de la niche fleurissent des palmes et des bouquets stylisés en très léger relief sur le granit, et le sommet de la croix, plus ou moins pattée, est orné de la titulature habituelle, INRI.






le château de la Ballue  (1616-1620), situé route de La Fontenelle. Il était jadis fortifié : on y voyait en 1603 une tour flanquant le logis, un portail et un pont-levis avec deux tours, le tout cerné de murs et de fossés. Il possédait autrefois un colombier et deux chapelles privées. Il y avait deux chapelles au manoir de la Ballue : l'une appelée la grande chapelle, dédiée à saint Martin, l'autre nommée la petite chapelle. De même que la chapelle de Grandbois, celle de la Ballue fut conservée en 1803 comme oratoire public desservi par un vicaire, mais cet état de choses ne dura point, et il ne reste plus de trace des sanctuaires de la Ballue (Pouillé de Rennes). Le roi Henri IV en fait cadeau au duc de Brissac (pour service rendu). La famille Brissac vend le château en 1615 à Gilles Ruellan, baron du Tiercent, qui le reconstruit entièrement en 1620, alors que la terre est érigée en marquisat. Les jardins datent du XVI-XVIIème siècle (François Hébert-Stevens, aidé de Paul Maymont ont recréé un jardin dans l'esprit du XVIIème siècle). Ce château a accueilli Balzac, Victor Hugo, Musset et Châteaubriand




À la fin du Xe siècle, Le château de la Ballue à Bazouges-la-Pérouse fait partie d'une chaîne de défense qui suit le Couësnon, de Fougères à la mer.
De mariages en héritages, la seigneurie de La Ballue est acquise par Henri IV. Le roi en fait cadeau, pour services rendus, au duc de Brissac qui la vend en 1615 à Gilles Ruellan. Ce dernier démolit la forteresse primitive et construit le château actuel, comme il le fait pour plusieurs de ses châteaux, tels le Rocher-Portail à Saint-Brice-en-Coglès en 1596, le Plessis-Sénéchal à Saint-Marc-le-Blanc à la même date, ou Monthorin à Louvigné-du-Désert en 1607 par exemple. Dans son plan d'ensemble, le château de La Ballue, à l'architecture sobre et dépouillée, est un vaste corps de logis axé d'est en ouest, flanqué de deux ailes aux extrémités et d'un haut pavillon en son centre. D'une pureté de lignes annonçant déjà le classicisme qui fleurit plus tard avec les malouinières de la côte, le château de La Ballue n'a presque pas été modifié depuis le XVIIe siècle.
 




Les jardins du château de La Ballue à Bazouges-la-Pérouse représentent un exemple rare en France de jardins baroques et maniéristes tels qu'ils existent aux XVIe et XVIIe siècles.
Dans ces jardins, « on pouvait voir à l'époque, non seulement ce que la nature produit de plus beau, de plus rare ou de plus monstrueux, mais encore des réalisations végétales dues aux fantasmes que la nature suggère à l'homme ».
Le verger baroque Renaissance en hémicycle est constitué d'un laurier-boule autour duquel sont réunis divers arbres fruitiers : pommiers et poiriers bicéphales, cerisiers doubles notamment. Le jardin à la française, du XVIIe siècle, situé sur la façade sud, est composé de figures géométriques d'ifs et de fleurs de part et d'autre du bassin central. Quant au jardin baroque ou « jardin à fantasmes », recréé par l'architecte Paul Maymont, il réserve quelques surprises, du « bosquet tourmenté » au « bosquet à musique », en passant par le labyrinthe formé de quelque 1500 ifs.
 




le manoir du Colombier (XVIème siècle), propriété du seigneur Lemarchand. L'ancienne Maison du Colombier, sert actuellement d'hôtel. Il s'agit de l'ancienne demeure des seigneurs de Bazouges qui avait fait don à l'église du vitrail de 1574



La demeure des seigneurs de Bazouges témoigne de cette époque où les activités commerçantes et artisanales importantes permettent aux Bazougeais de construire de grandes maisons avec des ouvertures importantes. Le seigneur Lemarchand du Colombier et sa femme, donateurs d'une verrière à l'église en 1574, habitaient ce manoir. La tourelle qui abrite un escalier en pierre est un signe de l'activité des carrières de granit, largement répandue à l'époque.
Ce manoir fut acquis par Charles Bocher, Sieur de la Gravelle, avocat au parlement, demeurant place du Champ Jacquet, paroisse de Saint Aubin à Rennes en 1676.Il sera ensuite conseiller et procureur du Roy à Bazouges où il décède le 3 février 1694.
   




le manoir de la Boucharderie (XVIIIème siècle). Le manoir de La Boucharderie est un bon exemple de petite propriété rurale aisée : bâtiment principal avec tourelle contenant un escalier à vis, façade austère avec pilastres encadrant la porte d'entrée, dépendances réparties autour d'une cour centrale, tour de pile pour le pressoir et, en retrait, un four à pain.







l'oratoire de Saint-Mathurin  (XVIIème siècle) Cet oratoire abrite une statue que, traditionnellement, les jeunes gens venaient piquer d'une épingle pour se marier dans l'année. Cet oratoire remplacerait une chapelle édifiée par les ducs de Bretagne pour leurs dévotions au cours de leurs chasses en forêt. Les populations voisines se rendaient également en ce lieu afin de demander à saint Mathurin la venue de la pluie lors des années sèches. La statue, du XXe siècle, est sculptée par des artistes locaux d'après des photographies anciennes, l'original ayant été volé.






le rocher du Gros Chêne dit "Pierre de sacrifice".Au sujet du rocher du Gros Chêne, dit « Pierre du sacrifice », existent plusieurs hypothèses. S'agit-il d'une pierre à offrandes, d'une pierre à sacrifices ou simplement d'un polissoir ? Cette pierre fait naturellement l'objet de légendes et de superstitions, des victimes y étaient soi-disant égorgées. À proximité se trouve le socle d'une croix.




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la colonne des Chouans (1826), située en forêt de Villecartier. Cette colonne est érigée à la mémoire de deux officiers chouans, pourchassés par les troupes républicaines, tombés en ces lieux le lundi de Pâques 1796 : Henri Baude de La Vieuville et le vicomte Bernardin de Sérent







une borne milliaire, située en forêt de Villecartier
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MessageSujet: Re: CANTON D'ANTRAIN   Mer 4 Mar - 12:05

KELVINIEG – CHAUVIGNÉ




Chauvigné vient, semble-t-il, du gallo-romain « Calvinius »

Chauvigné est mentionné dans des textes datés du XIèmes siècle (Pouillé de Rennes) et l’église de chauvigné (ecclesia Calviniaci) est mentionnée à propos d’un seigneur nommé Gradelon. La paroisse de Chauvigné dépendait autrefois de l’ancien évêché de Rennes.

Durant le XIème siècle, un seigneur du nom de Gradelon, et surnommé Iveliin, donna en mourant à sa femme , appelée Guidonie, le moulin de Boismine, situé sur la rivière de Minette, avec toute la mouture de la paroisse de Chauvigné, dont les habitants étaient dans l’usage d’y apporter  leurs grains. Plus tard, Guidonie, elle-même se sentant près de mourir, disposa de ce moulin en faveur des religieux de Marmoutiers et du prieuré de Saint-Sauveur-des-Landes, qu’ils avaient fondé quelques années auparavant. L’exemple de cette dame trouva, semble-t-il, des imitateurs dans les autres seigneurs de la paroisse, car au milieu du XIIème siècle les Bénédictins de Saint-Sauveurs paraissent avoir été en possession de la plus grande partie des dîmes. Néanmoins leur jouissance ne fut pas toujours exempte de difficultés et de contestation, et il est resté souvenir de l’oppositoin qu’ils rencontrèrent de la part de Guillaume d’Aubigné, alors seigneur de Chauvigné. Leur différend , du reste, s’arrangea à l’amiable. Par suite d’un premier accord, le sire d’Aubigné accorda au prieur de Saint-Sauveur les deux tiers de toute la dîme de sa terre de Chauvigné, et une place dans le cimetière de Saint-Georges pour y bâtir une maison. Puis de nouvelles difficultés étant survenues, et l’évêque de Rennes,Pierre de Dinan, s’étant présenté comme médiateur, il fut entraîné à des concessions beaucoup plus larges en faveur des religieux. Il leur concéda , en outre, dans le bourg de Chauvigné une place qu’il affranchit de tous droits et de toute servitude, pour y établir une grande. Enfin, il leur fit la remise d’une provisions d’avoine que lui et ses ancêtres avaient coutume de prélever sur les dîmes qui leur étaient propres. De leur côté, Thomas, prieus de Saint-Sauveur-des-Landes, et les religieux de Marmoutiers, abandonnèrent à tout jamais au seigneur d’Aubign et à ses successeurs le moulin de Boismine, à condition qu’ils y percevraient chaque année, à la fête de Noël, 4 mines de froment, mesure de Fougères. Il fut, en outre, stipulé que dans le cas où le moulin viendrait à être ruiné, ou bien que son produit ne suffirait plus à fournir aux religieux la quantité de froment convenue, le seigneur d’Aubigné ou ses successeurs seraient tenus de leur constituer cette même rente sur  une autre de leurs terres.(M.Maupillé, Notices Historiques sur les paroisses du canton d’Antrain – Bibliothèque Nationale, ms. Lat.,n°22355).
Aux siècles derniers, la paroisse de Chauvigné était divisée en quatre traits  Brimblin, la Moisondais, la Rouairie et Coury. Le seigneur de Bonnefontaine, en Antrain, jouissait alors à Chavigné de plusieurs privilèges prouvant qu’il avait hérité en cette paroisse des anciens droits des sires d’Aubigné.

L’ancien château seigneurial de la paroisse de Chauvigné était le siège d’une châtellenie avec un droit de haute justice. Propriété  de la famille d’Aubigné (en 1200), des seigneurs de Chauvigné (en1356), puis des familles le Gris (en 1433 et en 470), Quesnel (en 153 et en 1574), de la Marzelière seigneurs de Bonne-fontaine (en603) et des seigneurs de Bonne-fontaine en Antrain jusqu’en 789. Deux manoirs sont mentionnés en 1390 : Bruiblen et Mézandré.

On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia Calviniaci (au XIème siècle), Calvignesium et Chauvigneium (au XIIIème siècle), Chauvigneyum (en 1516).



PATRIMOINE DE CHAUVIGNÉ


L’église Notre-Dame  (XIème siècle). L’église est reconstruite au XVIème siècle. Dédiée à Notre-Dame (l’Assomption, 15 août), l’église de Chauvigné se composait primitivement d’une seule nef romane terminée par un arc de triomphe et une abside de même style ; il reste encore debout assez de la côtale septentrionale, de l’arcade et de l’abside pour être certain du fait. Mais au XVIème siècle on reconstruit une partie de la nef et du chœur ; au XVIIème, on bâtit une chapelle au Nord du sanctuaire ; au XVIIIème  on éleva les deux autres chapelles formant bras en croix, et enfin, on a en 1851, agrandi un peu l’édifice en prolongeant la nef vers l’ouest. Ce que nous appelons la chapelle au nord du sanctuaire sert maintenant de sacristie ; peut-être était-ce à l’origine une chapelle seigneuriale,   peut-être simplement une chantrerie ; ce qui est positif, c’est que sa voûte lambrissée et peinte en bleu, avec étoiles d’or, n’indique pas une sacristie ordinaire de campagne.
L’église primitive comprenait une nef de l’époque romane avec une abside et un arc triomphal : la nef avait été refaite au XVIèmes siècle, ainsi que le chœur. Le transept date du XVIIIème siècle. La sacristie, au nord, est une ancienne chapelle seigneuriale. Les seigneurs des Rouairies avaient dans l’église un droit de litre et un enfin ; ceux de Chauvigné et de Brimblin y possédaient un enfeu. On y voit plusieurs pierres tombales  dont celles armoriée des de Porcon seigneurs de la Maisonneuve au XVIème siècle, ainsi qu’une dalle aux armes de la famille de la Marzelière seigneurs de Bonne-Fontaire (ou Bonnefontaine) en Antrain et de la famille de Chauvigné et de leurs alliances (XVIIème siècle) qui provient, semble-t-il, de la chapelle Saint-Georges.




Placée sous le patronage de la Vierge, l'église primitive de Chauvigné remonte au XIe siècle : il en subsiste quelques vestiges dans la nef et l'abside du chevet. En partie reconstruite au XVIe siècle, la nef est allongée en 1851 par la construction de la façade occidentale. Les seigneurs de Chauvigné y ont droit d'enfeu, et de nombreuses pierres armoriées, portant épées, calices ou croix et provenant de leur litre, sont incluses dans le pavage de l'église, parmi les pierres tombales d'époques variées. Les délibérations du général de Chauvigné pour les années 1755 à 1762 sont conservées. Il s'agit du service administratif chargé de gérer les biens de l'église proprement dite et de transmettre les impositions de toute sorte pesant sur les roturiers ; ses réunions se déroulaient dans la sacristie de l'église, organisant la vie quotidienne de la commune.




Au milieu du XIXe siècle a lieu un grand renouveau religieux, dont bénéficie l'église de Chauvigné. Sous l'impulsion de son vicaire, l'abbé Lesacher (1858-1866), sont réalisés divers travaux de menuiserie : fonts baptismaux, confessionnal, autel du bras nord du transept et table de communion. De cette époque date très probablement cet escalier en colimaçon permettant l'accès au clocher.




Le Christ monumental, encadré de deux statues de Vierge à l'Enfant et d'un personnage masculin, probablement saint Jean, se dresse contre l'abside de l'église, au-dessus du maître-autel Louis XV. À l'origine en bois polychrome, ce Christ en croix est tellement bien mis à l'abri au cours de la Révolution qu'on l'oublie dans le grenier de la sacristie jusqu'en 1931. Cette sculpture aux traits particulièrement expressifs est alors réintroduite dans l'église à l'occasion de ferventes cérémonies de mission.



Cette grande croix monolithe domine le placitre de l'église, où est implanté le cimetière jusqu'au début du XXe siècle : quelques tombeaux et monuments funéraires s'étendent le long de la nef, près de l'if centenaire qui en marquait l'entrée.



l’ancienne chapelle, située au village de Saint-Georges. . Située au village de même nom, à un kilomètre de Chauvigné, la chapelle ou plutôt l'église Saint-Georges avait, d'après la tradition locale, une importance égale à celle de Chauvigné. S'il faut s'en rapporter au témoignage des habitants, on aurait jadis célébré alternativement l'office divin dans les deux églises, sauf aux fêtes principales, pour lesquelles l'église de Chauvigné aurait eu le privilège de la célébration, comme aussi des baptêmes et des mariages. Néanmoins l'église Saint-Georges avait son cimetière, dans lequel se faisaient les inhumations concurremment avec celui de l'église de Chauvigné. Il paraît certain que l'église Saint-Georges existait dès le XIIème siècle, puisqu'il est fait mention de son cimetière avant l'an 1200 ; il est positif aussi qu'en 1731 on inhumait encore dans ce sanctuaire ainsi que dans ce même cimetière. Au commencement de ce siècle, l'église Saint-Georges fut démolie et une partie de ses pierres fut employée à repaver l'église de Chauvigné. c'est ainsi que l'on trouve en cette dernière neuf grandes dalles de granit, portant toutes le même écusson en bannière. Aujourd'hui l'on ne voit plus au village de Saint-Georges que l'emplacement de son église et la croix de son cimetière. A côté se trouve l'ancien manoir de la Harcherie, que M. Maupillé regarde comme le berceau de la famille de Porcon (Pouillé de Rennes). Cette chapelle, fondée par les seigneurs d'Aubigné, possédait un cimetière et existait dès le XIIème siècle. Cette chapelle a été démolie au début du XIXème siècle. Elle était entourée d'une litre aux armes de la famille de la Marzelière et les seigneurs de Brimblin y possédaient un enfeu.



La croix du cimetière de Saint-Georges




La croix de La Claiteraie (698) Dressée à l'entrée du chemin conduisant à l'ancien manoir de La Claiteraie, cette grande croix de granit porte, gravé sur son socle, le nom de son fondateur : « NH Ivlien Gavar » qui signifie « Noble Homme, Julien Gavard ». Cette croix, avec son Christ grossièrement sculpté en moyen relief, est typique de la croix de campagne, visible et toujours accessible d'un point public, élevée par un propriétaire rural, signe à la fois de piété et de notabilité terrienne. (sculpteur Julien Gavard)






Le château de Maison Neuve ou Maisonneuve  (XIXème sièce), situé route de Rimou. Propriété successive des familles de Porcon (en 1513), Poupart (en 1545), de Goué (en 1574 et en 1593), le Liepvre (en 1603), de Goué (en618), Ruellan (en 1680), Poinçon de la Blanchardière (en 1737)



Tout proches du château, les communs, avec leur remise à calèches, témoignent de temps antérieurs à l'édification de l'actuelle demeure. Le château primitif appartient successivement en 1513 aux Porcon, seigneurs de Bonnefontaine à Antrain, en 1543 aux Poupart, en 1680 aux Ruellan, et, depuis 1737, aux Poinçon. Les armoiries des Porcon, « d'or, à une fasce d'hermines, accompagnée de trois fleurs de lys d'azur », sont encore visibles sur une dalle, pierre tombale ou fragment de litre provenant de la chapelle Saint-Georges. Cette dalle est conservée dans l'église paroissiale, dont la sacristie était autrefois la chapelle du château.  



le manoir de Brimblin (XVème siècle), situé route de Saint-Christophe-de-Valains. Il possédait jadis une chapelle privée. Propriété des seigneurs de Brimblin en 1414 et en 1427, puis des familles le Sénéchal (en 1482 et en 1513), Poupart seigneurs de la Rouairie (en 1529), Rouxel seigneurs de la Rouairie (vers 1593), de la Bintinaye (vers 1668), puis de Thérèse du Fresne veuve de Pierre de la Motte de Lesnage seigneur de Bonne-Fontaine.




Le manoir à tourelle de Brimblin, dont l'existence est attestée dès 1414, est remanié au cours des époques, et la toiture de la tourelle est particulièrement significative des restaurations modernes. Les salles possèdent de grandes cheminées armoriées de fusées posées en bande, armoiries qui se retrouvent sur les pierres tombales de l'église de Chauvigné. L'existence d'une pièce basse, avec ouvertures sur des fossés comblés, a donné lieu à une légende de souterrain et de trésor caché. Un oratoire, avec une statue de sainte Apolline, invoquée pour le mal de dents, se dresse dans le bois à proximité.



La maison noble (XVIème siècle) située à La Moisondaie


La rigueur de la façade et de l'ordonnance de cette maison, renforcée par l'austérité du granit, est à peine atténuée par l'accolade et la fine moulure encadrant la fenêtre de l'étage, et l'anse de panier du linteau inférieur. Devenu dépendance agricole, le bâtiment conserve d'imposantes cheminées et, à l'étage, des latrines aménagées dans l'épaisseur de la maçonnerie. Déjà existant au XVIIe siècle, comme le signale la date de 1619 gravée sur un linteau, le village de La Moisondaie regroupait une quinzaine de foyers entretenant une vie communautaire axée sur l'agriculture. Serrées autour de la maison noble, distincte par son décor et la hauteur de ses murs, les maisons ordinaires obéissent à une unité architecturale implicite : même ordonnance des façades, mêmes matériaux (granit et schiste), même organisation.



La maison (XVI-XVIIème siècle) située à La Moisandaie


Les façades, avec portes et fenêtres murées donnant sur la rue du village de La Moisondaie, illustrent bien les modifications successives opérées au gré des besoins dans les maisons. Le puzzle anarchique où se côtoient le plein cintre des portes, les anciennes ouvertures tronquées et les linteaux déplacés, laisse cependant deviner l'ordonnance originelle de cet habitat ancien.



La maison  à perron (XVII-XVIIIème siècle) , située à La Moisandaie. L'habitat rural dans le canton d'Antrain n'est pas strictement typé, même s'il offre quelques constantes : la partie occidentale du canton offre de belles façades de granit, à la sévérité rompue par des portes en plein cintre « parfois jumelées » plus ou moins ouvragées. En revanche, la zone orientale présente une grande variété, tant dans l'architecture que dans les paysages. Cette maison de La Moisondaie en est une variation intéressante, avec son perron droit conduisant à l'habitation située à l'étage, dont la distribution s'opère par un escalier intérieur à vis. La toiture, mi-ardoises, mi-tuiles, est l'un des rares exemples locaux de transition et juxtaposition dans l'emploi de ces deux matériaux.






Le puits de La Jennerie Situé au bord d'un chemin creux, ce puits restauré présente toutes les caractéristiques du type « à guérite », avec utilisation judicieuse des matériaux locaux. Il est bordé par une citerne naturelle faisant office, selon les variations de son débit, soit d'abreuvoir, soit de lavoir.






Monument aux morts  Le style des monuments commémoratifs de la Première Guerre mondiale ne manque pas de variété, allant de la statue de fonte avec « poilu » ou « coq victorieux » à la stèle de granit issu du sous-sol local, comme ici à Chauvigné.



Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Mer 16 Sep - 22:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CANTON D'ANTRAIN   Jeu 5 Mar - 0:07

MARC’HELLEG-RAOUL - MARCILLÉ-RAOUL





Marcillé-Raoul vient du gallo-romain « marcilius » et du nom de Raoul III de Fougères

En 1136, Conan le Gros, duc de Bretagne, est battu près de Marcillé par ses grands-vassaux dont Olivier de Pontchâteau et par d’autres seigneurs du pays. En 1208, l’abbé de l’Abbaye de Sainte-Melaine, Geoffroy Moisel, reçoit de Robert, seigneur d’Apigné, la terre de Marcillé-Raoul, dont la paroisse date peut-être de cette époque. En 1240, Raoul III, baron de Fougères (122-1256), obtient du duc Jean 1er (Jean Le Roux), l’autorisation de fortifier Marcillé, qui ajoute dès lors à son nom celui de son seigneur direct (Raoul).

L’église de Marcillé-Raoul appartenait dès la fin du XIIème siècle ou au début du XIIIème siècle à l’Abbaye de Sainte-Melaine de Rennes qui y établit un prieuré, avant l’édification du château érigé par Raoul III de Fougères en 1240 problablement au Village du châtel.

Quoique les Bénédictions de Saint-Melaine semblent avoir fondé leur prieuré de Marcilé dès le XIIème siècle au moins, - puisqu’il est fait mention du prieur de Marcilllé en 1160, et que leur abbaye fut confirmé dans la possession de l’église de Marcillé en 158 par Josse, archevêque de Tours, et en 170 par Etienne, évêqe de Rennes (Cartulaire de l’abbaye de Saint-Melaine), -  il n’en est pas moins vrai que les chanoines réguliers de Rillé avaient eux-mêmes dès cette époque la jouissance d’une partie des dîmes de cette paroisse. Aussi voyons-nous en 1163 Raoul II, seigneur de Fougères, confirmer l’abbaye de Rillé dans la possession de cette dîme de Marcillé, que ses religiens partageaint avec le recteur du lieu. – on croit que c’est un autre baron de Fougères, Raoul III, qui donna son nom à Marcillé. Raoul III, en effet, affectionnait particulièrement Marcillé et y possédait un château que le duc de Bretagne lui permis de fortifier en 1240. Il est problable que les buttes du Châte, protégées jadis par un étang,sont les derniers vestiges de cette forteresse.
Le prieuré de Marcillé ayant pris de l’importance au XIIIème siècle, des difficultés s’élevèrent entre les moines de Saint-Melaine et les chanoines de Rillé au sujet des dîmes de cette paroisse. Les premiers soutenaient qu’ils possédaient ces dîmes de toute antiquité, et les seconds prétendaient en avoir reçu le don de Raoul, baron de Fougères. Les parties s’engagèrent toutefois à s’en remettre au jugement de Maurice, évêque de Rennes. Ce prélat, considérant l’intérêt qu’avaient les Bénédictions, maîtres du prieuré de Marcillé, à jouir des dîmes de cette paroisse, mais respectant par ailleurs les droits séculaires des chanoines de Rillé, décida ce qui suit :  l’abbé et le couvent de Rillé auront désormais droit à 10 mines de froment, mesure de Marcillé, que leur fournira le prieur de Marcillé à la fête de la Toussaint, chaque année ; moyennant cette redevance, ils renonceront à tout jamais à leurs droits sur les dîmes de la paroisse de Marcillé. Les religieux des deux monastères acceptèrent cette décision et prêtèrent serment entre les mains de l’évêque de s’y conformer, le vendredi après la Trinité 1263. Les bénédictions présentèrent jusqu’en 1770 le recteur de Marcillé (Marcillé-Raoul), auquel ils faisaient une pension congrue consistant en le tiers des dîmes de la paroisse, qu’on levait à la douzième gerbe (Pouillé de Rennes)..

Le Châtel était une châtellerie et jouissait d’un droit de haute justice. Cette seigneurie est donnée au début du XIIIème siècle par Geoffroy 1er de Fougères à Guillaume l’Angevin (son grand-oncle) qui la lui rend en 1208. Elle est vendu en 1424 par Jean duc d’Alençon et baron de Fougères à la famille Morel, seigneurs de la Villegontier à la baronnie de Fougères qui la possède encore en 1789. La paroisse de Marcillé-Raoul dépendait autrefois de l’ancien évêché de Rennes.

On  rencontre les appellations suivantes : Ecclesia de Marcilliaco (en 1185), parochia de Marcilleyo (en 1263), Marcilleyum Radulphi (en 1516)



PATRIMOINE DE MARCILLÉ-RAOUL



L’église Saint-Pierre (1867) , oeuvre de l’architecte Jean Marie Anger et édifiée en remplacement d’une ancienne église détruite au XIXème siècle : l’ancien édifice daté en partie du XIème siècle. Dédiée à Saint Pierre apôtre, l’église de Marcillé-Raooul a été rebâtie vers 1967, sous la direction architecturale de M. Ed. Saint-Marc. C’est une simple croix avec abside à pans coupés ; la tour, élevée au bas de la nef, est surmontée d’une flèche en pierre flanquée de clochetons. L’ancienne église ne manquait pas d’intérêt et devait remonter en partie à une époque très-reculée. Elle se composait d’une nef à chevet droit et offrait plusieurs restes d’architecture romane, tels que la porte du Sud, un arc triomphal, quatre contreforts et une baie ouverte au Nord ; cette porte est ornée d’une archivolte dont les voussures retombent sur quatre colonnes aux chapiteaux formés de feuillages groossièrement taillés. On a eu l’excellente idée de conserver cet intéressant portail du XIème sièce dans le cimetière entourant jadis la vieille église ; à  côté,on voit aussi les débris du maître-autel, composé d’une table de granit reposant sur des colonnes dont  les chapiteaux rappellent le XIIIème siècle.la façade de cette église avait été relevée en 1660 et le chœur en partie refait en 1782, comme le témoignaient ces dates inscrites sur la muraillle.  Mais quelque ancien que fût cet édifice, il en avait remplacé un beaucoup plus antique. En 1679, l’église de Marcillé-Raoul n’avait ni écussons ni litre peints ou sculptés sur ses murailles ; mais à côté se trouvaient la fontaine Saint-pierre et une pièce de terre appelée le Champ-aux-moines, rappelant le souvenir de l’ancien prieuré du lieu. L’ancienne église de Marcillé-Raoul comportait une nef à chevet droit et percée de deux fenêtres jumelles lancéolées. La façade ouest avait été refaite en 1660. Le chœur datait de 1782.






Les vestiges (le portail du XIIème siècle) de l’ancienne église, située non loin du cimetière




Le centre du bourg de Marcillé-Raoul s'est progressivement déplacé sur les bords de la nouvelle grande voie de communication Sens - Combourg. La nouvelle église y est construite dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ce portail d'entrée, celui de la précédente église, détruite au XIXe siècle, a été conservé dans son lieu d'origine, entouré par le cimetière.




La croix (696-702), située à Clairay Cette croix à fût octogonal est creusée d'une niche pourvue d'une statuette. Elle est ornée d'un abondant décor de feuillages et de rosaces. Cette croix aurait été érigée dans le but de protéger le village des incendies.







La croix des Primevères Cette croix à fût octogonal, placée sur socle, se caractérise essentiellement par un écusson sur lequel sont gravés l'intérieur d'une main gauche et des animaux ressemblant à des léopards. Il s'agit peut-être d'une allusion à la famille de Malemain, originaire de Normandie.







L’ancien presbytère (XVIIème siècle) .L’ancien presbytère. Placée tout près de l'ancienne église, cette importante maison servait autrefois de presbytère. Elle est une des constructions qui subsistent de l'ancien bourg avant son déplacement qui a suivi celui de l'église.






Le château de la Fertais, situé route de Feins et propriété de la famille Barrett-Lennard




Cette demeure est construite par un Anglais arrivé à Marcillé-Raoul vers 1894. Barrett-Lennard, jusque-là officier de la marine britannique, comptant un amiral au nombre de ses ancêtres, est poussé à l'exil par la reine Victoria. Il a en effet été contraint par la reine d'épouser une de ses demoiselles d'honneur, enceinte d'un écuyer de la cour. Pour éviter le scandale et par fidélité chevaleresque à sa reine, le célèbre « Anglais de Marcillé » se retire aux Fertais où il demeure jusqu'à sa mort en 1950, à l'âge de 91 ans.



Mottes féodales. Contrairement à la plupart des mottes féodales, la double motte du Châtel est restée en assez bon état, tout comme les fossés du pourtour. La motte principale, celle du nord, qui mesure de 15 à 16 mètres de haut, est la plus élevée. Elle présente une masse beaucoup plus considérable que l'autre. Les buttes du Châtel forment un site unique privilégié par l'histoire, car bien conservé. L'aménagement en aire de pique-nique, de promenade et de jeux, en garantit la survie.


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MessageSujet: Re: CANTON D'ANTRAIN   Ven 6 Mar - 1:07

NOAL-BAZELEG – NOYAL-SOUS-BAZOUGES





Noyal-sous-Bazouges vient du gaulois « noue » (source) et du suffixe «  al » (près de)

L’église de Noyal est mentionnée dès 1066, date à laquelle elle est donné à l’Abbaye de Marmoutiers en Touraine par Main (ou Méen) seigneur de Cugnen en reconnaissance de la guérison de ses fils . L’église est unie au XIIIème siècle au prieuré de Saint-Denis de Rennes. La paroisse de Noyal-sous-Bazouges dépendait jadis de l’ancien évêché de Rennes.

D’après le Pouillé de Rennes, lorsque le bienheureux Barthélemy, abbé de Marmoutiers, visita le monastère de Combourg en 1066, nous savons qu’il guérit miraculeusement Haimon et Gautier, fils de Main, seigneur de Cugen. Pour témoigner sa reconnaissance au Saint Abbé, Main lui donna l’église de Cugen et celle de Saint-Martin de Noyal, « ecclesiam Sancti Martini de Noel », avec toutes les dépendances ; ces églises furent alors mises par Barthélemy entre les mains de ses religieux de Combourg (Dom Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne, I, 492). Soit que cette donation n’ait pas eu immédiament toutes ses suites, soit qu’Haimon, l’un des malades guéris, ait voulu confirmer lui-même pour sa part l’œuvre de son père, toujours est-il qu’en 1095 cet Haimon, fils de Main, donna aux Bénédictins de Marmoutiers le quart de l’église de Noyal. Il fit ce don très-solennellement sous l’abbatiat de Bernard, abbé de Marmoutiers, et du consentement de sa femme Basilic et de ses frères  Guillaume et Gautier ; il eut même soin de faire approuver cet acte par son suzerain Riwallon, seigneur de Dol. Environ 50 ans plus tard, vers l’an 1145, les fils d’Haimon, Raoul et Gautier, ainsi que la femme de Raoul, disposèrent en faveur du prieuré de Combourg, déjà maître de l’église de Noyal, de tous les droits qu’ils avaient sur les dîmes de Bazouges-la-Pérouse et de Noayl-sous-Bazouges. Les moines de Combourg ne semblent  pas, toutefois, avoir joui fort longtemps de l’église de Noyal, car au XIIIème sièce le prieuré de saint-Denis ayant été fondé dans la cathédrale de Rennes, cette église Noyal fut unie au nouveau bénéfice. Comment s’opèra ce changement ? Il fut peut-être une conséquence de la cession féodale du territoire de  Bazouges et de ses environs par l’archevêque de Dol au baron de Fougère. Le prieuré de Saint-Denis était une fondation faite en faveur des chanoines réguliers de l’abbaye de Rillé, tout particulièrement chers au seigneur de Fougères, et celui-ci y put fort bien coopérer. On ne possède plus malheureusement, en effet, l’acte de fondation du prieuré de Saint-Denis. Ce qui paraît certain, c’est que dès son origine le prieur de Saint-Denis de Rennes reçut de l’ordinaire le droit de présenter le recteur de Noyal et d’exiger de lui une modique pension ; il usa de ces privilèges jusqu’à l’extinction de son prieuré en 728.

Le village de Noyal est mentionné en 1095 sur un acte de donation aux moines du prieuré  de Combourg sous l’appellation de « Noyalium ». Vers la même époque et toujours en 1516, il est écrit « Nulliaco Subtus Bazogia ». Ce n’est que vers le milieu du XVIème siècle que le nom de Noyal-sous-bazouges apparaît sous sa forme définitive.

On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia de Noel (en1066), Nogialium ou Noyalium (en 1095), Noyallum subtus Bazogiis ou Nulliaco subtu Bezagid (en 1516)




PATRIMOINE DE NOYAL-SOUS-BAZOUGES



L’église Saint-Martin (1855-856) , œuvre de l’architecte Jean Marie Anger et édifiée à l’emplacement d’un sanctuaire primitif roman qui avait été  restaurée aux XVème et XVIème siècles, puis démoli en 1855. De l’ancienne église de Noyal-sous-Bazouges, dédiée à Saint Martin de Tours dès l’an 1066, il ne reste plus rien. Cet édifice de style ogival fleuri provenant de la partie relevée au XVIème siècle. Dans cette ancienne église, le seigneur de Combourg, issu de la maison de Dol, était à l’origine considéré comme seigneur supérieur, et l’on voyait encore ses armoiries dans la vitre derrière le maître-autel en 1679. A cette même époque, le seigneur de Beauvais-Moulines jouissait des droits de fondation et de prééminence ; il avait son enfeu et ses pierres tombales dans le chœur, ses armoiries, portant une croix guivrée, dans la maîtresse vitre au-dessous de celles du sire de Combourg, et sa lisière, semblablement armoriée, tout autour de l’édifice, -  le seigneur de Beauvais-Moulines avait aussi au bourg de Noyal le droit d’un marché le mercredi de chaque semaine et de deux foires aux fêtes de Saint Méen et de Sainte Gertrude. Une vieille fontaine, dite de Saint-Méen, située près du bourg, témoigne, ainsi que cette foire, de l’importance qu’avait jadis à Noyal-sous-Bazouges le culte de ce saint abbé. La confrérie du Rosaire fut érigée dans l’église de Noyal-sous-Bazouges par les soins du recteur, M. Adam, et approuvée par l’ordinaire le 11 mai 1736. La première pierre de la nouvelle église de Noyal fut bénite le 30 septembre 1855, et dès le 29 avril 1856 le recteur, M. Lesguer, put bénir l’édifice. Cette église, construite en plein cintre, vient d’être décorée avec goût dans le style de la renaissance. M. Hérault y a placé des autels à baldaquin en bois sculpté, et l’intérieur de l’édifice a été polychromé d’une façon fort satisfaisante. Sa maîtresse-vitre portait en en 1679 les armes des seigneurs de Combourg et des seigneurs de Beauvai-Moulines : ces derniers possédaient dans l’église une litre et un enfeu. Un portrait de l’église actuelle date du XIV-XVème siècle. L’église abrite une statue de Saint-Martin (XVIIème siècle) et un tableau intitulée « descente de croix » (XVIIème siècle).




Construite au milieu du XIXe siècle sur l'emplacement de l'église précédente, l'église de Noyal-sous-Bazouges serait la quatrième de cette paroisse placée sous le patronage de saint Martin. L'ancienne église, romane, avait été restaurée aux XVe et XVIe siècles.




Descente de croix - Provenant du retable de la précédente église et restauré en 1998, ce tableau est présenté dans son cadre de bois d'origine. La blancheur du linceul déplié et occupant une place importante dans le tableau permet de mettre le Christ en valeur. Les mouvements des bras des personnages forment un S et attirent le regard du haut du tableau vers le bas.




Croix érigée par Mathurin Housson Cette croix est érigée par Mathurin Housson et ses enfants. Le socle, quasiment aussi haut que la croix, est très imposant et sculpté d'inscriptions en relief séparées par des bandes.






Le manoir du Quartier (XV-XVIème siècle), qui relevait de la seigneurie de Combourg. Il possédait jadis une chapelle privée et un droit de haute justice.  La chapelle Sainte-Suzanne, mentionnée dans le Pouilé ms.de rennes au commencement du XVIIIème siècle, devait être celle du manoir du Quartier, dont on conserve la porte transférée aujourd’hui à Beauvai-Moulines. Cette porte, de style ogival fleuri, annonce que le sanctuaire du Quartier était une jolie constructin du XVème siècle (Pouillé de Rennes). Propriété successive des seigneurs le Quartier juseigneurs de la Ballue (en 1430), puis des familles d’Arvilliers (en 1591), du Matz seigneurs du Brossay (vers1603), de Gouyon (en 1744 et en 1789).





L'ensemble de cette propriété se compose d'un imposant corps de logis, d'une tourelle et de bâtiments d'exploitation entourant une cour rectangulaire. Le domaine comprend un fournil, un cellier, une grange, une écurie, une étable, un pressoir, un tour de pile, c'est à dire un pressoir circulaire, une volière, un refuge à porcs, un puits à margelle monolithe ; autant d'éléments permettant une vie en autarcie. La maison Boullault (1566)




La maison natale de Gille-Anne Lodin (1598). Gille-Anne Lodin était député au conseil des Cinq-Centset président du tribunal civil de Rennes.




Linteau de la maison .Issu d'une vieille famille d'origine écossaise, Gilles-Anne Lodin voit le jour en cette demeure le 13 août 1746. Il est l'aîné d'une famille qui va compter douze enfants. Après des études de droit, il devient avocat puis, tard, juge. Malgré son adhésion aux idées de la Révolution en 1793, il est emprisonné à Rennes par le représentant du peuple, Carrier. Quelques mois plus tard, depuis Nantes où il exerce sa besogne, Carrier ordonne que Lodin y soit transféré. Pour des raisons plus ou moins obscures, cet ordre n'est pas exécuté. Après la Terreur, Gilles-Anne Lodin devient successivement député au Conseil des Cinq-Cents et président du tribunal civil de Rennes.




La maison natale de Théodore Chalmel (XVIIIème siècle). Théodore Chalmel est auteur des monographies sur plusieurs communes d’Ille-et-Vilaine.




Théodore Chalmel, instituteur de l'enseignement public, auteur de monographies sur plusieurs communes du département de l'Ille-et-Vilaine, est né en ce lieu le 10 juin 1867. Son père y exerçait le métier de cordonnier. Comme de nombreuses maisons du canton, elle présente deux portes accolées, la plus importante ayant un arc en anse de panier, la seconde un linteau droit.




Le puits (XVIIème siècle) du Clos-Hare




Ce puits collectif, servant à l'ensemble du village, est pourvu d'une importante margelle de forme carrée, sculptée de moulures dans sa partie supérieure. Le système de treuil et la toiture de ce puits sont d'origine.




Le menhir « La Pierre Longue » ou « Pierre de Lande-Ros » , situé au lieu-dit Landerosse Le menhir appelé « Pierre Longue » atteste l'occupation du pays par une peuplade primitive antérieure aux Celtes.




Les quatre faces planes de ce mégalithe sont orientées vers les points cardinaux. Une petite croix très ancienne surmonte la roche païenne. Selon la légende, cette pierre aurait été abandonnée en cet endroit par Satan, lors d'un combat avec l'archange saint Michel ; on pourrait encore y voir les empreintes du démon.




La pierre surnommée « autel de Saint Léger » ,située dans le Champ de l’Autel. Elle sert aujourd’huide piedesta à une croix de 1781, située à Polygone. Une légende prétend que Saint Léger, evêque d’Autun au VIIème siècle, y a célébré la messe.



La pierre dite "Autel de Saint Léger" à Noyal-sous-Bazouges est un monolithe cubique en granit gris travaillé sur deux faces. Placé en bordure d'un ancien chemin gaulois, il porte cinq petites croix gravées sur sa surface supérieure : quatre aux angles, une au centre, indices d'un autel majeur. Selon la tradition, il s'agirait d'un autel dédié à saint Léger. D'après la légende, cet autel serait arrivé en ce lieu de lui-même, et aucune force ne serait capable de le déplacer.
Cette pierre sert désormais de piédestal à une croix placée là à la fin du XIXe siècle.




Le manoir de Beauvai-Moulines.  Propriété successive des familles de Launay (en 1404), de Pontfoul (vers 1436), de Lassy (en 1475), du Chastellier  seigneurs de la Chesnelière (en 1580), Mercoeur (en 1593), du =boys (en 1602), du Boishalbraon (en 1669), Clément (en 1680), du Chastelier (au milieu du XVIIIème siècle), Grout seigneurs de la Grassinaye, de Béchenec. On y voit un puits. Il possédait jadis un droit de haute justice et relevait d’abord de la seigneurie de Combourg, puis de celle de la Ballue en Bazouges-la-Pérouse en 1678










BRAIE  - Fabriqué par un charron, cet appareil est utilisé afin de broyer le chanvre pour en faire de la filasse, avec laquelle on confectionne des cordages.






Croix érigée par le couple Mathurin Garçon et Anne Roger.   Cette croix tréflée est érigée par le couple Mathurin Garçon et Anne Roger, mariés à Noyal le 24 février 1810, dont les noms sont gravés sur le socle.








Oratoire saint nicolas -Situé au carrefour d'anciens chemins gaulois, cet oratoire est constitué d'une niche dans laquelle se trouve une statue en bois représentant saint Nicolas. L'évêque de Myre, patron des marchands, est très vénéré dans le pays grâce aux nombreuses faveurs et guérisons obtenues par son intercession. On y vient depuis le Moyen Âge supplier le saint de guérir notamment des maladies infantiles, c'est pourquoi des vêtements ou bavoirs d'enfants sont encore parfois laissés au contact de la statue.









PORTE - Cette porte gothique provient de la précédente église, démolie en 1855. Elle ouvre sur la chapelle Saint-Joseph, dans le transept. À la jonction des colonnettes et de l'arc, les chapiteaux sont sculptés d'un côté d'un animal fantastique, et de l'autre d'un masque grimaçant tenant dans sa bouche une branche de feuillage.









La maison de boullaut -  Située dans une ruelle parallèle à la voie principale du bourg, cette maison porte le nom de la famille combourgeoise d'origine noble qui la fait construire au XVIe siècle. Elle se caractérise principalement par les deux frontons triangulaires de la porte et de la fenêtre, sommés d'une flamme sculptée. Sur l'un d'eux figurent deux palmettes décoratives et l'écusson du fondateur.




Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Mer 16 Sep - 22:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CANTON D'ANTRAIN   Ven 6 Mar - 9:46

RIVOÙ – RIMOU






La première mention de la paroisse de Rimou remonte aux années 550, lorsqu’elle est donné par le roi childebert Ier à Saint Samson, évêque de Dol. Au XIIème siècle, l’église appartient à l’Abbaye de Saint-florent en Anjou. La paroisse de Rimou était jadis une ancienne enclave de l’évêché de Dol.

Comme le souligne Pouillé de Rennes, peu de paroisses remontent, en Bretagne, à une aussi haute antiquité que celle de Rimou. Lorsque vers 550 Saint Samson alla à Paris chercher le roi breton Judual, chassé par l’usurpateur Comorre, childebert, roi de France, donna au bienheureux évêque de Dol la paroisse de Rimou, située dans le diocèse de Rennes, « plebem quoe vocatur Rimau » (Vitas  ms. S. Samsonis, I, II, c.14, Biblothèque Nationale).  Par suite de cette donation, Rimou devint une enclave du diocèse de Dol dans celui de Rennes et demeura tel jusqu’à la Révolution. Comme toutes les enclaves, Rimou dut être à l’origine placée sous la juridiction immédiate des évêques de Dol ; mais après les invasions normandes des IXème et Xème siècles, cette paroisse échappas à leur autorité privée soit que les prélats s’en fussent dessaisis eux-mêmes, soit que des particuliers l’eussent usurpée . Toujours est-il qu’au XIIème siècle nous trouvons Rimou possédé par deux abbayes, celle de Saint-florent de Saumur et celle de Rillé. Les Bénédictins de Saint-florent s’établirent les premiers à Rimou, car dès 1123 Baudry, archevêque de Dol, les confirma dans la possession de cette eglise, « ecclesia de Rimo ». Les papes Innoncent II en 1142 et Urbain III en 1186 firent la même chose ; ce dernier pontife mentionna de plus, parmi les possessions des moines de Saint-florent à Rimou, celle de la chapelle Saint-Génévé (« Ecclesiam Sancti Martini de Rimo, cum capella Sancti Genovei » - Archives départementales de Maine-et-Loire). Enfin, Jean de la Mouche, évêque élu de Dol (1190-99), reconnut à son tour les droits de l’abbés de Saint-Florent sur l’église de Rimou. Les moines de Saint-Florent unirent ce qu’ils possédaient en Rimou à leur prieuré de Tremblay et conservèren jusqu’à la Révolution une partie des dîmes de Rimou et le droit de présenter le recteur de cette paroisse. Peu de temps après la fondation de leur abbaye, les chanoines réguliers de Rillé reçurent de leur  côté quelque chose de Rimou. Nous voyons, en effet, dès 1163 Raoul II, baron de Fougères, confirmer ces religieux dans la possession de la dîme des moulins, du passage et du cens de Rimou (« In Rimol deciman molendinorum et passagii et census » - Dom Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne, I,651).  Remarquons ici que Rimou semble  avoir ainsi au XIIème siècle une certaine importance, due problablement à l’existence du pont qui établissait une communication entre les deux rives du Couasnon (Coësnon). Naguère, on voyait encore dans le bourg, entre l’église et la rivière, des vestiges d’une ancienne fortifivaiton élevée, semble-t-il, jusqu’à la Révolution. Aussi en 1725 une transaction fut-elle signée entre le recteur de Rimou et les deux abbayes de Saint-Florent et de Rillé, décimatrices de la paroisse ; il s’agissait de fixer la portion congrue de ce recteur, alors Vincent Hébert. Le prieur de Tremblay, représentant l’abbate de Saint-Florent, et l’abbé de Rillé lui concédèrent volontiers le tiers de toutes les grosses dîme et la totalité des dîmes verts, pour sa pension et celle de son curé. Mais lorsque plus tard, en 1750, le recteur Louis Hardouin voulut, en outre, lever ce qu’il appelait «  la gerbe au Clerc », c’est-à-dire environs deux cents gerbes sur la totalité des grosses dîmes, le prieur de Tremblay s’y opposa énergiquement (Archives départementales de Maine-et-Loire).

Au XIIème siècle, Rimou est le siège d’une châtellerie exerçant au bourg un droit de haute justice. Rimou est vendu par JeanII, duc d’Alençon, pour payer sa rançon aux Anglais qui le retiennent prisonnier. La seigneurie était en 1163 la propriété des barons de Fougères, avant de passer entre les mains de la famille Pichot en 1427 puis rachetée en 1439 par le duc Jean V baron de Fougères. Cette seigneurie dépendait jusqu’en 1789 de la baronnie de Fougères. Les seigneurs du Boisbaudry avaient autrefois au bourg de Rimou un droit de cep et de pilori. Ceux de Montmoron en Romazy y possédaient une halle.

On rencontre les appellations suivantes : Rimau (en 550), Rimo (en 1123), Rimol (en 1163), Rimou (en 1190, Rymou (au XVIème siècle)



PATRIMOINE DE RIMOU



L’église Notre-Dame  (XVème siècle), reconstruite au XIXème siècle. La Sainte-Vierge est patronne de l’église de Rimou, édifice de construction récente. Celle qu’elle a remplacée, et dont le chevet droit a seul été conservé, devait remonter en partie au XVème siècle, car la grande fenêtre, ensuite murée, du chevet, est de style flamboyant. On remarque aussi dans le chœur une jolie crédence de même style et des sablières sculptées avec assez d’élégance .

Il y avait très-anciennement dans l’église de Rimou une confrérie de la Sainte-Vierge, dite de l’Assomption. La fabrique possède un calice et une croix processionnelle du XVIème. Le calice est en argent, doré seulement à l’endroit de la coupe, des médaillons du nœud et des moulures du pied, qui sont fort simples et repoussés simplement au marteau. La croix, en argent plaqué sur bois et recouvete d’arabesques, présente d’un coté un grand relief Notre-Seigneur en croix ; de l’autre côté est l’image de la Sainte Vierge, patronne de Rimou, surmontée d’un dais avec arcades en application. Les branches se termient par des quatre-feuilles à pointes mousses renfermant des médaillons émaillés avec les attributs des évangélistes et les quatre grands docteurs de l’Eglise latine de l’autre ; tous, les évangélistes et docteurs, portent une banderolle sur laquelle est gravé en caractères gothiques le nom latin de chacun d’eux. Enfin, la croix repose sur une boule ornée d’arabesque et autour de laquelle se détachent huit médaillons circullaires et émailles portant le nom de la paroisse : + DE RYMOU (Pouillé de Rennes). A noter que l’église du XVème siècle avait été reconstruite suite à un incendie. L’église actuelle n’a conservé de l’ancienne que le chœur à chevet droit du XVème siècle. Les sablières sculptes datent du XVème siècle. L’église se composait autrefois d’une nef accostée au nord d’une chapelle prohibitive aux seigneurs de Rimoux ou Rimou. L’église était jadis entourée d’une litre aux armes des seigneurs de Rimou et sa façade possédait pluiseurs écussons des seigneurs du Boisbaudry. Le retable de la Vierge date du XV-XVIème siècle. L’église abrite des statues de Saint Roch et Saint Sébastien qui datent du XVIIème siècle. Le vitrail intitulé « couronnement de la Vierge » date de 1934 ; il s’agit,dit-on, d’une donation des meuniers de Quincampoix. La maîtresse vitre portait au XVIème et au XVIIème siècles les armes des seigneurs de Rimou. La chapelle des seigneurs de Rimou renfermait leur enfeu au XVIème et au XVIIème siècles. Les seigneurs du Boisbaudry possédaient aussi un enfin dans l’église.










Retable de la vierge - Le retable du maître-autel provient de l'église de Bazouges-la-Pérouse. Des statues polychromes d'évêques, datables du XVIIIe siècle, encadrent une grande toile représentant l'Assomption de la Vierge, dont la facture rappelle celle de la Descente de Croix de l'église de Noyal-sous-Bazouges. La dévotion envers la Vierge est particulièrement développée à Rimou, et la fête du 15 août est une date importante dans la tradition et la piété des habitants.  



La chapelle de la Forêt (XVIIème siècle). On y trouvait, jusqu’à la Révolution, un manoir à proximité. La chapelle de la Forêt dépendant en 1678 du manoir de ce nom, appartenant dès 1513 à Arthur de Romillé. C’est problablement la même chapelle que Saint-Antoine, signalée dans les cartes administratives comme voisine de la Forêt. [/color]




La chapelle désaffectée du village de Forêt, aux murs-pignons écrêtés, est constituée d'éléments ouvragés : la porte ouest en anse de panier sous un bel appareil de granit, les arcs brisés de la porte sud et de la fenêtre est, des restes de corniche en congé. Un manoir s'élevait à proximité jusqu'à la Révolution.  





La croix du cémétériale   (XVIème siècle), située place de l’Eglise




Trop exigu et malsain, implanté en léger surplomb du centre du bourg, le cimetière de Rimou est déplacé au début du XXe siècle. Ne subsiste de cette ancienne disposition que la grande croix de granit, qui dominait le cimetière sur le placitre, à l'est de l'église.  



La croix montoise   (XVIIème siècle), située à La Hunaudière




Cette croix est le seul exemplaire de croix montoise du canton d'Antrain. Ornée de coquilles Saint-Jacques, elle se dresse au carrefour de chemins conduisant au Mont-Saint-Michel, et balise la route des pèlerins en marche vers l'abbaye.  



CROIX DE PROCESSION   -  Cette croix processionnelle en argent estampé sur une âme de bois repose sur une boule ornée d'arabesques. D'un côté, elle figure la Crucifixion, de l'autre la Vierge sous un dais. Les branches sont terminées par des fleurons en quatre-feuilles émaillés. Du côté de la Crucifixion, les médaillons représentent les quatre docteurs de l'Église, siégeant sur leur chaire doctorale : le pape saint Grégoire, saint Augustin, saint Ambroise et saint Jérôme. De part et d'autre de la Vierge à l'Enfant se déploient les symboles correspondant aux évangélistes : l'aigle de Jean, le taureau de Luc, le lion de Marc et l'ange de Matthieu.







Les moulins de Quincampoix   (1911). Privé de ses deux roues actionnées par le Couësnon, ce moulin est reconstruit à plusieurs reprises puisque le premier date de 1655 et le second de 1797. Il porte un nom donné à plus de 80 moulins en France, celui de Quincampoix. Ce nom semble provenir de « qui qu'en poist », qui signifie « à qui que ce soit désagréable », mots que les meuniers étaient censés prononcer en réponse aux récriminations de leurs pourvoyeurs mécontents.














CROIX    . Si une partie du fût de la croix de Forêt a disparu, quelques-unes de ses sculptures sont encore visibles : sur un piédestal à moulures et blasons, sont représentés d'un côté un Christ en croix de facture assez grossière, et de l'autre une femme, sans doute la Vierge, sous un dais aux accolades soignées.







SAINTE BARBE     - Primitivement placée dans l'étable d'une ferme, cette statue est significative des relations étroites que Rimou entretient avec le feu et l'orage, puisque la sainte est invoquée pour protéger de la foudre. Sainte Barbe est la patronne des artilleurs, des mineurs, mais aussi des carriers, très nombreux dans la région.







MONUMENT DE LA REPUBLIQUE Contrairement aux communes voisines, Rimou s'est toujours distingué par un attachement indéfectible à la République. Les événements de la Révolution permettent d'exprimer cette singularité et cette homogénéité de la mentalité rimoise : pendant la chouannerie, Rimou résiste aux guérillas par idéal républicain, et Marie Collin, héroïne locale, sauve des exactions contre-révolutionnaires son vieux père en le transportant sur son dos sur plusieurs lieues' C'est en témoignage de cette longue fidélité que les républicains font don de ce buste à la commune de Rimou en 1906.







MAISON - Le granit est le matériau noble réservé aux ouvertures et façades. Ses qualités de résistance en justifient l'emploi dans les chaînes d'angle de maçonnerie, où s'exercent d'importantes pressions, comme c'est le cas pour la chaîne caractéristique, dite chaîne « à l'anglaise », de cette maison.








SAINT-ROCH - Les deux statues de bois, représentant saint Sébastien et saint Roch, placées dans l'église, proviendraient d'une chapelle voisine désaffectée. Primitivement polychromes, elles présentent une iconographie traditionnelle : Sébastien souriant à ses bourreaux qui le percent de flèches, Roch, accompagné du chien qui le nourrit, montrant ses plaies.








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MessageSujet: Re: CANTON D'ANTRAIN   Ven 6 Mar - 22:54

SANT-OWEN-REOGER  - SAINT-OUEN-LA-ROUËRIE




Saint-Ouen-la-Rouërie vient de Saint Ouen, évêque de Rouen en 641 (encore surnommé Dadon ou Audoenus)

Cette paroisse, de l’ancien évêché de Rennes, dépend dès le XIème siècle de la baronnie de Combourg. En effet, vers l’an 1065, Rivallon (ou Rivoallon ou Riwallon) de Combourg donne l’église de St Ouen de Rouerie à l’abbaye de Marmoutiers en Touraine pour être annexée au prieuré de Combourg.

Le Pouillé de Rennes indique que vers le milieu du XIème siècle, Riwallon, seigneur de Combourg donna aux religieux de Marmoutiers établi par lui au prieuré de Combourg deux métairies en la paroisse de Saint-Ouen-de-la-Rouerie (Saint-Ouen-de-la-Rouërie) ; peu de temps après il ajouta à ce don  celui de l’église même de Saint-Ouen, avec ses dîmes, ses oblations, ses droits de sépulture et toute sa terre. Ces donations furent approuvées par Aremburge, femme du donateur, et par leurs enfants Guillaume, Jean, saint Gilduin, Geffroy et Advise. Conan II, duc de Bretagne, les confirma lui-même antérieurement à la fin de l’année 1066. A la fin du siècle suivant, en 1197, Herbert, évêque de Rennes, confirma à son tour les Bénédictins de Marmoutiers dans la possessioin de l’église de Saint-Ouen , de ses dîmes et de toutes ses dépendances (bulletin de l’Association Bretonne,III,240). Ainsi, dès le XIème siècle Saint-Ouen-de-la-Rouairie (Saint-Ouen-de-la-Rouërie) existait comme paroisse.  Le prieur de Combourg y conserva des terres et des droits importants jusqu’à la Révolution.  Toutes les grosses dîmes de Saint-Ouen lui appartenaient en effet, mais il devait céder au recteur le sixième boisseau de ces dîmes. Ce recteur de Saint-Ouen, longtemps présenté par l’abbé de Marmoutiers, avait droit, en outre, au tiers des menus dîmes et à toutes les dîmes novales. Mais au XVIIIème sièce, il renonça à toutes ces dîmes, parce que le prieur de Combourg promit en 1769 de lui payer une pension congrue de 500 livres et de donner 200  livres à chacun de ses vicaires. Ce recteur jouissait aussi d’un presbytère et d’un pourpris compoté, en 1679, d’un jardin, d’un verger et d’un champ (Registre des insinuations ecclésiastique de l’évêché de Rennes). La paroisse de Saint-Ouen devait au moyen-âge deux rentes appelées gardes, l’une de 60 sols au baron de Fougères, et l’autre de 40 sols au sire de Pacey, parce que ces seigneurs s’engageaient à la protéger contre les incursions des Normands, notamment lorsque les habitants de Saint-Ouen allaient en procession au Mont Saint-Michel. En 1605, cette procession solennelle se faisait encore.

L’histoire de Saint-Ouen-la-Rouërie est étroitement liée à celle de la famille Tuffin de la Rouërie qui n’apparaît avec certitude qu’au début du XVème siècle (bien qu’on prétende que Berthe de la Rouërie, fille de Roger et de Rateline de Combourg aurait été mariée à Robert Tuffin en 1147). Le château de la Rouërie, maison seigneuriale de la paroisse, avait un droit de haute justice et a été érigé en vicomté en 1614,  puis en marquisat. Pendant la Révolution, le nom de Saint-Ouen-la-Rouërie est remplacé par « Ouen-la-Montagne ». le prieuré de Combourg possédait au bourg de Saint-Ouen-la-rouërie aux XVIIème siècle une maison qui  avait droit de haute justice.

On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia de Revocaria (en 1066), Sanctus Audoenus de Ravoreia (en 1197), Sainct Ouan de Roeria (en 1516).




PATRIMOINE DE SAINT-OUEN-LA-ROUËRIE  



L’église Saint-Ouen (vers 1886), œuvre des architectes Mellet et Prioul, et édifiée en remplacement d’un ancien sanctuaire de 1661 qui comprenait une nef, un chœur et un transept. Dédiée dès le XIème siècle à Saint Ouen, archevêque de Rouen, cette église a pour seconds patrons Saint Nicolas et saint Lunaire. De l’édifice primitif subsistait jadis toute la côtière septentrionale de la nef ; trois baies romanes, sans aucune ornementation, s’y dessinaient dans le plein de la muraille et témoignaient de sa haute antiquité. Le reste du temple était beaucoup plus moderne ; c’était un vaisseau en forme de croix latine. Le transept du Nord présentait la date de 1645 et celui du Sud celle de 1661. Le chœur était en partie de 1768, la grande porte occidentale de 1775, et la sacristie, simulant extérieurement une abside, de 1804. On remarquait en cette église l’intertransept, surmonté d’une voûte surbaissée dans les arêtes étaient formées  par des pierres plates en granit, sans arcs doubleaux. C’est sur cette voûte que reposait le clocher. La vieille église a disparu vers lafin du XIXème siècle. Les armes des seigneurs de la Rouërie se lisaient jadis sur une litre extérieur et intérieure de l’ancienne église : ces seigneurs avaient aussi autrefois un enfeu dans le chœur et leurs armes sur les vitres. Les fonds baptismaux de l’église actuelle datent du XVIème siècles. Les trois cloches proviennent de l’ancienne église. La tabernacle date du XVIème siècle : il présente cinq faces ornées de statuettes. L’église abrite des statues de Saint Nicolas et Saint Ouen (XVIIIème siècle).






Placée sous les patronages de saint Ouen, saint Nicolas et saint Lunaire, l'église actuelle est construite à la fin du XIXe siècle en remplacement d'une autre, ancienne, de style roman, située à proximité, devenue trop vétuste et trop petite pour accueillir toutes les ouailles de la paroisse. Les travaux de construction s'étalent sur environ sept années. À la fin du chantier en 1887, les finances ne sont plus suffisantes pour ajouter une flèche à la tour déjà haute d'une vingtaine de mètres. L'intérieur est éclairé par des verrières exécutées par des maîtres verriers d'Angers et données dès 1886 par les paroissiens.  





Confessionnal: Le confessionnal au décor simple, installé autrefois à l'intérieur de l'ancienne église, conserve une porte de style Louis XIII.  



Saint-Ouen : Fils d'Authaire et d'Aiga, riches aristocrates francs, saint Ouen naît au début du VIIe siècle dans la région de Soissons sous le nom de Dadon ou Audœnus, qui se francise en Ouen. Grand seigneur et homme d'État au service de Dagobert, Ouen est élu évêque de Rouen en 641. Dépassant les frontières de son diocèse, il s'occupe de la province métropolitaine dont il est chargé, et se voit confier l'autorité morale et religieuse des évêchés de Bayeux, d'Avranches, d'Évreux, de Sées, de Lisieux et de Coutances. Il décède à Clichy vers 684, à l'issue d'une mission politique. Assimilé au mot ouïe, Ouen est invoqué contre la surdité, mais également contre la paralysie et pour se garantir du tonnerre.  



Saint-Nicolas : Cette statue de saint Nicolas, comme celle de saint Ouen qui lui fait face, provient de l'ancienne église. À la démolition de cette dernière, elles sont accaparées par des familles audoniennes, comme bon nombre d'éléments ornementaux de cette vieille église. Grâce à l'initiative de l'abbé Juhel, elles réintègrent l'église quelques années plus tard. Il semble qu'autrefois cette statue du saint évêque de Myre était très vénérée dans le pays, sous le nom de saint Nicolas de la Rouërie, en raison de la vertu qu'on lui attribuait de guérir la goutte  




La croix située au lieu-dit « La Croix-Bouëssée ».    non loin de cette croix, 7 habitants du bourg de Saint-Ouen-la-Rouërie ont été égorgés la nuit du 6 au 7 avril 1796 par les chouans.



Cette croix est plus large à la base qu'au sommet. En 1867, lors de la construction du chemin vicinal qui passe à ses pieds, des ossements humains sont découverts dans un terrain voisin. Ce sont ceux des dix-sept personnages du bourg que les chouans ont égorgés dans la nuit du 17 au 18 germinal an IV (6 au 7 avril 1796).  




Le château de la Rouërie ou Rouairie  (1620-1630), remanié au XVIIIème siècle (vers 1730) et au XIXème siècle. Une de ses pierres porte la date de 1624. On y voyait jadis un grand portail, une chapelle privée et un colombier. La chapelle de la Rouairie se trouvait à l’entrée de la cour de cet antique manoir ; elle était fondée de messes et eut pour chapelains M. Pelletier en 1754, et Jacques Lainé, décédé le 6 octobrre 1781 (Pouillé de Rennes). Propriété de Armand Tuffin de la Rouërie, héros de la guerre d’indépendance des Etats-Unis et fondateur de la chouannerie bretonne. La Rouairie  relevait encore de Combourg en 1682.



La façade longiligne est typique du XVIIIe siècle avec ses larges ouvertures. La partie gauche du bâtiment correspond à une aile de l'ancien château de 1620-1630, tandis que la partie droite est reconstruite sur une ancienne aile en retour vers l'ouest. Un grand fronton triangulaire et deux colonnades de granit ont été ajoutés au début du XIXe siècle, ainsi que les deux œils-de-bœuf. Le parc, à l'origine entouré d'un saut-de-loup, comporte à l'ouest un jardin à l'anglaise, et à l'est un parterre à la française. Il est formé d'une grande variété d'essences. La même famille possède ce château depuis sept générations.  



Le château des Blosses  (1885-890), édifié par Madame Edouard Barbier



Le château des Blosses est bâti par Mme Édouard Barbier à la Belle Époque, dans un style inspiré des châteaux Louis XIII. Le maître d'œuvre est une entreprise de Rennes, qui a également réalisé plusieurs villas de Dinard. L'idée de Mme Barbier est de permettre à une famille de la haute bourgeoisie de faire cohabiter trois générations sur un même domaine agricole et forestier. Un parc de 15 hectares environ agrémente l'environnement, parc dont la trame générale est inspirée de l'esprit Bohler : parc à l'anglaise avec une biodiversité importante.  



La maison  (XVIIIème siècle) située au lieu-dit Les Coudreaux




La façade traditionnelle de cette demeure ne présente guère de particularité sinon dans un curieux détail de sa souche de cheminée. Celle-ci est ornée d'une croix de quartz, imbriquée dans la maçonnerie au-dessus du solin, détail réservé, semble-t-il, aux cheminées citadines . Ces croix sont probablement mises en place ici dans le but d'attirer sur la maison les protections du ciel, à moins qu'elles ne soient destinées à éviter, selon les croyances populaires, la violence des calamités naturelles.  




Le manoir du Boschet  , au lieu du Fresne (XVIIIème siècle), édifié par Joseph Tuffin seigneur de la Vigne en 1727




En 1727, Joseph Tuffin, seigneur de La Vigne, donne le nom de Boschet, correspondant au titre honorifique de sa mère, « demoiselle du Boschet », au manoir qu'il a fait construire. Le bâtiment actuel, avec ses trois lucarnes à frontons triangulaires, date de 1761. Cette demeure, dont le grenier est utilisé comme salle de théâtre jusqu'en 1933, date à laquelle un patronage est installé  dans le bourg, est desservie par un escalier en granit à balustres. Les deux piliers d'entrée de la propriété remplacent deux piliers plus anciens, démontés avant d'être placés à l'entrée du manoir de La Choltais, à Antrain  



L’oratoire de la Fontaine-à-Guillaume   (1890). Il s’agit en fait d’une fontaine





Cette fontaine doit son nom à l'ermite Guillaume qui vivait à proximité du bourg. Chassé par les habitants de Saint-Ouen-la-Rouërie, il se réfugie dans le bois de Blanche-Lande, situé dans une commune voisine en Normandie : Argouges. Mais une grande sécheresse tarit la source, et les villageois le prient de rentrer. Dès son retour, la fontaine coule à nouveau. En souvenir de ce miracle, une niche pour Notre-Dame-de-Bon-Secours est édifiée près de cette fontaine en 1890. Une procession s'y déroule chaque année, le 15 août. La statue de Notre-Dame-de-Bon-Secours provient de l'ancienne église de Saint-Ouen-la-Rouërie. Créée vraisemblablement au milieu du XVIe siècle et polychrome à l'origine, elle est enterrée pendant la Révolution dans la terre battue, sous la table d'un café ; en 1890, elle est placée sur la Fontaine-à-Guillaume, dans une niche bâtie avec des pierres provenant des bas-côtés de l'église primitive.  




Bélier hydraulique   : Installé sur les bords du Tronçon à l'intérieur d'une rotonde, ce bélier hydraulique, issu d'un atelier du Mans (Sarthe), alimente en eau, dès le milieu du XIXe siècle, le château de La Rouërie, la ferme de la retenue du château et, plus tard, le château des Blosses. Grâce à cette invention, l'eau est ainsi transportée sur une distance de plus de 1 500 mètres et un dénivelé de plus de 20 mètres. Le bélier fonctionne avec l'unique énergie fournie par l'eau de la rivière. Le principe de fonctionnement est fort simple : l'eau de la rivière vient comprimer l'air dans le bélier et cet air envoie une partie de l'eau dans un réservoir, situé dans le parc du château, avant de rejoindre les différentes robinetteries.







Stele de la libération   : Sa situation sur l'axe Avranches - Rennes et sa position limitrophe avec la Normandie font de Saint-Ouen-la-Rouërie la première commune bretonne libérée par la 3e armée américaine Patton, le 1er août 1944. Cette stèle destinée à commémorer l'événement n'est inaugurée qu'en 1990.







Monument commémoratif    : Le 1er août 1944, au cours d'une escarmouche entre des patriotes et des Allemands, le sergent Georges Rivière, du groupe de résistance Antrain-Broualan, trouve la mort : alors qu'un véhicule allemand ouvre la voie  à un convoi, il se met au milieu de la route pour stopper ce véhicule, mais il est tué sur le coup.







Marquis Armand Tuffin de La Rouërie dit Colonel Armand  
Ce personnage connu en France et chez certains historiens des États-Unis sous le nom de colonel Armand est en réalité le marquis Armand Tuffin de La Rouërie. En 1777, ce jeune aristocrate breton, âgé de 26 ans, décide de partir rejoindre l'armée des Insurgents qui, dans les provinces de l'Est de l'Amérique, combattent pour se séparer de la tutelle de la couronne d'Angleterre. Il rejoint George Washington, fonde une « légion étrangère » qu'il paie de ses propres deniers et, pendant six ans, guerroie avec tant d'audace et de succès qu'il finira la guerre d'Indépendance comme brigadier général. Il est également décoré de l'ordre militaire de Cincinnatus et reçoit les félicitations du tout nouveau congrès des États-Unis. Rentré en France en 1783 avec quatre tulipiers, dont un est encore dans le parc du château, il devient délégué de la noblesse bretonne aux États généraux en 1788. Il termine cependant sa vie comme proscrit de la Révolution, poursuivi et pourchassé, à l'annonce de la mort de Louis XVI, jusqu'à Lamballe (Côtes-d'Armor), où il meurt d'épuisement physique avant d'être inhumé clandestinement comme fondateur de la future chouannerie en 1793. [/b]


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MessageSujet: Re: CANTON D'ANTRAIN   Sam 7 Mar - 2:17

SANT-REVIG-AR-PLAEN - SAINT-REMY-DU-PLAIN



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Saint-Remy-du-Plain vient de Saint Remy et de « plan » (terrain plat). Saint Rémy est évêque de Reims à la fin du Vème siècle et au début du VIème siècle.

Lorsque Saint Samson, évêque de Dol, revint de Paris en Bretagne, ramenant avec lui le jeune prince Judual, héritier légitime de la couronne de Domnonée, Childebert Ier, roi de France, donna au prélat, vers l’an 553, la paroisse de Saint-Remy-du-Plain (M. de la Borderie, Annuaire de Bretagne, 1862,p.184). Par suite de cette donation, cette paroisse – l’une des plus anciennes de la contrée – dépendit jusqu’à la Révolution du diocèse de Dol, quoique enclavée dans celui de Rennes (Pouillé de Rennes). La construction de l’église primitive remonterait, dit-on, à l’an 1010.

L’abbaye de Rillè possède dès le XIIIème siècle, un prieuré-cure qui touche l’église à l’est et communique avec la chapelle des Moines : ce prieuré-cure est démoli en même temps que l’édifice religieux primitif. Le château de la Haye-d’Iré exerçait au bourg de Saint-Rémy-du-Plain un droit de haute justice.

On rencontre l’appelation Ecclesia Sancti Remigii de Plano (auXVIème siècle)



PATRIMOINE DE SAINT-REMY-DU-PLAIN



L’église Saint-Remy (1878-1884), œuvre de l’architecte Béziers-Lafosse. Dédiée à Saint Rémy, évêques de Reims, cette église vient d’être reconstruite. Le vieil édifice comportait une simple nef, terminée par un chevet droit et accostée au Nord d’une vaste chapelle. La partie la plus ancienne de l’édifice était le chœur ; on y voyait deux jolies fenêtres en forme de lancettes, accusant le XIIIème siècle. Là aussi se trouvait l’ancien autel majeur, composé d’une grande table de pierre reposant sur des colonnes et recouvert au XVIIème siècle par des boiseries. La chapelle septentrionale, dédiée originairement à Saint Samson, mais appelée vulgairement chapelle des Moine, s’ouvrait sur le chœur au moyen d’une double arcade ogivale venant retomber sur une colonne monocylindrique. D’après M. Maupillé, sa construction ne devait pas remonter au-delà du XVIème siècle. A côté se trouvait le logis prioral communiquant directement avec l’église. quant à la nef, ajourée de fenêtres cintrées, elle n’était que du XVIIème siècle, et la date de 1693 apparaissait gravée au-dessus de sa porte principale. On remarquait un sacraire dans le massif séparant le chœur de la chapelle des Moines, et un vieux tableau représentant le baptême de Clovis par Saint Rémy (M. Maupillé, Notices historiques sur les paroisses du canton d’Antrain, 177). La confrérie de Saint-Fiacre était érigée en 1937 dans cette église ; elle ne subsite plus, mais il se tient une assemblée le dernier dimanche d’août à Saint-Rémy-du-Plain, et l’on venait naguère encore prier ce jour-là dans l’église au pied d’une statue de Saint Fiacre.





Le trésor du Saint-Rémy-du-Plain renferme deux objets d’orfèvrerie très remarquables : un calice et une croix processionnelle.

le calice, qui est en vermeil : « de petites colonnes en balustres entourent le support de la coupe au-dessus et au-dessus du nœud ; des rayons et des flammes s’étendent sur toutes les parties saillantes et arrondie, le dessous de la coupe, le nœud et le pied. Un petit crucifix, accompagné de la Sainte Vierge et de Saint Jean, se détache en relief sur le pied ; la coupe est évasée et large. Le nœud porte huit médaillons où on lit en lettres émailées : de la paroisse de Saint-Rémy. La patène est ornée aussi de flammes et de rayons qui entourent un cercle dans lequel est gravée en creux la figure du Sauveur, les mains étendues et portant une chape qui laisse voir la plaie du côté droit. Les pieds reposent sur la boule du monde et le corps est assis sur un arc-en-ciel. Toute cette figure est environnée d’une auréole rayonnante, et de la tête partent trois gerbes de rayons. A l’intérieur de la patène on voit la Vierge et l’enfant Jésus gravés en creux, avec la nimbe uni pour la mère et une espèce de couronne sur la tête de l’enfant (M. l’abbé Brune, Archéologie religieuse, 410).

La croix de Saint-Rémy est du XVIème siècle et en argent plaqué sur bois et recouvert d’arabesques de l’époque. D’un côté se trouve un grand relief Notre-Seigneur crucifié ; derrière est aussi en relief l’image de Saint Rémy, patron de la paroisse. Les branches se terminent par des fleurons en quatre-feuilles et à pointes mousses, qui renferment des médaillons émaillés. Du côté du Christ sont les attributs de quatre évangélistes ; au revers de la croix sont les quatre grands docteurs de l’Eglise latine : Saint Grégoire avec la tiare pontificale, Saint Jérôme en habits de cardinal, Saint Ambroise avec la mitre et Saint Augustin en costume monacal. Tous, évangélistes comme docteurs, portent une banderole sur laquelle est gravée en caractères gothique le nom latin de chacun d’eux. Enfin la crois repose sur une boule ornée d’arabesques et autour de laquelle se détachent huit médaillons circulaires et émaillés portant ces mots : de S. Rémy du Plein , 1551 (M. l’abbé Pâris-Jallobert, Anciennes croix processionnelles, 5).



La croix de procession : L'inscription sur la boule supportant l'ensemble de cette croix porte la date de sa fabrication. La croix elle-même représente d'un côté le Christ, de l'autre l'évêque Rémy, particulièrement vénéré ici et sous le vocable duquel sont placées les églises successives.


Le clocher, œuvre de l’architecte Arthur Regnault, date du XXème siècle. La famille de Rosnyvinen seigneurs du Laurier de 1652 à 1728, ainsi que les seigneur de la Haye-d’Iré avaient leurs armes sur les vitres de l’église et possédaient plusieurs enfeus dans l’église (trois pierres tombales pour la famille Rosnyvinen et deux pierres tombales pour les seigneurs de la Haye-d’Iréà.




La croix sculptée d’une Sainte Suzanne (1720), située au lieu-dit La Gabillonais, route de Romazy



Cette croix légèrement pattée représente, sculptée au croisillon, sainte Suzanne couronnée, une palme à la main, signe de son martyre.




Le château de La Haye-d’Iriée ou La Haye d’Irée (XVIIème siècle), située route de Feins. Il appartient en 1442 Guillemette de Guitté épouse de Guillaume de la Tullaye. Propriété successives des familles Tulllaye (en 1513), de la Villéon seigneurs de Ville-Marie (vers 1549), de la Charonnière seigneurs de Melesse (en 1598), de la Bellière seigneurs de Saint-Pierre (vers 1615) ; de Rosnyvinen seigneurs d’Astillé (en 1652), de Montaudouin sieurs de la Clartière (en 1728), du Plessis de Grenedan (en 1765 et en 1789). Ce château abritait début du XIXème siècle une verrerie royale.




Le château de La Haie-d'Irée, reconstruit au XVIIIe siècle, présente de nombreux remplois de décors provenant sans doute des ruines toutes proches du manoir primitif. Sur le site, dont l'ancienneté est attestée par le toponyme La Haie et des découvertes archéologiques, est implantée la verrerie royale, active de 1803 à 1860, sur une superficie d'environ 17 000 m2 au sol. Très florissant jusqu'en 1829 (460 000 francs de chiffre d'affaires), le commerce du verre, principalement de vitres, décline ensuite inexorablement, victime de la concurrence des ports de Nantes et du Havre, et des importantes quantités de bois à brûler : en 1809, « 37 tant voituriers que chartiers amènent de 15 à 20 cordes de bois par jour ».




Les ateliers de la verrerie La Gobeletterie (vers 1820), situe à La Haye-d’Irée




Considérablement réduits depuis le XIXe siècle, les ateliers de production de la verrerie regroupent en 1824 les fours, une pilerie à groisil, des ateliers de préparation de la matière à enfourner, la salinerie, la réserve à eau, la tuilerie. Ces ateliers attirent à cette époque de nombreux ouvriers étrangers à la région, tous spécialisés dans le soufflage et l'étendage du verre.





Le moulin à vent de St Rémy (1744)



Peu de moulins à vent sont édifiés à l'intérieur des terres. Situé sur un des points culminants du canton, celui de Saint-Rémy, aménagé en maison d'habitation, porte la date de sa construction et le nom d'un de ses premiers propriétaires, Pierre Bourget.





monument commémoratif aux huit victimes de la milice en 1944 - En 1944, Broualan est l'un des maquis le plus important en effectifs. À cette date, des maquisards sont fait prisonniers et acheminés par les miliciens en direction de Rennes. Ceux-ci, pris de panique en voyant des avions qui survolent le convoi, décident d'alléger le camion et conduisent les hommes vers une carrière de pierres. Huit d'entre eux sont torturés puis exécutés à coups de mitraillette.








Carrière de quartz - La présence d'un filon de quartz affleurant en bordure de Saint-Rémy a déterminé la création de la verrerie de La Haie-d'Irée toute proche. Dans la région, le quartz est également utilisé dans la composition de croix blanches, mises en place dans les souches de cheminées : cette tradition passe pour protéger le foyer des intempéries et calamités.









Maison - Cette habitation à escalier de distribution extérieure est caractéristique de ces maisons appartenant au clergé, qui sont assez nombreuses dans la campagne. Le calice gravé sur le chambranle du rez-de-chaussée, la richesse du gros appareil de granit et les monumentales cheminées intérieures témoignent de la relative aisance d'un certain clergé rural au XVIIIe siècle.





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MessageSujet: Re: CANTON D'ANTRAIN   Sam 7 Mar - 8:14

KRENEG  - TREMBLAY





Le nom Tremblay vient, semble-t-il, du nom d’un arbre, le tremble.

En 470, Saint Amand, évêque de Rennes,  envoie au pays de Tremblay, l’un de ses disciples, Martin. Celui-ci édifie un oratoire. En 1058, l’église de Tremblay est donnée par trois seigneurs Hervé, Alfred et Raoul, à l’abbaye Saint-Florent de Saumur (en Anjou) qui va alors édifier un prieuré vers la fin du XIème siècle  à proximuté de l’église (Pouillé de Rennes). Les Papes confirment successivement en 1122, 1142 et 1186 les religieux de cette abbaye dans la possession de Tremblay, et Hamelin, évêques de Rennes, reconnaît en 1138 à l’abbé de Saint-Florent le droit de lui présenter le recteur de Tremblay (Bibliothèque Nationale,XLV). Jusqu’à la Révolution, ce recteur reçoit une pension du prieur de Tremblay.


Le prieuré avait jadis une chapelle et exerçait dans le bourg de Tremblay un droit de haute justice. Une grande partie de l’édifice actuel date de cette époque et est l’œuvre des Bénédictins. L’église, réparée toutefois au XVIèmes siècle, est incendiée par les chouans d’Aimé de Boisguy le 8 novembre 1795 puis restaurée en 1801.

La maison seigneuriale de la paroisse de Tremblay était jadis le manoir du Pontavice. Le Pontavice relevait de la baronnie de Fougères et, à titre de juveigneurie, de la seigneurire de Saint-Brice dont il était une sergenterie  féodée. C’était une châtellenie avec un droit de haute justice et un droit de quintaine. Il était aux seigneurs de ce nom en 1414. La paroisse de Tremblay dépendait jadis de l’ancien évêché de Rennes.

On rencontre les appellations suivantes : Trembleit (en1058), ecclesia Trembliacensis ( au XIème siècle), Trembliacum (au XIIème siècle), Trembleyum (en 1516).



PATRIMOINE DE TREMBLAY


L’église Saint-Martin  (XII-XV-XIXème siècle), édifiée par les moines Bénédictins. L’église primitive comprenait à l’origine une nef flanquée au nord d’une collatéral, une abside, un transept avec deux absidioles démolies en 1801 et une tour centrale. Cette église est remaniée en 1801 (pignon est-ouest), suite à l’incendie de 1795 : on y a gravé le nom du recteur de l’époque M. Lambert (1803-1804-. A l’intérieur le collatéral, en partie refait à la fin du XVIème siècle, est séparé de la nef par quatre arcades cintrées que soutiennent des piliers dont les bases sont romanes. La grande arcade entre la nef et la croisée du transept est du XVIème siècle, ainsi que l’arcade nord de cette croisée : les deux autres sont romanes. Les seigneurs du Pontavice possédaient jadis dans l’église un droit de litre. Les armes des seigneurs du Pontavice se lisaient au XVIème siècle sur les vitres. Le maître-autel date du XVIIème siècle et provient de l’église abbatiale de Rillé, à Fougères. On y trouve la pierre tombale de Rolland du Pontavice (XII-XIIIème siècle) qui  provient de l’ancienne abbatiale de l’église de Rillé, et les enfeus des familles du Pontavice et d’Ardennes.





Pendant plusieurs siècles, le pays est soumis aux Romains, et en 470, quand saint Amand, évêque de Rennes, est élevé à la dignité épiscopale, il envoie au pays de Tremblay l'un de ses prêtres, Martin. Celui-ci bâtit, au pied d'une épine blanche, un oratoire dédié à son patron, l'évêque de Tours. En 1058, l'église de Tremblay, construite en bois, propriété des laïcs, est donnée à l'abbaye Saint-Florent de Saumur dont trois moines fondèrent un prieuré à proximité, disparu depuis. œuvre des bénédictins, l'église remonte en grande partie au XIe siècle. Elle subit des modifications au long des siècles, sans affecter le plan d'origine, en croix latine, avec un chevet en abside semi-circulaire précédé d'un transept et d'une nef flanquée d'un collatéral au nord.



Pignon Est - Incendiée par les chouans, l'église Saint-Martin n'est plus que ruines en 1795, et les travaux portent principalement sur la construction d'un nouveau pignon de l'église. Légèrement désaxé par rapport à la tour, il est refait en 1801 par le recteur de l'époque, l'abbé Lambert, et son vicaire, l'abbé Huhay. Il est percé de deux portes en arc brisé, la plus grande surmontée d'une niche renfermant la statue de saint Martin, et la petite couronnée d'une archivolte sculptée d'animaux.  



Bénitier -  Ce bénitier à l'inscription énigmatique, creusé d'un écusson chargé d'un calice, provient de l'une des constructions précédant l'église actuelle.




Saint-Aubin -  Saint Aubin est, à Tremblay, l'objet d'une dévotion particulière afin d'obtenir la guérison des fièvres, pour avoir de bonnes récoltes et bien marcher. Un petit oratoire édifié en pleine campagne, près du village de Mésaubin, est encore fréquenté par les pèlerins.




Pierre tombale de Rolland du Pontavice -  Originaire de Tremblay, Rolland du Pontavice prend part, au milieu du XIIe siècle, à la seconde croisade. Compagnon du roi Louis VII, il le suit de Paris jusqu'à la Palestine, en passant par Worms, Ratisbonne, Belgrade, Constantinople et Antioche, pour atteindre Jérusalem vers 1145. En 1837, sa dalle funéraire est transférée dans le fond de la nef de l'église : elle est gravée d'un pont à trois arches surmontant une grande épée, ainsi que d'un écusson avec croissant et fleur de lis, qui rappellent la vaillance et la fidélité au roi de Rolland du Pontavice, dans son combat pour reprendre Jérusalem aux musulmans



Maître-autel  -  Le maître-autel, constitué de marbres de plusieurs couleurs, provient de l'ancienne abbatiale de l'église de Rillé à Fougères. Le tabernacle est surmonté d'une sculpture en bois peint et doré, figurant un nuage où sont sculptés les attributs des quatre évangélistes. Au centre s'élève un cep de vigne très saillant, à la base duquel est déposée une gerbe de blé. Un second nuage supporte un pélican et deux anges. Au sommet s'élève un petit baldaquin nimbé d'une gloire qui abritait le vase où était conservée l'Eucharistie. Tout au sommet de la colonne est inscrit en caractères hébraïques le nom de Yahvé.




L’ancienne chapelle Saint-Aubin,  fondée en 1672. La chapelle Saint-Aubin-sur-Couasnon appartenait en 1186 au prieur de Tremblay, mais elle fut alliénée plus tard et dépendant en 1672 de la seigneurie du Pontavice. Le 1er mais 1672, en effet, Charles de la Palluelle, seigneur du Pontavice, y fonda une messe  tous les dimanches et la dota de 30 livres de rente (Archives départementales d’Ille-et-vilaine,9G,19). Ce sanctuaire est aujourd’hui détruit ; sur ses ruines on a élevé en 1869 une grotte renfermant une vieille statue de Saint Aubin, but de nombreux pélérinages, surtout de la part des fiévreux (Pouillé de Rennes).




De l'ancienne chapelle, il ne reste que quelques pierres réutilisées dans l'oratoire où trône une statue récente de saint Aubin. Ce lieu est réputé pour guérir de la fièvre tremblante et le culte du saint a toujours été vivace. D'après la tradition, un garçon de ferme, qui hersait son champ, lesta son instrument de travail avec la statue du saint. Comme il faisait chaud, la poussière se souleva : « Aubin, frome tes yeux, la poussière t'ésorbe », dit le jeune homme en riant, ce qui signifie « Aubin, ferme tes yeux, la poussière t'aveugle ». Le soir même, les fièvres le prirent et il mourut peu de temps après. D'autres oratoires sont liés à une légende, tel celui de La Lande, honorant une mystérieuse Dame blanche.




La croix de La Mancelière



D'après la tradition, la croix de La Mancelière est sans doute une des plus anciennes de la commune. Fruste et peu élevée, elle porte sur son fût monolithe une sculpture grossière, dont l'usure a amoindri le relief, représentant le Christ.


La croix gorée (XVIIIème siècle), située dans le transept nord de l’église Saint-Martin




Cette croix, plantée dans le transept nord de l'église Saint-Martin, provient du bord de la lande de Sevray, où l'on se rend au XIXe siècle pour réclamer la pluie. Le socle forme un tombeau qui recouvrait, d'après la tradition, le corps d'un homme tué par la foudre au Ve ou VIe siècle. Il est composé d'une seule pierre de granit creusée aux extrémités de deux petites caves, qui supportaient des colonnettes surmontées de croix avec l'image en relief du Christ.



La croix (XVIIIème siècle) de La Couvaillère




Élevée par la famille d'un prêtre à la suite de la Révolution, cette croix balise l'ancienne route royale qui mène de Rennes à Avranches. Le pays de Tremblay et le canton d'Antrain sont particulièrement riches en croix : plus de 500 ont été recensées, et il n'est pas de route ni de carrefour qui ne soient signalés par une croix. Commencée au Moyen Âge, la tradition se perpétue et de nouvelles croix sont encore élevées, portées par la même ferveur.




Croix de la Dieuverrie




Élevée à la suite d'un vœu, cette croix est ornée, sur les croisillons, de grands motifs végétaux. Sur le fût sont sculptés l'ostensoir, le calice et l'hostie, le ciboire et les trente deniers que Judas reçut en paiement de sa trahison. Une niche contenait une statue de la Vierge, réalisée en faïence de Quimper.



Les vestiges (portail) du manoir du Pontavice (XVIème siècle). Ce manoir est encore surnommé la « Motte du Tronchay ». Propriété des seigneurs du Pontavice en 1414, puis des familles Budes seigneurs de Sacé (au début du XVIIème siècle), de la Palluelle barons de Corbéan (en 1634), Labbé seigneurs du Hino ( en 1680), de Lys seigneurs de Beaucé (en 1681), le Gras seigneurs de Charost (en 1737), du Halley (en 1760 et en 1789)




Situé sur les bords du Couësnon, le manoir du Pontavice était une antique maison seigneuriale avec motte, dite « motte du Tronchay ». Au XVe siècle, une nouvelle construction est édifiée plus près de la rivière, pourvue d'un portail cintré en grand appareil et d'un portillon surmonté d'une rainure de pont-levis. L'étymologie de Pontavice est incertaine : il ne s'agit probablement pas d'une déformation de « pont-à-vis » ; ce terme provient plutôt du nom du gardien de la place, un certain Avice




Le manoir de la Coquillonais ou coquillonnaye (XV-XVIème siècle). Il possède deux tourelles et possédait jadis une chapelle privée. Proprité successive des familles Coquillon (Georges Coquillon, en 1428), juveigneurs des seigneurs du Pontavice (en 1428 et en 1474), Tuffin (en 1540), du Hallay seigneurs Champsavin (vers 1605), de Vauborel seigneurs de la Chapelle-Brémanfany (en 1672), Ferret seigneurs de Montaran (en 1683), de la Cornillère seigneurs d’Ardennes (en 1694 et au mileu du XVIIIème siècle), puis d’Anne du Fresne veuve de Pierre de la Motte de Lesnage seigneur de Bonne-Fontaine (en 1784) et des familles Latapie de la Gare et Marchix.



Ce manoir tient son nom des Coquillon, juveigneurs du Pontavice et propriétaires du lieu en 1428. Par alliance ou vente, il passe de main en main et de famille en famille sans être modifié. L'ordonnance des bâtiments d'origine est traditionnelle puisqu'ils s'élèvent autour d'une cour bordée de dépendances et fermée par un porche, déplacé depuis.



Le manoir des Noyers ou Nouillé (1549)






L'actuelle ferme des Noyers, ou « Nouillé », est constituée d'un remarquable ensemble de bâtiments datant pour certains de 1549. Si le portail d'entrée a disparu et le chaume de la toiture est remplacée par l'ardoise, la façade principale, avec ses souches de cheminées à corniche décorée de modillons, ses ouvertures monumentales et son bandeau horizontal, n'a pas été modifiée. Elle présente un décor architectural soigné : piédroits finement moulurés, linteau en anse de panier, blason avec initiales et, couronnant l'archivolte en accolade, des branches de chêne et de houx où se cachent deux animaux.







Linteau du manoir des Noyers  À l'étage, au-dessus de la fenêtre qu'un motif de corde souligne à la base, le linteau est sculpté, à la pointe de l'accolade qui le décore, de deux lièvres gîtés. S'agit-il d'un clin d'œil à la douceur du gîte douillet ou d'un hommage au propriétaire des lieux, connu comme l'un des meilleurs chasseurs de la contrée


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Mer 16 Sep - 22:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CANTON D'ANTRAIN   Sam 7 Mar - 8:23


La maison du Bois-le-Bon (XVI-XVIIème siècle), surnommée encore « Maison de la Ferme » et édifiée par Michel Le Bon en 1588 (nommé recteur de Tremblay en 1588). Il s’agit de la maison natale d’Exupère Bertin, savant anatomiste ( 1712-1781)





Hormis le chaume de couverture, cette demeure du XVIe siècle a conservé presque intact son aspect extérieur d'origine, avec le décor exubérant de son linteau. Dit aussi « maison de la Ferme », ce bâtiment passe pour avoir été construit par Michel Le Bon, recteur à Tremblay en 1588. Elle est également la maison natale d'Exupère Bertin, savant anatomiste (1712-1781). Celui-ci, après des études brillantes à Rennes et à Paris, devient médecin particulier d'un grand vassal du sultan de l'empire ottoman. Il ne reste cependant pas longtemps « dans les Balkans à demi sauvages ». Par la suite, Exupère Bertin, remarqué pour ses travaux sur la circulation sanguine, est élu membre de l'Académie des sciences.




La maison de la Garenne (1568-Xvii-XVIIIème siècle), édifiée par la famille Coupe en 1568 ou par les frères Mac-Goulde en 1569. Propriété de la famille du Chastellier seigneurs de Villavran en 1588 et en 1623, puis de la famille le Bon seigneurs de la Denoisterie, dits du Bois-le-Bon, en 1663 et en 1770. Cette maison est remaniée au XVIIème siècle. Cette maison servait autrefois de relais de poste. On l’appelait encore « Hotel des Hoyageurs » ou « Hotel Debieu » jusqu’en 1930. On y trouve un joli cadran solaire.




Cette demeure cossue est construite en 1568 pour M. Coupe, puis remaniée aux XVIIe et XVIIIe siècles. Cependant, une autre source indique que La Garenne est édifiée en 1569 par les frères Mac-Goulde, Écossais venus en France à la suite de Marie Stuart. Ancien relais de poste, le bâtiment abrite, jusqu'aux années 1930, l'hôtel des Voyageurs, dit aussi hôtel Debieu. Cette activité entraîne des aménagements particuliers : la fourniture de poissons frais pour la table du restaurant a notamment conduit à la création d'un vivier, exemplaire unique dans le pays.




Plafond de la maison de la Garenne - À l'intérieur de La Garenne, l'aménagement est celui des demeures bourgeoises. Les pièces du rez-de-chaussée sont en effet confortablement aménagées : murs lambrissés et plafonds à poutres et solives moulurées, avec assemblage décoratif.





Cadran solaire – Fermée par un portail à deux piliers carrés, la cour de La Garenne présente un intéressant puits en granit à margelle monolithe. Un cadran solaire d'ardoise domine la façade sud du bâtiment. Il ne s'en trouve que de très rares exemplaires dans le canton d'Antrain.





L’ancienne maison Les Fossés (1613), édifiée par Bertin, sieur de Neuglé




Linteau de la maison Les Fossés - Qui était ce Bertin, sieur de Neuglé en 1613, mentionné sur ce linteau, L'histoire ne le dit pas, mais ce linteau, de porte ou de cheminée, illustre bien la volonté des petits propriétaires aisés de transmettre leur nom à la postérité. Cette tradition ancienne se perpétue dans les constructions actuelles.




L’ancien presbytère (aujourd’hui mairie) date des années 1800. On y trouve des éléments (linteau, niche) qui datent de 1654





Linteau et niche - Le presbytère de Tremblay, qui abrite désormais la mairie, est reconstruit au début des années 1800. La maison à tourelle est alors transformée, mais l'inscription latine de dédicace, qui signifie « le pieux troupeau a élevé cette maison pour ses pasteurs », demeure inscrite sur le linteau. La niche est surmontée du monogramme IHS.




La fontaine de Butor. Elle a été jusqu’au milieu du XVIIIème siècle l’objet d’un culte superstitieux




Depuis des temps immémoriaux, assure la légende, les femmes se rendaient à la fontaine pour se livrer à de mystérieuses ablutions et, au XVIIIe siècle, ce rite secret est encore très vivant. Pour étouffer ces pratiques magiques, le lieu est alors christianisé et voué à la Vierge Marie, dont une statue, dite « Notre-Dame-de-Budor », orne un petit oratoire jusqu'à la Révolution. La source était également utilisée pour connaître l'avenir : en cachette des prêtres, on emportait un peu de l'eau de cette fontaine à la maison, qui remplissait un vase. Dans celui-ci était descendu, attaché par un de ses cheveux, un objet appartenant à un malade : si l'objet frappait la paroi du vase, le malade guérissait, sinon, c'était la mort. Ces pratiques durèrent jusqu'au milieu du XIXe siècle





Le puits de La Chobetterie (XVIIIème siècle)

Chaque exploitation rurale d'envergure, confondue le plus souvent avec un ancien manoir ou une place forte, pratiquait une autarcie quasi complète. Outre les locaux agricoles, elles possédaient donc un four, un pressoir et un puits. Celui de La Chobetterie représente le type même du puits en guérite avec façade de granit maçonnée et auge pour l'abreuvage des animaux.

moulins dont les moulins à eau du Pontavice, de Bonne-Fontaine, de la Hélandière, des Ardennes (à grain), des Ardennes (à papier), de la Chattière (à foulon, XVIIIème siècle) , de Briand, de Maleute, Neuf, de la Rochequibuc (à papier), de la Rochequibuc (à grain)…




Moulin de la chattière : Tout au long des cours d'eau, principalement de la Loysance, tournent les moulins broyant le froment ou le seigle ; en effet, sur cette rivière, chaque lieu propice à l'implantation d'un moulin a été exploité. Les plus anciens remontent aux XVIe-XVIIe siècles, et, bien qu'aménagés au fil des siècles selon les besoins nouveaux, ils présentent quelques points communs : une forte assise de granit supportant un étage plus léger, de schiste ou de torchis.




FOUR - Ce four à pain est d'un modèle caractéristique du canton d'Antrain. Il s'agit d'une sorte de poche en maçonnerie recouverte de terre. Chauffée par la combustion de bois, elle emmagasine la chaleur qui est restituée lors de la cuisson de la pâte, à une température soutenue d'environ 250 °C. La voûte hémisphérique, chauffée à blanc, ouvre sur l'extérieur par une gueule, fermée d'une porte de fonte ou d'une pierre collée hermétiquement avec de la terre ou de la bouse de vache. Si les fours étaient jadis souvent individuels, beaucoup parmi ceux en activité donnent lieu à des cuissons collectives de pains ou de pâtés.







FOURNIL - Caractéristique de la région, ce fournil se compose d'une première pièce où la pâte est préparée et mise au repos. C'est là que sont entreposés les fagots nécessaires au chauffage du four lui-même. Celui-ci, situé dans le prolongement, comme une abside plus ou moins semi-circulaire, ouvre sur la poche de cuisson par une petite porte de fonte ou une grosse pierre plate.







Filature - Outre la meunerie, d'autres activités se sont développées sur la Loysance au XIXe siècle. La toponymie des lieux-dits en rappelle le souvenir : « La Tannerie », « Le Moulin-Neuf » ou « La Filature ». Le lin et le chanvre y étaient travaillés, destinés à la confection de toiles réputées, les unes dites « trois-quarts », les autres « grandes laizes »









Pompe à eau - Les pompes à bras, qu'elles soient de fonte ou de bois, comme cet exemplaire unique dans la région, se dressent partout dans ce pays aux nappes souterraines régulièrement approvisionnées.








Ancienne grange dîmière. Située dans le Grand Tremblay, fortifié au Moyen Âge, la ferme monastique est appelée « le château » jusqu'à la Révolution. Jouxtant l'église Saint-Médard, elle est le siège de la châtellenie du village, vouée à l'administration du fief et à l'exploitation des terres directement possédées par les religieux. Si la première grange dîmière citée par l'abbé Suger (1081-1151) a disparu, subsiste aujourd'hui celle construite à son emplacement. Vaste édifice comprenant des éléments des XIIIe, XVe et XVIe siècles, la grange aux dîmes était destinée à recevoir des fractions variables de la récolte, prélevées par le clergé à titre d'impôt. La grosse dîme est un impôt sur les céréales, représentant six pour cent de la récolte. Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, les récoltes sont rentrées en gerbes, ce qui justifie l'immensité des granges. Amassées jusqu'au toit, les gerbes sont battues toute l'année à mesure des besoins par des ouvriers spécialisés dans ce travail, appelés « batteurs en grange ». La charpente de la grange dîmière du Tremblay, haute de dix-huit mètres à la flèche, est soutenue par de grands fûts posés sur des socles de pierre, parmi lesquels on décèle des vestiges de chapiteaux gothiques du XIIIe siècle. Cantonnée de contreforts, la grange aux dîmes est précédée d'un porche flanqué d'une tour garnie de meurtrières, permettant de protéger les précieuses denrées qu'elle contient. Durant la période révolutionnaire, en février 1794, un grand banquet civique réunit toute la population de Tremblay dans cette grange, qui est à la fois un symbole d'asservissement et le plus grand édifice du village, puisqu'il dépasse par sa taille l'église Saint-Médard. Il y est procédé à l'élection d'une « déesse de la liberté, de la fraternité et de l'égalité ». De son passé, la grange conserve aujourd'hui les traditions, et si elle abrite les céréales récoltées par son propriétaire, elle devient aussi régulièrement le théâtre de festivités locales.




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